Aux cathos: vous n’êtes (vraisemblablement) pas demisexuels

C’est le nouveau concept à la mode sur les réseaux sociaux depuis un article dans un magazine féminin: la « demisexualité ».

Et, mal comprise par certains (en particulier dans le milieu catholique qui prône la stabilité affective et la monogamie), le terme a pris la connotation de « personne qui sait se tenir en ne sautant pas sur tout ce qui bouge ».

Sauf que ce n’est pas ça du tout. Quand on parle de sexualités 1, on ne parle pas tant d’actes que de tendances, d’inclinations ou de pulsions. Et par dessus cela se greffe la volonté, qui permet de choisir, de refouler et/ou de lutter contre ces inclinations, tendances et pulsions.

Or donc, qu’est-ce que la demisexualité? Il s’agit d’une tendance à ne ressentir de désir sexuel qu’envers les personnes dont on est proche émotionnellement. En gros, une personne que Sean Connery ou Nicole Kidman 2 laisseraient parfaitement froids même s’ils se jetaient à leur cou à l’improviste, mais qui fantasme sur son meilleur ami.

Bref, amis catholiques mariés et fidèles ou célibataires et continents, vous n’êtes pas demisexuels 3, vous êtes chastes, et ça n’est pas du tout la même chose…

Notes:

  1. oui, le pluriel est signifiant, ça s’applique aussi bien à l’heterosexualité qu’à l’homosexualité, la sapiosexualité, l’asexualité ou whatever…
  2. remplacez ces noms par vos fantasmes inavoués à titre d’exercice
  3. ou peut-être l’êtes vous, mais ça regarde vous, l’objet de votre affection et éventuellement votre psy

Etiquette en plus et case en moins

Petit billet rapide, inspiré par la lecture en diagonale d’un plus long billet sur les étiquettes, l’appartenance, tout ça, partagé par des zamis des zinternets…

De ce que j’en ai retenu (la lecture dans le train sur un mini-écran ne poussant pas vraiment à la concentration 1, je m’excuse d’avance des faux-sens et autres déformations de pensée que j’aurais pu faire), la signataire du billet racontait sa difficile vie de personne ne se reconnaissant pas dans les différentes étiquettes que l’on voulait lui coller ou qu’on lui proposait.

Dans mon cas, c’est carrément l’inverse. Je peux collectionner les étiquettes et je ne leur colle pas trop mal. Le seul souci, c’est qu’elles sont généralement plutôt éclectiques et que si elles étaient réelles, je ressemblerais certainement à une pub pour une agence de voyage, à l’arrière d’une caravane néerlandaise ou au dos d’une chemise de Scout De France 2

Pour compliquer les choses, je pioche un peu dans tous les coins. Mâle Hétéro Cis Blanc(tm) (et monogame par dessus le marché) , père de famille et joueur de meuporgue, rôliste et joueur de rugby 3, metallophile à cheveux courts… Et c’est là que l’on comprend où le nœud du problème va se situer.

Le problème en fait n’est pas tant les étiquettes que l’on peut avoir et qui peuvent coller de façon parfaite ou presque à l’une des facettes de la personnalité, c’est lorsque l’on veut faire de ces étiquettes des cases. Parce que si les étiquettes (ou les non-étiquettes, d’ailleurs) permettent de nous définir, au moins en partie, elles ne peuvent pas (et ne devraient pas) être le seul prisme de compréhension d’une personne. Parce que nous ne sommes pas monolithiques, que nous ne pouvons généralement pas entrer intégralement dans telle ou telle catégorie, et que les généralisations sur tel ou tel groupe de personne (qu’il s’agisse des rugbymen 4, des rôlistes, ou des MHCB(tm) ) et/ou son opposition dialectique avec tel autre groupe sont souvent nulles et non avenues.

Les étiquettes nous permettent de montrer nos ressemblances, les cases sont là pour exciter nos différences. Alors continuons notre collection d’images Panini plutôt que de rester enfermés dans nos boîtes…

Notes:

  1. il va vraiment falloir que je me retrimbale avec un truc plus gros pour lire/écrire des textes dans les transports
  2. coucou François et al. 😀
  3. la variante où on risque juste les ruptures de tendons
  4. et women – je rappelle que je joue dans une équipe mixte, avec compétition officielle

Etiquette en plus et case en moins

Petit billet rapide, inspiré par la lecture en diagonale d’un plus long billet sur les étiquettes, l’appartenance, tout ça, partagé par des zamis des zinternets…

De ce que j’en ai retenu (la lecture dans le train sur un mini-écran ne poussant pas vraiment à la concentration 1, je m’excuse d’avance des faux-sens et autres déformations de pensée que j’aurais pu faire), la signataire du billet racontait sa difficile vie de personne ne se reconnaissant pas dans les différentes étiquettes que l’on voulait lui coller ou qu’on lui proposait.

Dans mon cas, c’est carrément l’inverse. Je peux collectionner les étiquettes et je ne leur colle pas trop mal. Le seul souci, c’est qu’elles sont généralement plutôt éclectiques et que si elles étaient réelles, je ressemblerais certainement à une pub pour une agence de voyage, à l’arrière d’une caravane néerlandaise ou au dos d’une chemise de Scout De France 2

Pour compliquer les choses, je pioche un peu dans tous les coins. Mâle Hétéro Cis Blanc(tm) (et monogame par dessus le marché) , père de famille et joueur de meuporgue, rôliste et joueur de rugby 3, metallophile à cheveux courts… Et c’est là que l’on comprend où le nœud du problème va se situer.

Le problème en fait n’est pas tant les étiquettes que l’on peut avoir et qui peuvent coller de façon parfaite ou presque à l’une des facettes de la personnalité, c’est lorsque l’on veut faire de ces étiquettes des cases. Parce que si les étiquettes (ou les non-étiquettes, d’ailleurs) permettent de nous définir, au moins en partie, elles ne peuvent pas (et ne devraient pas) être le seul prisme de compréhension d’une personne. Parce que nous ne sommes pas monolithiques, que nous ne pouvons généralement pas entrer intégralement dans telle ou telle catégorie, et que les généralisations sur tel ou tel groupe de personne (qu’il s’agisse des rugbymen 4, des rôlistes, ou des MHCB(tm) ) et/ou son opposition dialectique avec tel autre groupe sont souvent nulles et non avenues.

Les étiquettes nous permettent de montrer nos ressemblances, les cases sont là pour exciter nos différences. Alors continuons notre collection d’images Panini plutôt que de rester enfermés dans nos boîtes…

Notes:

  1. il va vraiment falloir que je me retrimbale avec un truc plus gros pour lire/écrire des textes dans les transports
  2. coucou François et al. 😀
  3. la variante où on risque juste les ruptures de tendons
  4. et women – je rappelle que je joue dans une équipe mixte, avec compétition officielle

Taquiner le mammouth

Si vous avez suivi autre chose que la campagne pestilentielle ces trois dernières semaines, vous avez peut-être entendu parler de Mastodon, le réseau social qui monte…

Loin de moi l’idée de vous faire un cours sur les tenants et les aboutissants du projet, ni de vous faire un tutorial sur « comment dompter la bête », d’autres s’en sont déjà bien mieux chargés que moi 1. Mais j’avais juste envie de vous évoquer ce qui me plait dedans.

Warning: je vais faire plein de références à Twitter (et peut-être quelques unes à Facebook), je pars du présupposé que vous connaissez un minimum l’oiseau bleu

  • Mastodon, ce sont des statuts de 500 caractères. Ca semble peu dans l’absolu, mais quand on est habitué à l’étroitesse des 140 de Twitter, c’est un monde. Après quelques semaines d’utilisation, 500 caractères, c’est vraiment génial: ça permet de faire de vraies phrases, de développer un peu ses arguments, sans sombrer dans la tartine indigeste.
  • 500 caractères, ça permet plein de trucs, et les utilisateurs n’ont pas tardé à trouver des idées géniales. La première, c’est #MercrediFiction: une micro-nouvelle en 500 caractères, chaque mercredi 2. La deuxième, c’est #PouetRadio, le hashtag où l’on partage les musiques qu’on aime, en les contextualisant un peu (ce qui est toujours plus sympa).
  • 500 caractères, c’est aussi un moyen d’être plus posé, plus nuancé dans ses propos. C’est con, mais c’est quand même vachement mieux pour discuter…
  • Mastodon, c’est les deux fonctionnalités qui manquent à Twitter: le Content Warning (pour cacher du texte, de la chute d’une blague au spoiler sur la dernière série à la mode en passant par la tartine politique ou la description d’une épisiotomie en détail) et le NSFW (le même, pour les images, qui peut autant cacher ce sein que je ne saurais voir qu’un plat de spaghetti carbonara avec de la crème et des lardons)
  • Mastodon, c’est (à peu près) à l’abri du gros marketing bourrin et des comptes officiels pénibles. Une instance (pour le détail sur les instances, voir dans les liens sus-évoqués, mais pour ceux qui ont la flemme, c’est le serveur sur lequel vous êtes, et qui est connecté – ou pas – aux autres serveurs Mastodon) s’était montée avec des bots relayant les déclarations faites sur Twitter par les candidats à la présidentielle, qui a rapidement été blacklistée par les administrateurs de bon goût.
  • Mastodon, c’est (encore) une niche. Bon, une niche qui grandit vite (le cap du demi-million de mastonautes a été franchi il y a peu), mais cela conserve le charme de ces petits coins sympas qui ne sont pas encore trop connus.

Bref, si vous voulez venir, trouvez-vous une petite instance qui vous plait dans l’annuaire et faites-moi un petit coucou sur @SkroZoC@mamot.fr 3

Notes:

  1. allez voir cet article sur Numerama ou ce billet , par exemple
  2. Welf, je sais que c’est pas pour toi, mais bon…
  3. mamot.fr, c’est l’instance montée par les gens de la Quadrature du Net

Entre deux trous

Je ponds un billet politique tous les 15 ans, et le fait qu’une personne au nom de stylo soit au deuxième tour de la présidentielle n’y est pas forcément étranger.

Il y a quinze ans, j’étais parfaitement hilare à la vue des résultats, et ce billet (à l’époque article dans le canard des élèves) intitulé « arrêtons la psychose » était un appel au calme et à la confiance: à l’époque, il était inenvisageable que le père soit élu et évident que Chirac serait réélu avec un score de république bananière, la défaite de la gauche au premier tour ayant été plus accidentelle qu’autre chose.

Quinze ans plus tard, la musique n’est pas la même.

D’abord, le visage de la politique en général a énormément changé. Les derniers hommes présentant un minimum de grandeur ont disparu du paysage. La campagne du premier tour a été d’une nullité et d’une vacuité rare. Et dix ans de bassesses, népotismes et copinages ont fini de siphonner le peu de confiance que les électeurs pouvaient avoir dans leurs représentants.

Ensuite, la physionomie du second tour est radicalement différente. Il y a quinze ans, on opposait un homme politique globalement respectable et pour le moins connu au père. Aujourd’hui, l’alternative face à la fille est un blanc-bec pas encore tout à fait sec.

Bref, le scénario de démocratie populaire n’est plus garanti, et il pourrait être possible que la France fasse un grand pas dans l’égalité homme/femme en élisant sa première présidente de la République.

Mais ce n’est pas une raison pour ne pas continuer à ricaner en regardant les gens crier au retour de l’hydre fâchiste. Pas parce que le scénario est improbable 1, mais parce qu’il faut appliquer la maxime de Figaro 2: se dépêcher de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer.

Parce qu’au final, cette élection n’est qu’une pantalonnade. Au risque de faire crier certains de mes amis, je pense que, xénophobie mise à part 3, la victoire de l’un comme de l’autre donnera une situation similaire:

  • aucun d’entre eux n’a de réelle expérience du pouvoir. Députée européenne et conseillère régionale pour l’une, pas de mandat électif et une pige comme ministre de l’économie pour l’autre, c’est un peu léger. Même en interne, leur expérience est réduite, l’une étant à sa place parce qu’elle est la fifille à son pôpa, l’autre ayant monté son affaire depuis moins d’un an
  • Ils sont peu et mal entourés. A ma droite, je n’ai pas besoin de présenter les soutiens, tous moins recommandables et compétents les uns que les autres. A ma… heu gauche, à quelques rares exceptions près 4, l’on retrouve tous les seconds couteaux de la politique des années 90, sans parler d’une cohorte de crevards plus ou moins opportunistes.
  • Leur programme est détesté d’une partie importante de la population. Pour l’une, je n’ai pas trop besoin de l’expliqué, tout le monde la déteste. Pour l’autre, les motivations sont diverses, mais qu’il s’agisse de son programme économique ou « sociétal », on retrouve le quinquennat précédent, mais en plus accentué, et je n’ai besoin de rappeler à personnes les manifestations importantes qui ont émaillé ledit quinquennat sortant, qu’elles soient de gauche ou de droite
  • De mon point de vue, aucun des deux n’a la stature d’un homme d’état d’envergure internationale (pas vraiment que les deux précédents l’aient eue, mais là, on atteint un niveau tel que je me sentirais presque légitime à côté d’eux)
  • Ils n’ont aucune chance de réunir une majorité absolue à l’assemblée

Et c’est là qu’on arrête de rigoler.

Quel que soit le résultat du 7 mai, les élections de juin vont donner une France totalement ingouvernable: le FN va inéluctablement faire une percée importante, mais il est illusoire de les voir rafler la majorité des sièges. En Marche est bien mignon à annoncer des candidatures de « nouvelles têtes », mais parachuter des inconnus est la meilleure manière de se prendre une veste légendaire dans une élection où le vote se joue à la réputation ou à la présence d’un appareil constitué (ce qu’il n’a pas). Les restes du PS tiendront bien encore dans quelques régions où ils pourront faire jouer leur ancrage local, mais la Bérézina de dimanche dernier laisse plutôt augurer d’une nuit des longs couteaux rue de Solférino. Le résultat des Insoumis est une grande interrogation. Quant aux Républicains, ils pourraient éventuellement espérer quelque chose s’ils arrivent à ne pas s’entredéchirer, ce qui n’est pas non plus forcément gagné.

Dans ma famille, il y a un dicton qui dit « Au premier tour, on choisit, au deuxième, on élimine ». Au second tour, j’éliminerai donc. Tout en restant persuadé que, plus que jamais, seul le triumvirat de ZoC Radio est en mesure de sauver la république…

Notes:

  1. celui du retour de l’hydre fâchiste, pas celui de 2017, qui part sur les mêmes bases déplorables que 2016, pourtant bien gratiné, avec GRR Martin à la baguette
  2. le personnage de Beaumarchais, pas le journal
  3. ce n’est pas un détail anodin, je le concède
  4. et ces rares exceptions contenant cette raclure de bidet de Pierre B., je ne vais pas trop m’attarder dessus

30 Days rugby Challenge

Comme d’hab, je fais tout d’un coup, parce que sinon, j’oublie des jours

  1. L’essai de Bernat-Salle contre les Blacks en 99
  2. La finale de H-Cup 2013, à égalité avec la demi-finale France-AFS de 95
  3. Kevin Gourdon ferait un super second centre
  4. A l’inverse, Mathieu Bastareaud ferait un pilier de belle facture
  5. Yoann Huget
  6. Celle de 95
  7. Je passe
  8. La chistera à l’aveugle
  9. Nick Abendanon
  10. L’Angleterre, ça compte? Sinon, le Racing
  11. Le protocole commotion
  12. Sergio Parisse, bien sûr
  13. Le Michelin
  14. Tony Marsh
  15. les Cronulla Sharks (mais c’est du XIII)
  16. Camille Lopez
  17. Rémi Lamerat
  18. Fabien Galthié
  19. Le nettoyage de crampons
  20. Jean-Charles Orioli (en plus, il a le nom qui va bien)
  21. Toutes! En vrai, celle de 2009
  22. l’ASM
  23. Les All Blacks (ouais, c’est pas un joueur, mais tant pis)
  24. Ireland’s Call
  25. Nigel Owens
  26. Les premiers matchs que je suis allé voir, à 10 balles en pesage
  27. Je sais pas
  28. ASM-Bordeaux en 2015/2016, mais pas pour de bonnes raisons
  29. Je verrais bien Jamie Cudmore se reconvertir en WWE
  30. l’ASM, bien sûr!

Tenue correcte exigée?

Où il est question de jupes courtes et de jeans troués, mais pas queEt une indignation de plus, une! Aujourd’hui, c’est un lycée du sud de la France qui subit l’opprobre pour contrôler à l’entrée de ses murs et des beaux jours la tenue vestimentaire de ses lycéens et surtout ses lycéennes. Et bien évidemment, l’on voit débarquer la classique cohorte qui vient s’offusquer de ce qu’on brime la liberté des femmes en leur dictant leur tenue, que l’apprentissage devrait passer avant les considérations vestimentaires, et autres appels à renverser le grand méchant patriarcat(tm).

En plus, non seulement l’on contrôle et l’on recale les jupes trop courtes 1 mais aussi les jeans troués 2!

Et c’est là que je commence à tiquer. D’après mon étude sociologique de terrain effectuée sur les quais de la gare ainsi que dans le centre commercial et les rues attenantes de la ville où j’ai l’heur de travailler, la (discutable) mode du jean troué atteint autant la gent masculine que féminine. Aussi supposé-je que le recalage de tenue s’applique autant aux jeunes hommes qu’aux jeunes filles, et que si l’un d’entre eux s’avisait de se pointer en cours en short de plage et claquettes, il se ferait rembarrer par les surveillants avec autant de vigueur que l’une d’entre elles arrivant avec une ceinture large. Dura lex(et peut-être retrograda, mais fallait s’en rendre compte avant d’inscrire sa progéniture dans le bahut), sed lex.

Edit: il semblerait ceci dit que les méthodes employées aient pour le moins manqué de diplomatie et de pédagogie, ce que je ne peux que déplorer 3

Vient de ce fait la question de la tenue. Qu’est-ce qu’une tenue « correcte », et pourquoi est-il important d’adapter sa tenue à son occupation?

A la première interrogation, il est évident que la réponse n’est pas évidente. La tenue correcte pour un enterrement ne sera peut-être pas adaptée à une pool-party entre copains, ni à une visite d’inspection d’une mine de charbon 4. Et même là, il y a une certaine latitude, et des évolutions dans l’espace et le temps. Ainsi la cravate a-t-elle presque disparu des bureaux de nos entreprise (à la notable exception des conseillers bancaires et de quelques consultants âgés ou grands débutants dont c’est le premier jour). Mais il n’empêche que savoir adapter sa tenue à la situation est une compétence de savoir-être qu’il est (à mon humble avis) important d’acquérir le plus tôt possible.

A la seconde, la réponse est double. La tenue influe d’une part sur le regard de l’autre sur nous (ce qui peut sembler un enfonçage de portes ouvertes, étant donné que notre aspect extérieur est la première chose que les gens voient de nous), mais aussi la perception que nous avons de nous-mêmes. Par exemple, avec le télétravail qui commence à s’implanter dans notre beau pays 5, de plus en plus de « bonnes pratiques » et de conseils indiquent… de s’habiller correctement (a contrario du mythe qui voudrait que le télétravailleur puisse bosser en pyjama). Et le fait est que l’on est plus concentré et plus motivé si l’on est « en tenue » pour travailler que si l’on est dans une tenue associée au sommeil ou à la détente.Bref, je ne pense pas que l’on discrimine honteusement en mettant un cadre vestimentaire (à partir du moment où  il s’applique à l’ensemble des personnes de façon équitable), et que chacun devrait s’interroger sur le message qu’il veut passer et l’impact de la tenue qu’il choisit de porter.

Notes:

  1. à l’aide d’un procédé simple mais bien entendu barbare: si c’est au dessus de la main quand elle est tendue le long du corps, c’est trop court – qui a l’avantage, ceci dit, de pouvoir être fait par tout un chacun devant son miroir au moment de s’habiller
  2. je dois devenir vieux, mais la mode d’acheter neuf des habits déjà abimés me laisse pour le moins sceptique
  3. même si dans mon monde parfait, je leur aurais filé une tenue correcte mais pas frocément esthétique (genre un vieux jogging informe) sans aucune considération pour le froissage d’ego que cela pourrait causer
  4. ayons ici une pensée pour nos amis qui voient en ce moment passer les candidats à la présidentielle
  5. il faudra vraiment que je tartine un jour sur le télétravail, que j’ai quand même pas mal pratiqué

10 ans dans les Terres du Milieu

Il y a dix ans, je profitais d’être coincé à la maison par un heureux événement et d’une clé Beta pour tester un jeu en ligne basé sur le monde de Tolkien, et je faisais part de mes réflexions sur le site de ZoC . Aujourd’hui, le jeu fête ses 10 ans, et c’est l’occasion de tirer un bilan de cette première décennie du jeu 1. Disclaimer: je vous conseille de lire l’article de ZoC avant, je vais certainement y faire référence à de nombreuses reprises…

Des personnages inchangés

10 ans après, Noleth n’a pas pris une ride

De ce point de vue, LOTRO est un jeu qui a fait preuve d’un conservatisme certain depuis sa sortie. Aux 4 races et 7 classes du jeu initial n’ont été rajoutées que 2 classes (la Sentinelle et le Gardien Des Runes) assez rapidement (dès 2008), et une race/classe (le Beornide) il y a une paire d’années. Quant aux modèles de personnages, ils n’ont quasiment pas évolué depuis la sortie… Ceci dit, il se murmure qu’ 2une refonte graphique des personnages pourrait voir le jour cette année.

Une histoire qui a beaucoup avancé

A la sortie, le sous-titre du jeu était « Les Ombres d’Angmar », et c’est également le nom du premier grand arc scénaristique (la « quête épique »). Et à dire vrai, le niveau général de cet arc est dans le haut du panier de ce que j’ai pu expérimenter dans un MMO, uniquement dépassé par l’excellence scénaristique de The Secret World.

Nous avons ensuite plongé dans « Les Mines de la Moria », pour aider à la fois les nains qui tentaient de reprendre leur terre et les elfes de la Lorien désireux de combattre le mal qui s’étendait à nouveau de Dol Guldur.

Le troisième volume du livre épique, « Les alliés du Roi » nous a ensuite fait voyager aux quatre coins de la Terre du Milieu, pour rencontrer à la fois les rôdeurs du Nord et les Rohirrim, pour trouver son apogée à la bataille du Gouffre de Helm. Du fait d’un nombre assez incalculable de personnages et de lieux, et devant jongler avec la fidélité au livre sans pour autant se retrouver à des endroits où le joueur « apparaitrait » ce livre épique a souvent été vécu par les joueurs comme un pensum, décousu et sans vraie flamme.

Une flamme que l’on retrouve dans le livre IV (le livre en cours): « La Force de Sauron ». Avec le siège de Minas Tirith et les armées qui se massent, il devient plus facile de placer le joueur dans le rôle de « personnage au deuxième rang » du livre 3, et c’est avec plaisir que l’on se retrouve à essayer de rejoindre des rôdeurs dans un Osgiliath envahi par les troupes du Mordor, que l’on grignote un morceau avec un Pippin garde de la Citadelle désoeuvré ou que l’on participe à la charge des rohirrim dans les Champs du Pelennor 4… en attendant la bataille de la Porte Noire, qui devrait se tenir très bientôt (elle est prévue dans la mise à jour qui arrive cette semaine 5)

Passons par les Mines de la Moria

Si le jeu d’origine pouvait être quelque peu chiche en lieux emblématiques de l’œuvre (en dehors de la Comté, de Bree, du Mont Venteux et de Fondcombe, les endroits « célèbres » étaient peu nombreux), la décennie nous a tout apporté ou presque: la Moria, la Lorien, le Rohan, Isengard, Fangorn, Minas Tirith, mais aussi des endroits plus exotiques comme la baie glacée du Forochel, la cité de Dol Amroth ou la forteresse maudite de Dol Guldur. Plusieurs lieux emblématiques du Hobbit sont aussi présents, comme Gobelinville, ou, à la faveur de zones instanciées, Dale et le Mont Solitaire 6.

Au bout de 10 ans, le Mont Venteux ne nous fait plus peur

Au final, on se retrouve dans un monde immense que l’on peut parcourir (presque) sans interruption. De l’extrême nord du Forochel à Minas Tirith, on ne rencontre que deux écrans de chargements au minimum (4 si l’on passe par la Moria et le Chemin des Morts), ce qui est rarissime dans un jeu en ligne.

Peu après cette photo, je suis mort (les chutes d’eau, c’est fatal)

J’en parlais rapidement à la fin de mon article, mais une mention spéciale doit être faite à la musique, qui nous accompagne vraiment dans cette aventure 7.

De plus en plus héroïque

Si l’on commence nos aventures modestement, à dépecer des sangliers et à bastonner des brigands et des gobelins, la progression du jeu nous amène quand même à réaliser quelques exploits. Ainsi, au fil du jeu (et surtout des instances, ce contenu à réaliser en groupe), on pourra affronter rien de moins qu’un dragon 8, un dracoliche 9, une plâtrée de nécromanciens divers et variés, un balrog 10, et on se permettra même d’aller (essayer de) botter les fesses de Saroumane et de renvoyer pour un temps quelques nazgûls se reposer du côté de Barad Dûr.

Parfois, on trouve aussi juste une expo d’art pariétal au fond de Gobelinville

Pour nous aider dans notre quête, nous avons droit à une arme légendaire (depuis la Moria), une monture de guerre (depuis le Rohan) et bien entendu un équipement améliorable qui nous rend plus fort, plus beau, plus intelligent…

De la communauté et du développement

Si le jeu a tenu aussi longtemps (et si j’y ai tenu aussi longtemps), c’est d’abord et avant tout grâce à sa communauté. Affublé à sa sortie du surnom de « maison de retraite pour joueur de MMO » par les gros joueurs qui lui reprochaient un gameplay « mou du genou », le jeu a tout de même réuni un noyau de fidèles d’une moyenne d’âge plus élevée que dans le milieu « classique » du MMO, « mieux éduquée » (comprendre: qui s’exprime dans un français correct, globalement respectueuse de ses petits camarades et dans certains cas carrément érudite), et pour une bonne partie amatrice du monde de Tolkien. Ce qui a donné une ambiance très agréable au jeu malgré les différentes avanies de développement et de gestion.

Parce que le jeu a eu plusieurs « phases ». Initialement développé par Turbine et distribué en France par Codemasters sous une formule à l’époque classique d’abonnement, il est passé quelques années après en « free-to-play » 11. Puis la gestion européenne a été récupérée par Turbine, qui s’est fait absorber par Warner Bros. Et le dernier rebondissement est survenu l’année dernière, quand les équipes ont annoncé qu’elles quittaient Turbine/Warner avec leur jeu sous le bras pour monter un studio indépendant. Ce qui fait quand même du bien, la communication sur le jeu durant la phase Warner ayant été très dure 12.

Du côté des méchants

Le PvP existe toujours (on l’appelle PvMP, puisque l’on peut incarner un méchant: orc, uruk-hai, warg ou araignée), mais à dire vrai, je n’y ai pas mis les pieds depuis trop longtemps pour avoir un avis sur le sujet…

Je suppose ceci dit que les méchants sont toujours aussi moches

Bilan des (10 ans de) courses

LOTRO n’a pas détrôné World of Warcraft (lequel va sur ses 15 ans et écrase toujours, de ce que j’en sais, le paysage du MMORPG), mais il a réussi à se faire une place au soleil et dans le cœur de ses joueurs.

Il est à mon avis un excellent exemple de jeu pour initier quelqu’un au monde mystérieux du MMO (surtout que maintenant qu’il est en free-to-play, l’essayer coûte royalement la somme de zéro euros). Vous pouvez même prendre l’excuse du travail puisqu’un cours en ligne de littérature anglo-saxonne se base sur le jeu 13.

Quant à sa pérennité, son âge est en lui-même un succès, et l’aventure n’est pas encore finie…

PS: je tiens à remercier en vrac tous les gens que j’ai pu croiser sur ce jeu, tous les gens de mes confréries, la Griffe Et Le Velours et les Maitres Artisans, les copains des Chapitres et des Héritiers du Cardolan, les gens de JoL-Lotro, 1st1, et tous ceux qui, de près ou de loin, participent ou ont participé à cette belle aventure pas seulement virtuelle…

Notes:

  1. pour les gens qui ne fréquentent pas le monde du Meuporgue, 10 ans, c’est déjà un âge canonique
  2. enfin les équipes de devs ont dit qu’elles bossaient sur
  3. un rôle que l’on pouvait déjà avoir lors de la bataille du Gouffre de Helm
  4. une gageure, mais un défi relevé par le jeu
  5. Et forcément, elle arrive juste avant que je poste mon billet…
  6. on ne désespère pas de voir un jour ces zones en jeu…
  7. Et dans bien d’autres. Si vous cherchez de la musique d’ambiance pour vos parties de JdR, c’est une mine, à creuser par ici, par exemple
  8. un vrai, sur son tas d’or et tout
  9. c’est comme un dragon, mais en plus mort-vivant
  10. mais un petit, et avec l’aide d’une eldar
  11. ce qui veut dire que vous pouvez aller vous balader dans les Terres du Milieu sans claquer un sou, ce qui vaut le coup
  12. comprendre: pas un mot sur les pistes de développement, des infos diffusées au compte-goutte… bref de quoi perdre la foi dans le jeu
  13. il y a aussi un professeur d’université qui donne des conf sur Tolkien « sur site », mais je n’ai jamais été voir ses publications

L’orientation sexuelle, c’est comme une bite

Il y a des gens qui en ont une, on peut en être fier même si c’est un peu ridicule, mais l’afficher partout est vraiment malpoli et en faire l’aune de son jugement une aberration.

Bref, la polémique du mois (enfin une des polémiques du mois, hein, mais je n’ai pas envie de parler chiffons et autres articles), c’est la révélation faite par l’un des acteurs du prochain film Disney (pas encore sur vos écrans): le personnage (secondaire) qu’il interprète serait gay.

Forcément, on a eu droit aux réactions prévisibles des L…T 1, les uns applaudissant et les autres conspuant (je vous laisse deviner qui fait quoi), sans parler de nos amis d’outre Volga qui se sont empressés d’annoncer qu’ils allaient faire interdire le film (ou tout du moins le réserver à un public averti). Bref, la sauce habituelle quand on utilise le mot « gay » dans une conférence de presse depuis le début de la décennie.

Tout ceci dit, il y a quand même une question qui mérite d’être posée: qu’est-ce qui définit qu’un personnage est gay (et plus généralement qu’est-ce qui définit son orientation sexuelle)?

S’agissant d’un Disney, on éliminera tout de suite la version explicite, sans quoi on aurait eu droit à des titres énormes:

Disney insère pour la première fois une scène de porno gay dans un de ses films

On peut aussi éliminer quelque chose de moins explicite comme un baiser parce que chez Disney, ça reste quelque chose de réservé aux héros du film (et encore, une fois, deux maximum, et juste du bout des lèvres). Le personnage étant secondaire, c’est également hors de question, et de toutes façons, nous aurions également droit à des titres du style

Le premier baiser homosexuel dans un film Disney!

(bon, il se murmure que cela pourrait arriver dans la suite de la Reine Des Neiges, mais c’est hors de propos)

L’hypothèse d’un coming out explicite est également peu probable (le personnage en question étant l’un des sbires de Gaston, le méchant macho du film). Alors que reste-t-il? Des équivoques, des phrases ambiguës, des situations à la limite du scabreux? La question reste ouverte, étant donné que je n’ai pas vu le film 2. Et d’après une experte de la version originale, c’est quand même vachement capillotracté, à moins d’avoir sévèrement revu le script.

Toujours est-il que je trouve désolant que l’on colle de force une étiquette sur un personnage ambigu. Qu’on force une interprétation des non-dits et des sous-entendus là où, justement, le non-dit et le sous-entendu sont plus à même de susciter la réflexion et les questions.

Ah oui au fait, le personnage en question s’appelle LeFou. Et comme généralement dans les Disney, c’est un aptonyme. Comme publicité pour l’homosexualité, on fait quand même vachement mieux. On ne sort de l’ambiguité qu’à son propre dépend…

Notes:

  1. GB et MP, bien entendu
  2. il semble ceci dit que le cœur de l’argumentaire soit dans une chanson en forme de panégyrique – qui serait le pendant de celle-ci )