TrollR

Depuis le début de la semaine, un nouveau service « drôle » permet de refaire complètement le contenu d’un site web, genre « fausse news » ou « vous avez été hacké ».

Par exemple, vous pouvez voir ici (lien à durée déterminé, expire le 13/06 à 13h45) ce qu’on peut faire en deux clics (et en apparence) au site de ZoC. Désopilant.
(bon, avec un peu plus de temps, on peut faire des faux de belle qualité, en particulier si l’on passe un peu de temps à rédiger les textes et insérer des images crédibles)

Par contre, il y a plusieurs trucs qui me gênent profondément dans le système:

D’abord, quand on termine l’enregistrement de son hilarante parodie, on nous propose non seulement un lien direct, mais aussi un raccourcissement « classique » de type bit.ly (indiqué comme « moins suspect »), comme on peut le lire ci-dessous.
shrturl

Ensuite, à aucun endroit sur la page falsifiée, on ne voit qu’elle a été falsifiée (par un watermark, un bandeau en haut, ou que sais-je). Et ça, à l’heure de la modification expresse et de la copie d’écran encore plus expresse, ça me choque terriblement. Parce qu’il est maintenant à la portée de n’importe quel malfaisant de créer une fausse page de décrédibilisation, d’en faire une copie d’écran, et de la diffuser comme « une preuve que [untel] n’assume pas ses propos infâmes ». Par exemple, le compte twitter de l’Elysée n’a jamais écrit ceci(même chose, lien éphémère, tout ça…). Mais qu’est-ce qui différencierait une copie d’écran de ce faux de celle-ci?

Alors non, il ne faut pas croire tout ce qu’on lit sur Internet. Mais ce genre de système va devoir nous rendre encore plus vigilants…

C’est l’histoire d’un mec…

C’est l’histoire d’un mec à qui l’on a refilé le lien d’un Tumblr militant, qui tente d’expliquer les blagues racistes et sexistes en proposant de remplacer l’arabe/le noir/la femme/le juif/la minorité opprimée par « un homme hétéro cis blanc » et en disant « si c’est moins drôle, c’est que c’est raciste/sexiste »

Au delà du côté drôle inhérent à l’expression (remplacez n’importe qu’elle occurrence de « un mec » par « un homme hétéro cis blanc », vous obtiendrez généralement une blague encore plus décalée que l’originale 1), certaines blagues sont au mieux mal choisies, au pire amalgamant blagués référentielles et blagues racistes/sexistes/antisémites/whatever.

Par exemple, la blague de la différence entre un noir et un pneu.
Si l’une des réponses est effectivement puante de racisme, l’autre est à mon sens une blague référentielle:

quand on lui met des chaînes, le pneu ne chante pas le blues

Étant bien entendu que, si tous les noirs ne sont pas naturellement des bluesmen, le blues n’en est pas moins une musique inventée par des esclaves noirs…

Un autre exemple qui m’est naturellement venu en tête, et qui est nettement plus noir comme humour, ce sont les blagues « de camp ».

Âmes sensibles et personnes choquées par le fait qu’on puisse rire de la déportation, passez votre chemin.

Usuellement les protagonistes de ces blagues sont des juifs (et parfois des nazis dans le rôle du gardien et ou du bourreau), premier rôle qu’ils ont conquis de haute lutte par leur contribution massive (quoique forcée) à l’opération…
Mais bon, remplacer « juif » dans toutes ces blagues par « homme hétéro cis blanc » n’a tout simplement pas de sens, puisque « juif » n’est généralement pas employé dans un sens de religionnaire, mais comme terme générique pour « déporté ». En Europe de l’Est, d’ailleurs, les mêmes blagues sont racontées avec des Polonais dans le rôle titre.

Ces blagues seraient-elles moins drôles avec le terme « déporté »? Certaines, clairement. Parce que c’est bien connu, l’humour déporté, c’est comme l’humour nazi, l’humour en plus…

Bref, ce n’est pas nécessairement parce qu’on ne peut pas remplacer noir/juif/femme/arabe/belge ou même français par « homme hétéro-cis-blanc » que la blague est raciste/sexiste…

Et pour finir en chanson comme de coutume, un morceau qui marcherait vachement moins bien si l’on remplaçait Louis pas Neil ou Lance…

Notes:

  1. Regardez: « c’est un homme étéro-cis-blanc qui rentre dans un café, et plouf! »

Diane et Nik tout en talent

Ceux qui me suivent depuis longtemps le savent : bien qu'il soit toujours sans éditeur, Diane reste mon roman chouchou.
Diane Adam n'est pas mage. Comme tout le monde, elle a subi deux tests à l'adolescence, et comme chez presque tout le monde, les deux se sont avérés négatifs.
Diane Adam n'aime pas les mages. Surtout les non-enregistrés, ceux qui ont réussi à se soustraire au contrôle strict mis en place par les pouvoirs publics.
C'est simple, c'est clair, comme une vie bien réglée d'informaticienne célibataire.
Il suffit pourtant de peu pour que tout s'écroule : une confrontation avec un non-enregistré l'oblige à recourir à l'aide des mages, en immersion totale dans un monde dont elle ne voulait rien savoir. Le jour, Diane réapprend la vie et affronte ses préjugés. La nuit, elle s'interroge : que lui est-il vraiment arrivé ? Sera-t-elle assez forte pour contenir ce qui couve désormais au fond d'elle ?

J'ai donc confié à Rita Zhirkova, une jeune artiste russe, les portraits des deux personnages principaux : Diane Adam, l'héroïne, mais aussi Niklas Demosthenis, le mage non-enregistré par lequel tout arrive.


Le style à la fois dynamique et très doux de Rita fait merveille sur les deux portraits. Cette jeune fille ira loin, j'en suis persuadée !
Quant au roman... Bah, je suis patiente. Et il reste toujours l'option de l'autopublication, si besoin.

Le mardi sur son 31 (2)

Le mardi sur son 31, c'est une idée des Bavardages de Sophie : citer une phrase de la page 31 de sa lecture du moment, et en parler un peu.

Ma deuxième victime est Pixel noir, un roman de Jeanne-A Debats aux éditions Syros.

Il leva la main devant ses yeux et fit jouer ses doigts comme s'il pianotait sur un clavier.

La page 31, c'est le début du chapitre 5, celui où le jeune Pixel prend possession du corps virtuel qu'il doit occuper pendant que le vrai, gravement blessé à la suite d'un accident, subit moult opérations douloureuses. À ce stade, tout a l'air de se passer comme prévu. Dès la page 32, cependant, on se rend compte qu'en fait, c'est bien le bordel dans l'environnement où il vient d'atterrir... Heureusement, comme l'indique la phrase choisie, Pixel touche sa bille en informatique, ce qui va s'avérer précieux pour sauver sa peau.
J'ai lu ce livre d'une traite, ce qui ne m'arrive pas si souvent ! De toute façon, les romans de Jeanne-A Debats, c'est toujours de la balle.

Le mardi sur son 31 (2)

Le mardi sur son 31, c'est une idée des Bavardages de Sophie : citer une phrase de la page 31 de sa lecture du moment, et en parler un peu.

Ma deuxième victime est Pixel noir, un roman de Jeanne-A Debats aux éditions Syros.

Il leva la main devant ses yeux et fit jouer ses doigts comme s'il pianotait sur un clavier.

La page 31, c'est le début du chapitre 5, celui où le jeune Pixel prend possession du corps virtuel qu'il doit occuper pendant que le vrai, gravement blessé à la suite d'un accident, subit moult opérations douloureuses. À ce stade, tout a l'air de se passer comme prévu. Dès la page 32, cependant, on se rend compte qu'en fait, c'est bien le bordel dans l'environnement où il vient d'atterrir... Heureusement, comme l'indique la phrase choisie, Pixel touche sa bille en informatique, ce qui va s'avérer précieux pour sauver sa peau.
J'ai lu ce livre d'une traite, ce qui ne m'arrive pas si souvent ! De toute façon, les romans de Jeanne-A Debats, c'est toujours de la balle.

Non-morts et morts-vivants

Dans la culture populaire s’entrechoquent deux concepts distincts, mais fréquemment mélangés par le novice 1: le non-mort (ou « undead » dans la langue d’Ann Rice) et le mort-vivant (ou « living dead » dans celle de Romero)

Le non-mort

Le concept de non-mort (parfois traduit Mort avec un ‘m’ majuscules comme dans les œuvres de Tolkien) est celui d’une entité dont l’esprit n’est pas séparé du corps malgré un « mort physique » (ou autre rite de passage de l’état de vivant vers celui de « plus tout à fait vivant »).

En fonction de l’état de décomposition du corps, du mode d’acquisition de l’état et autres, on peut opérer une distinction entre:

  • vampires: le corps se préserve, et on attrape ça en se faisant mordre d’une certaine façon par un vampire – oui, la tradition de la transmission du vampirisme est assez complexe, mais généralement, tous les mordus ne deviennent pas vampires, il faut qu’ils soient mordus, mais pas totalement vidés de leur sang, afin de « mourir de vampirisme » et ainsi accéder à l’état de non-mort.
  • liches: une liche (le mot est toujours féminin) est une créature intelligente qui a passé un contrat avec une force du mal pour gagner une non-vie éternelle et une quasi-indestructibilité. La force vitale de la liche est conservée dans un phylactère, et sa manifestation physique, si elle peut être conjurée temporairement, se régénère tant que le phylactère est intact. D’où l’importance pour toute liche qui se respecte de bien planquer ledit phylactère.
  • Maudits: Alors là, on se retrouve dans une situation un peu paradoxale. Généralement, le Maudit est victime d’une malédiction, et ne peut pas trouver le repos tant qu’elle n’est pas levée. Mais son corps, lui, subit généralement la décomposition, et les tas de poussière sont assez peu efficaces, aussi vire-t-il assez rapidement vers l’entité fantomatique. Dans cette catégorie, on pourra penser au Fantôme de Canterville 2, ou les Parjures et les Nazguls 3 du Seigneur des Anneaux.

Le mort-vivant

Là, c’est assez facile, il s’agit d’un cadavre qui a été ramené à la vie. Il a une conscience généralement limitée et a perdu la mémoire de ce qu’il était avant. Selon le mode de réveil, on distingue deux catégories:

  • les Créatures: copiées sur le modèle de la Créature de Frankenstein, elles sont ramenées à la vie par des moyens scientifiques impliquant des produits chimiques, de l’électricité et des ricanement sadiques pendant les nuits orageuses (et généralement la formule « It’a alive! Aliiiiive!!! » à un moment du processus)
  • les zombies: qui sont normalement ressortis de terre par un procédé magique (d’après la tradition caribéenne) pour servir de petit personnel à leurs maitres, mais qui sont désormais liés à tout un tas de trucs vachement plus prosaïques comme un virus, un pathogène ou autre cochonnerie planquée dans un labo du complexe militaro-scientifique et qui n’aurait jamais dû sortir. Jusqu’à en arriver à l’hérésie suprême: la zombification in vivo où l’on n’a même plus le temps de mourir que l’on est déjà devenu un zombie…

Et entre les deux

Entre les deux, on a quand même pas mal de choses.

D’abord l’esprit qui, séparé du corps, revient (ou n’est jamais vraiment parti – mais là, on s’approche plutôt de l’idée de Maudit) hanter les vivants, que ce soit pour le plaisir ou pour que l’on corrige les erreurs de sa vie (dans ce cas-là, ce n’est pas une malédiction reçue de son vivant, mais une punition de l’Au-Delà). Revenants, fantômes, poltergeists et autres entités qui flottent et traversent les murs sont de la partie.

Et puis il y a la momie. Dans sa version de base, la momie n’est rien de plus qu’un genre de zombie, marionnette réanimée par des pouvoirs magiques et sans réelle volonté propre, mais la version de luxe permet à l’esprit du momifié de ré-incarner son corps (après un rituel plus ou moins complexe nécessitant généralement les vases canopes, un livre sacré perdu depuis 3500 ans et une connaissance approfondie du hiéroglyphique classique). Donc dans les faits plus proche d’un Non-Mort que d’un Mort-Vivant (même si, pendant un temps, son esprit a été séparé de son corps)…

Et après le pavé, un peu de musique:

Notes:

  1. @LioDeCre, ce billet t’est spécialement dédicacé :P
  2. pour lequel j’ai toujours un faible, et que si vous n’avez pas lu cette nouvelles, arrêtez tout de suite de lire ici et plongez-vous dedans
  3. ndlr: le nazgul, c’est l’esprit servant de l’anneau, pas l’espèce de dinosaure volant qui lui sert de monture – ce dernier est un Cauchemar Ailé

Fading away

Après avoir réalisé un photomontage tout en vert, j'ai décidé que le suivant serait jaune. Ça me prend comme ça.
Ensuite, j'ai trouvé sur Deviantart une photo stock d'un champ de blé avec des coquelicots (en Pologne, je crois, le champ), et je me suis dit que ce serait un chouette point de départ pour une nouvelle composition.
Et hop.


Avec quelques photos à moi, mais aussi grâce à l'aide indispensable des stocks suivants :
 Et moi, donc, dans le rôle du personnage qui disparaît. 

Craquage fromager

Ce matin, j’ai fait un léger craquage sur le marché. Il faut dire qu’un auvergnat qui tombe sur un fromager auvergnat qui apporte directement ses fromages de là-bas, c’est quand même pas nécessairement la meilleure manière d’avoir une réaction rationnelle.

Fromaaaaaage

Au programme donc, un quart de St-Nectaire et une tranche de Salers entre-deux. Oui, c’est le quart de St-Nectaire en bas, et il a une dimension normale de St-Nectaire…