Piments & Muscade 21 : La corde au cou

Couverture Ophélie Bruneau

Tout le monde connait l'expression populaire "se faire passer la corde au cou". Pour ce numéro 21 de Piments & Muscade, nos auteurs l'ont détournée. Ils ont joué avec, nous offrant une vision épicée et pétillante des jeux du bondage.
Le tout en mélangeant joyeusement les genres, comme à notre habitude : vous trouverez donc forcément votre bonheur, entre contemporain, historique ou onirique, entre réalisme et fantastique.
Ouvrez donc ce nouveau numéro, vous vous laisserez bien attacher... promis, nous ne serrerons pas trop les nœuds.

Au sommaire :
Mémoires d’une corde, de Rosumée
Fixations, de Laëtitia Genetay
Cuir et lacets, d’Anne Rossi
Entraves et découvertes, de Luce Basseterre
Erreur de jugement, de Laëtitia Genetay
La lettre à Élise, de Véronique Sauvonnet
Entre ses mains, de Marie Angel
L’enlèvement, de Laëtitia Genetay

Injlmaari express

Quand on imagine un peuple extraterrestre avec beaucoup de bras, des pieds griffus, des oreilles immenses et pas de nez, mais dont une ressortissante est décrite comme mignonne, parfois, le dessin est difficile...
Mais là, je crois que je tiens quelque chose. Voici une bonne approximation de mon Injlmaari.


Où l’on campe

L'an dernier, j'ai écrit la quasi-totalité de L'Ours et la Colombe au mois de juillet, dans mon coin.
Cette année, je suis en pleine rédaction de la suite, Piste d'enfer, et j'espère bien arriver au bout, là aussi, au mois de juillet. Mais j'ai envie d'un peu plus d'esprit d'équipe pour me motiver.

Pour la première fois depuis que l'événement existe, j'ai donc rejoint le Camp NaNoWriMo, une version "light" et plus souple de la grand-messe annuelle de l'écriture, qui présente l'avantage de proposer des objectifs de mots à la carte. Au lieu des 50 000 mots règlementaires de novembre, puisque j'écris une novella qui en comptera 30 000 environ et que j'en ai déjà plus du tiers sous la cravate, je me contenterai d'un petit 10 000. Ça devrait suffire à boucler le premier jet.


J'ai d'ores et déjà trouvé ma place dans une tente sympa, où les discussions ne devraient pas trop tourner autour des amours torrides des Chevaliers du Zodiaque entre eux (le genre de truc qui m'a fait fuir progressivement la section française du forum officiel NaNoWriMo).

Concours 200 "J’aime"

À partir d'aujourd'hui et à ma plus grande joie, ma page d'auteur Ophélie Bruneau sur Facebook a franchi le cap des 200 mentions "J'aime". Je tiens donc la promesse que j'y ai faite : faire gagner à l'un d'entre vous un exemplaire de l'anthologie Noëls d'hier et de demain, aux éditions Argemmios, agrémentée d'une dédicace de ma part.
Vous avez jusqu'au 27 juin 2014, 23h59, pour remplir le formulaire ci-dessous et tenter votre chance ! 

Le train n’est pas un avion

Aujourd’hui, on m’a refilé le lien vers un (très long) billet d’un des co-fondateurs du site de vente de billets de train Captain Train traitant de la réforme de la SNCF, de la grève, tout ça, dans une optique un peu plus vaste que la vue franco-française qu’on peu tendance à avoir en France.

Ce monsieur, sur le principe qu’il dirige un site de vente de billets, considère qu’il a une expertise sur le sujet du transport ferroviaire que nous, vulgum pecus, n’avons pas… Et à mon avis, dans ses « propositions » sur la question 1 il rate un pan immense de la question du point de vue des usagers.

En effet, dans ces propositions, il part du principe (assez évident quand on vend des billets à l’unité) que le réseau ferroviaire serait similaire à un réseau aérien, avec des infrastructures totalement distinctes des moyens de transport, et surtout des trajets « point à point » que l’on fait, somme toute, de façon ponctuelle.

Or, pour de très nombreux usagers, le train, ce n’est pas ça (mais alors pas du tout). S’il fallait prendre un exemple, ce serait plutôt un genre de super-métro (ou un super-réseau de bus, bref de transports en commun urbains) qu’ils prennent quotidiennement pour aller travailler (qu’il s’agisse, d’ailleurs, du réseau « classique » ou des lignes TGV, et je salue-z-au passage mes petits camarades tourangeaux qui montent à Paris sur une base pluri-hebdomadaire) et dont les contraintes sont totalement différentes de la prise ponctuelle d’un billet pour partir en vacance (ou en déplacement pro, hein, je ne juge pas).

L’on me rétorquera que les transports en communs des communautés urbaines sont généralement privatisés… mais je répondrai que sur chacun des pôles, l’opérateur choisi est en situation de monopole et n’a donc pas à partager son réseau avec d’autres opérateurs. Et l’on voit assez souvent poindre dès problèmes dès que l’on commence à toucher à des questions d’intermodalité (je ne prendrai pour exemple que mon frère, dans la ville duquel le dernier tram partait de la gare 5 minutes AVANT que le dernier train n’y entre – une modification des horaire de la SNCF n’ayant pas été suivie par l’opérateur de transport local…)
Ici, une ouverture à la concurrence poserait pour l’usager quotidien un nombre de problèmes assez conséquents.

Quelques exemples en vrac tirés de mon expérience personnelle:
– suivant que je prenne un train direct pour Paris, ou un train avec changement, je ne dépends pas des mêmes sous-entités (Intercités d’une part, TER de l’autre). A supposer que le découpage par la concurrence se fasse de telle façon que les Intercités soient récupérés par une boite A et les TER de ma région par une boite B, aurai-je toujours la possibilité de monter dans le train avec changement si j’ai un forfait direct?
– D’ailleurs, ce n’est pas tout à fait exact, j’ai également la possibilité de prendre des trains se rendant ailleurs pour aller attraper une correspondance ailleurs, de façon (relativement) flexible. Qu’en sera-t-il?
– Et puis, en cas de problèmes (grève, conditions météo, accidents – oui, je fais partie des usagers qui ont subi les conséquences de l’accident de Brétigny), la SNCF me permet de monter dans l’un de ses TGV pour attraper une autre correspondance par un autre chemin afin de rentrer chez moi. Que deviendrais-je si cette ligne TGV est exploitée par un concurrent?

Autant de questions dont les réponses que l’on peut trouver dans les situations similaires d’intermodalité ne sont pas satisfaisantes:
– à l’exception de la région Ile-de-France, rares sont les abonnements transmodaux trains+bus
– les comités de régulation qui doivent bien exister pour tenter de fluidifier ces intermodalités sont assez peu efficaces
– les solutions déjà expérimentées sur les trajets internationaux (et donc de facto opérés par une union entre deux opérateurs ferroviaires différents) débouchent parfois sur des situations ubuesques liées aux différences entre les entreprises et aux procédures mal connues (je me souviens de toi, contrôleur belge du Thalys…)

Quant à croire que l’ouverture à la concurrence et le système d’enchères sur les lignes va résoudre les problèmes des lignes déficitaires et sous-employées, c’est à mon avis faire preuve d’un angélisme rare (ou alors de n’avoir jamais fait ni Orléans-Tours par le dernier train 2 ni Clermont-Ferrand-Murat ou tout autre ligne de montagne un peu paumée et ne bénéficiant même pas d’une fulgurante augmentation de fréquentation lors de la saison de ski…)

Et je ne sais pas vous, mais à moins de mettre un nouveau Machin(tm) à la française histoire de maintenir un niveau de service équivalent à ce qui existe 3, je flippe un peu quant à ce que toute cette réforme va donner…

Et pour essayer de finir sur une blagounette:

Notes:

  1. c’est tout en bas du billet – mais vous pouvez lire le reste aussi
  2. même la SNCF l’a remplacé par un car, lui-même à moitié vide, abandonnant la desserte des 3/4 des gares intermédiaires au passage
  3. et qui est quand même un peu censé être un service public – ou au moins d’utilité publique

Comme une envie de changer de bulles

L'horizon s'éclaircit, et bien que certaines zones demeurent dans l'ombre, j'ai quand même l'impression de distinguer un beau soleil devant moi.
J'ai intérêt à en profiter, parce que, tel que ça se profile, dans les prochains mois, il y aura des moments où je ne verrai pas le jour.
Bref. En attendant les annonces et les éventuelles autres confirmations, je souris et je change de bulles.

Les idées à la con du foot

Avec la Coupe du Monde de football, on voit ressortir des serpents de mer au sujet de la Glorieuse Incertitude du Sport(tm), de l’Arbitre Qui Est Aveugle(c) et des avantages de la technologie pour remédier au Facteur Humain(r) inhérent au fait que l’arbitre ne soit pas une entité immanente mais une réalité incarnée.

Et, de facto, on nous ressort avec une régularité bisannuelle (en gros, à chaque Coupe de quelque chose impliquant des équipes nationales, voire en fait un peu plus fréquemment quand un fait particulièrement litigieux se produit, but refusé, ou accordé alors qu’il y avait main, agression sur un joueur voire hors-jeu limite – c’est à dire à peu près 12 fois par match) le gros mantra « mettez-nous l’arbitrage vidéo, comme au rugby »

Sauf qu’au rugby, permettez-moi de le dire simplement, l’arbitrage vidéo, c’est de la merde.

D’abord, parce que c’est au moins aussi partial que l’arbitrage direct pour plusieurs raisons:
– c’est à la demande de l’arbitre uniquement
– ce n’est pas un traitement automatisé, mais un autre arbitre (donc avec la même question de l’interprétation humaine des images)
– et surtout, les images sont fournies par le diffuseur. Et l’on peut sans problème imaginer que s’il y a un arbitrage « maison », il n’y a pas moins de diffusion « maison ». Et on a vu des essais refusés parce qu’il n’y avait (de façon surprenante) pas le bon plan disponible, alors imaginez pour un but (bicoze parallaxe, tout ça).

Ensuite, parce que ça ralentit terriblement le jeu. Dans un sport où la durée théorique d’une mi-temps est de 40 minutes, il n’est pas rare que le recours à la vidéo (en plus des autres interruptions) rallonge le temps d’une mi-temps de 25% (et l’on a vu des mi-temps durée finalement plus d’une heure, au grand dam du diffuseur…).

Enfin parce que la vidéo, ça veut dire le ralenti, et que les ralentis sont toujours vachement plus impressionnants que ce qui se passe en vrai (il n’y a qu’à revoir certains des ralentis du match d’hier soir entre les Joyeux Cisailleurs De Tibias d’Amérique Centrale et les OnNezChampions 1 pour s’en convaincre). Et qu’après un ralenti, on serait vachement plus portés à croire les simagrées de tel joueur se tordant de douleur après la brutalité des chocs 2

Bref, autant j’ai pu être convaincu par certaines innovations de cette coupe du monde en matière d’arbitrage (je suis par exemple un grand fan de l’utilisation de la mousse à raser pour indiquer la distance de sécurité pour les coups francs, et, n’en déplaise aux commentateurs, j’ai parfaitement compris le replay de la GLT 3 d’hier soir du premier coup 4 – il y aurait juste un peu de réhabillage graphique à faire pour que ce soit compréhensible par un enfant de 2 ans), autant je pense que venir foutre de la vidéo est le meilleur moyen de finir de rendre ce sport totalement soporifique.

Quitte à prendre des idées dans d’autres sports, importez plutôt les dix minutes d’expulsion pour un carton jaune. Ou les 10m en cas de contestation d’une décision arbitrale.

Et comme tout finit en chanson (fut-elle une pub australienne)

(drink responsibly, tout ça…)

Notes:

  1. Toi non plus tu n’as pas oublié ce monument de la chanson française
  2. pun intended. Je ne suis pas rugbyman pour rien…
  3. démo technique visible ici
  4. à revoir ici – mais je vous conseille de supprimer le son

#10 – Traitements techniques

Date de l'émission: 
Dimanche, 15 Juin, 2014 - 20:30

Avoir un bon son, c'est essentiellement savoir le maîtriser. Les Sondiers vous proposent quelques explications sur ces traitements techniques qui vous permettront de parfaire cette maîtrise.
Egaliser, compresser, limiter, mais aussi exciter, envelopper, distordre, déphaser, dédoubler, retuner, sont autant de traitements insoupconnés qui vous permettront d'atteindre le nirvana du son !
Bonne écoute.

La juste longueur

Je le lis partout, sur les réseaux sociaux, les forums, voire au coin des blogs de lectrices : c'est trop dur d'arriver à la fin d'un roman, ou à la fin d'une saga, parce qu'on va être obligé de quitter des personnages que l'on aime comme des amis proches !
Euh...
Comment dire ?
Je n'ai jamais ressenti ça.
Quand j'arrive au bout, je lis d'autant plus avidement, parce que je veux savoir comment se termine l'histoire et dans quelle situation l'auteur laisse ses personnages à la fin. Je n'ai jamais l'impression d'être sur le point de perdre des amis : le temps narratif n'est pas le même. Après la dernière page, si je suis restée attachée à eux, je m'amuse à imaginer leur vie d'après, et même les morts ne sont pas vraiment partis puisque je peux relire quand je veux des passages où ils sont encore là.

Le fait est que "plus c'est long, plus c'est bon", même sans compter l'énormité grammaticale, est une maxime qui ne fonctionne pas en littérature. Un livre, ce n'est pas que des personnages que l'on aime (ou pas). C'est avant tout une intrigue, plus ou moins complexe, plus ou moins émaillée de péripéties, et en fonction de cette intrigue, chaque histoire aura une longueur "naturelle". Quelques pages, une novella, un petit roman, une saga en sept ou huit tomes... La "bonne" taille varie d'un extrême à l'autre, mais on ne fera jamais un roman en diluant une nouvelle, ni une saga en diluant un stand-alone. Ou alors, pas des bons.
Une des compétences essentielles d'un auteur consiste à donner sa juste place à l'intrigue. Même si on adore le héros et qu'on reprendrait bien quelques scènes où il regarde l'horizon les cheveux au vent, arrive un moment où plus long, c'est trop long. Les lecteurs ne s'y trompent pas, d'ailleurs, et c'est là tout le paradoxe : la même personne qui déplore la fin d'une saga arrivée "trop vite" (généralement, elle a juste la bonne longueur) saura voir quand un auteur tire trop sur la ficelle et repérer le tome de trop. Bref, rien de nouveau sous le soleil, on ne peut pas faire plaisir à tout le monde.

J'ai longtemps été dans l'excès inverse, à écrire du sec, à omettre des détails qui s'inscrivaient dans ma vision des scènes parce que j'avais du mal à me rendre compte de ce que le lecteur sentait ou pas. Les gens qui m'ont fait travailler ces dernières années m'ont aidé à corriger ce défaut. À vrai dire, j'en suis si bien revenue que mes derniers romans ont tendance à être trop longs à l'étape du premier jet ! Dès le début des corrections, je m'empresse de les amputer d'environ 10% de leur longueur, en rabotant moult scènes inutiles, descriptions sans fin et dialogues qui ne font rien avancer.
Ce n'est rien, encore. Il y a des auteurs qui coupent bien davantage.
La seule partie que j'ai tendance à allonger lors des réécritures, c'est... la fin ! J'ai encore plus envie d'arriver au bout de mes propres romans que de mes lectures, donc quand ça sent l'écurie, je vais au plus court, et je me fais taper sur les doigts derrière, parce que ça se dénoue trop vite, ou encore parce qu'il manque des informations concernant tel ou tel point d'intrigue. Il me reste une marge de progression à ce niveau, je le sais. En écriture, on n'a jamais fini d'apprendre.

Ce point mis à part, je préfèrerai toujours un texte qui se présente sous sa juste longueur, fût-ce une courte nouvelle (la nouvelle est souvent beaucoup plus percutante que le roman, d'ailleurs), à une histoire trop longue. Voilà pourquoi, dans l'ensemble, mes romans ne sont pas très longs. Pour écrire beaucoup, il faut que j'aie beaucoup à raconter...
Mais rassurez-vous, cela m'arrive.
Vous aurez, dans un avenir pas trop lointain, des pavés de ma plume à croquer de bon cœur.
Quand ? Euh...