L’art de tourner la page

Voilà, c'est fait.
J'ai fini de maquetter les couvertures des numéros 22 et 23 du fanzine Piments & Muscade. Les deux derniers opus d'une aventure de plusieurs années, qui s'arrête tout simplement parce que les personnes qui s'en occupent, moi la première, ont désormais beaucoup d'autres choses à gérer, et pas encore de retourneur de temps.
 
 
J'ai voulu donner à la dernière couverture un aspect un peu symbolique : ça a beau se terminer pour nous, le chemin continue hors du cadre.
 
Hors du cadre, justement, j'avance sur le projet top-secret, j'ai même signé le contrat d'édition, et mon planning de sorties pour 2016 ressemble de plus en plus à un métro à l'heure de pointe. Vivement qu'on en parle plus en détail !

Enregistrer une guitare sans micro ? [VIDEO]

Enregistrer une guitare sans micro ?

Vous avez une guitare acoustique et voulez l'enregistrer, mais vous n'avez pas de micro statique, dynamique, et toutes ces sortes de choses ? On peut sans doute se débrouiller autrement.

Tout le monde n'a pas de micro pour réaliser des prises de son à la maison, que ce soit statique, dynamique, ruban, ou autre. Et votre instrument n'est peut-être pas électro-acoustique. Dans ce cas, on est coincés pour enregistrer notre super groove ? Eh bien pas forcément.

Oh, un bout de rouleau ! Mince, je suis au bout du rouleau.

Voilà, Fille des deux rives est sorti. J'ai officiellement trois romans au compteur, déjà vendus à quelques dizaines d'exemplaires, dédicacés pour la plupart. La première note est tombée : 4/5. Je ne sais pas si je dois sauter de joie, ou me sentir vaguement déçue d'avoir manqué la note maximale.
Et là, je tilte : cette question, je ne devrais même pas me la poser.
Hé oui, émotionnellement, je commence à ressentir les effets d'une fatigue qui s'accumule depuis des mois. Le bonheur d'aller d'un bout à l'autre du pays (et même outre-Quiévrain) pour faire plein de trucs sympas, ça épuise, aussi.

Heureusement, j'ai la parade : des congés qui arrivent très bientôt. Comptez sur moi pour faire un vrai break, bien dormir, pas trop sortir, et recharger les batteries pour finir le printemps dans de meilleures conditions.

Mon programme pour ce soir :
  • dédicacer les exemplaires de Fille des deux rives gagnés lors du concours et préparer les enveloppes.
  • avancer un peu sur la rédaction du projet top-secret.
  • avancer un peu sur l'illustration de couverture du Piments & Muscade n°23.
  • dormir pas trop tard.
À très vite !

Ces jours où le féminisme me désespère

Usuellement (et parce que je n’ai globalement que des relations de qualité ;-) ), les débats sur le féminisme et/ou les réactions féministes que je vois passer dans mes espaces d’interactions sociales d’Internet sont, sinon mesurés, au moins à peu près correctement argumentés.

Mais pas ce matin. Donc je m’énerve un peu…

Au sujet du jour, un billet pleurnichard sur le fait que Disney/Pixar dessinerait tous ses personnages féminins sur le même modèle: « un visage rond et un petit nez ». Avec, pour appuyer une si imparable assertion, un double schéma:

Femmes-Disney-810x830 Femmes-Disney-2--810x840Passons rapidement sur le fait que la fille en haut à droite (sûrement un personnage du prochain film) a le visage pointu, que la photo de Raiponce soit un peu partiale (pour moi, elle a elle aussi le visage plus ovale que rond).

Passons également sur le fait que chaque personnage est profondément différent dans d’autres aspects, qu’il s’agisse des yeux, des oreilles ou des cheveux. Et n’est pas forcément « avantagé » (les yeux globuleux de Violette ou les oreilles décolléesde Vanellope von Schweetz ne sont pas forcément le rêve de toute petite fille…)

Ce qui me choque plus, c’est que des personnages qui sortent de l’argumentation soient purement et simplement exclus du schéma: qu’il s’agisse de Colette (la fille de Ratatouille, certes personnage secondaire, mais qui a plus de présence à l’écran qu’Ellie – la femme de Carl dans Up! – qui apparait sur la deuxième ligne) et son nez… caractéristique, ou Boo (pour ne pas parler du reste du casting de Monstres et Compagnie qui n’est pas humain stricto-sensu, mais qui présente un nombre assez incalculable de morphologies), ou encore Edna (la styliste barrée des Indestructibles)…

Quant à reprocher à Disney de ne pas créer de personnages féminins qui aient « une trogne » (la contrepartie masculine du schéma ne se prive pas de coller Skinner, l’irascible chef de chez Gusteau), c’est à mon avis faire insulte à tous ces personnages qui ont traumatisé des générations d’enfants, de Cruella Denfer à Ursula et de Maléfique à la Reine de Coeur.

En fait, et si l’on regarde de façon un peu plus large, on se rend compte qu’il y a des « séries » de styles graphiques dans les dessins animés Disney. Cela se retrouve non seulement sur les personnages féminins, mais sur l’ensemble des films.

Disney-human-heroines-from-time-to-time-disney-females-31925439-1134-1587La « mode des visages ronds » (si tant est que ce soit si caractéristique que ça) ne serait-elle donc pas simplement due à la « griffe » du dessinateur principal?

Et serait-il inenvisageable de demander un minimum d’honnêteté intellectuelle plutôt que de biaiser les expériences pour obtenir le résultat que l’on veut?

Des Trolls, des Légendes, du squeele et des copains

Il y a des moments comme ça, où l'on s'est fait mal à la gorge à force de gonfler la voix pour signifier à une descendance récalcitrante que, oui, quand on dit qu'il faut arrêter de manger du chocolat, ça exclut d'en prendre un dernier, et que non, tu ne bois pas du coca maintenant ; des moments où l'on voit le jour décliner en sachant que le lendemain sera difficile, surtout au bureau... bref, des moments où l'on donnerait beaucoup pour s'offrir juste un petit bond dans le passé et revenir au week-end.

Pour faire court, Trolls & Légendes, c'était super.

Si on veut chipoter, on arguera bien sûr que le temps ne s'est pas montré très coopératif, et que couplé à un goulot d'étranglement à l'entrée, ça a fait patienter certaines personnes dehors pendant une heure et demie, sous la pluie et dans le vent froid. Ou bien que, dans une énième file d'attente pour échanger des euros contre des jetons de nourriture, une visiteuse qui s'apprêtait à manger après avoir refait la queue disait, sourire aux lèvres : "Il aurait fallu appeler ça Trolls & Files."
Bon.
J'avais la chance d'arborer un bracelet gris d'exposant qui m'a permis d'entrer par l'arrière du bâtiment, d'attendre moins à la buvette, et de ne pas payer mes passages aux toilettes. Mon expérience s'est donc révélée moins douloureuse.

Pour moi, le festival a commencé le vendredi, par un déjeuner en tête-à-tête avec la supergentille Fred, dans la brasserie en face du Lotto Mons Expo, qui produit la fameuse Cuvée des Trolls et s'occupe aussi du catering sur place. Ce qu'il faut en retenir : "Ils sont bizarres, ces Belges, ils sourient et ils laissent passer les piétons !"
Ensuite, un tour par Binche, le temps de poser mes valises chez mes hôtes, et retour à Mons pour le concert.
Que dire, sinon merci la Horde, merci Feuerschwanz, merci le Naheulband ? Armée de mon bracelet magique, j'ai pu dire bonjour à John, Ghislain et Tony avant l'ouverture des portes, et ça, c'est toujours bon à prendre. La soirée qui a suivi s'est révélée fidèle à ce que l'on pouvait en attendre : une ambiance au-delà de l'atomique, avec un public qui reprenait en chœur la moindre chanson, la moindre pub Naheulbeuk.

Fille des deux rives, mon troisième roman, le tout dernier à l'heure actuelle, sortait officiellement le lendemain samedi. Il est tout beau, comme j'ai pu le découvrir en arrivant sur le stand.


(on procèdera quand même à de menus ajustements avant le prochain tirage, par vil perfectionnisme – ce qui signifie que cette version-ci deviendra collector)

Le lancement s'est bien déroulé. Pour faire simple, il suffit de préciser que j'avais fait imprimer 24 cartes à l'effigie de la couverture, et qu'il n'en restait plus une seule, avant même mon départ. Je pense que ça nous fait un bon bilan ! Du côté des dédicaces, j'ai vite trouvé un motif pour accompagner mes griffouilles : autant, pour L'Ouroboros d'argent, je suis rodée à la trace de papatte, autant j'ai mis des miroirs un peu partout sur Fille des deux rives.
Plusieurs visiteurs se sont également déclarés impatients de voir sortir La dernière fée de Bourbon. Pour ça, il faudra attendre septembre.

Mais bien entendu, je n'étais pas seule à Trolls & Légendes. Le hall d'expo est vaste, et il faut encore ajouter l'espace extérieur. Le tout décoré, coloré, animé, et plein de monde.


Ce qu'il faut en retenir : le disco troll, ça pique, mais alors le slow troll, ça atteint des niveaux d'indicible carrément lovecraftiens, à perdre 1D10 de SAN par minute d'exposition.

Je ne tenterai pas de citer toutes les personnes que j'ai eu le plaisir de revoir sur place, parce que je n'ai aucune chance d'arriver au bout sans en oublier ; donc je me contenterai de quelques figures marquantes :
  • Indy, le vaillant camarade qui m'a hébergée spontanément, alors même que nous ne nous étions pas revus depuis une dizaine d'années, et dont j'ai rencontré la très charmante compagne.
  • L'équipe du stand Mythologica : les Thomas, les Élodie, Nathalie et ses filles. Pendant un week-end, j'ai eu l'impression que nous fonctionnions comme une petite famille.
  • Florent Maudoux, avec qui la complicité ne se dément pas (même si son succès l'enchaîne un peu à sa table de dédicaces). On a beaucoup parlé, surtout de Freaks' Squeele, sa série de BD qui se terminera au tome 7, programmé à la fin de l'année chez Ankama. Florent a beaucoup de projets dans cet univers, entre spin-offs et développement transmédia. Pour faire simple, il n'a pas fini de nous couper le squeele, et c'est tant mieux !
  • Soudain, un Welf sauvage apparaît. Cri de joie, course, bousculade (désolée à nos voisins d'Elenya Éditions qui m'en veulent sans doute encore un peu), embrassade. Le genre de retrouvailles qui fait réaliser d'un coup qu'il faut voir les gens qu'on aime, en vrai, parce que Skype ne suffit pas.
Cette liste restreinte ne doit surtout pas minimiser la joie que j'ai eue à revoir tous les autres. Plus le temps passe, plus je me rends compte que j'aime sincèrement plein plein plein de monde dans ce milieu. Pourtant, je n'ai échangé que quelques mots avec la plupart des gens, et il y en a à qui je n'ai même pas réussi à dire bonjour. Le lot habituel de frustrations en salon. 

Je suis partie avant la fin, remballant à 17h le dimanche parce que je devais encore rentrer chez moi, toute seule au volant de ma voiture, avec de la fatigue plein les pattes et du monde qui m'attendait à la maison.

Et me voici, avec le blues des lendemains de moments magiques. J'aimerais vivre plus souvent cette ambiance, et moins celle du bureau...
(gros soupir)

Ces jours où Dieu est mort

Les gens qui entrent dans une église ces jours-ci (i.e. à la date de l’article, et de façon plus générale entre le soir du Jeudi Saint et le matin de Pâques) seront frappés par l’ambiance très spéciale qui s’en dégage. Tabernacle ouvert, cierges éteints, les lieux semblent morts. Et ils le sont.

Jeudi Saint – le dépouillement des autels

A l’issue de la messe du Jeudi Saint a lieu un rituel un peu étrange, le dépouillement des autels.

Alors que les autels consacrés sont habituellement toujours recouverts d’une nappe (regardez bien la prochaine fois que vous entrerez dans une église), et généralement « habillés » avec des candélabres ou un crucifix 1, ils sont mis à nu pendant ces 48 heures.

De la même façon, le tabernacle, qui est habituellement toujours fermé 2, et qui contient le reste des hosties consacrées, est ouvert, et la lumière rouge qui signifie la présence des Saintes Espèces éteinte.

L’office des ténèbres – On ne rigole pas

A partir du Jeudi Saint, l’office du matin (les Laudes) est remplacé par l’office des ténèbres. Qui, comme son nom l’indique est vachement moins rigolo que l’office qu’il remplace. Finis les psaumes de louanges et de joie, l’office s’ouvre sur le psaume 21, le célèbre « Mon Dieu, pourquoi m’as tu abandonné? », et au fur et à mesure de l’avancée de l’office, on éteint les bougies allumées sur le chandelier.

L’office se termine toutes lumières éteintes, par les fidèles frappant leur banc pour symboliser le tremblement de terre qui s’est produit à la mort de Jésus.

Samedi Saint – le jour où il ne se passe rien

Le Samedi Saint est lui aussi un jour particulier. Après le Jeudi Saint (l’institution de la Cène, l’agonie au jardin des Oliviers) et le Vendredi Saint (la mort du Christ), journées riches en offices , le Samedi Saint est une « journée morte ». Entre l’office des Ténèbres et la nuit de Pâques, il ne se passe rien. Les cloches sont silencieuses (elles le sont depuis le soir du Jeudi Saint et ne re-sonneront qu’au moment du Gloria de Pâques), aucune messe n’est dite, et l’Eglise est comme suspendue dans ce temps entre la mort du Christ et sa résurrection.

Notes:

  1. encore que ce dernier soit souvent celui du maitre-autel préconciliaire du fond du choeur
  2. sauf cas rarissimes et graves, comme la décision de l’évêque de Belley-Ars suite aux profanations répétées dans son diocèse

Vacances de Pâques – pas d’émission le 12/04

Nous ferons une petite pause à Pâques. L'émission #27 initialement prévue le 12 Avril ("Faire du son avec 3 bouts de ficelle") sera finalement reportée au 26 Avril.
Dans l'intervalle et pour éviter d'avoir un trou d'un mois complet sans émission, toute l'équipe a décidé de faire un petit effort de publication de contenu sur le site.
Rendez vous prochainement ici même donc pour de nouvelles aventures audio !

Huit ans, déjà !

J'ai fait mes premiers pas dans la blogosphère le 2 avril 2007.
Oui, ça date, hein.
Alors, comme les huit ans d'Histoires d'Oph coïncident si joliment avec la sortie de mon tout nouveau roman Fille des deux rives, je vous fais des cadeaux. Hop. Je suis comme ça.

Vous avez dix jours pour jouer, et peut-être gagner un exemplaire dédicacé de Fille des deux rives !
(trois exemplaires mis en jeu au total)


Regardez comme il est beau...