Anathema – A Fine Day to Exit

B00005OBRT.03.LZZZZZZZ.jpg

B00005OBRT.03.LZZZZZZZ.jpgAnathema faisait du doom il fût un temps. Clairement révolu, vu ce qu’on a le droit sur cette galette. Un rock qui rappelle un peu Radiohead, un peu Pink Floyd, aussi un peu The Cure par moment. Quelques éléments parfois plus saturés, rappelant leurs élans métal passés, mais c’est accessoire. Bref pas spécialement joyeux, mais prenant.
A Fine Day to Exit est un petit joyau, qui se répète parfois un peu, mais contient certaines des chansons les plus intenses jamais crées. Capables de vous laisser sur les rotules de bonheur, autant que de vous faire pleurer toutes les petites larmes de votre corps.

Pressure : Début d’album planant. Quelques notes au piano, des guitares tout en textures. Et puis la voix gorgée d’émotion de Vincent Cavanagh. Un morceau qui emporte doucement l’auditeur vers un autre univers, l’ouverture idéale d’un album qui se veut immersif, total, et vraiment prenant.
Release : Maintenant qu’on est plongé dans l’univers Anathema, on peut passer aux choses sérieuses (mais ho ! Pressure aussi c’est du sérieux) : Release. Le morceau d’une intensité tellement pure que je ne m’en suis toujours pas remis après des centaines d’écoutes. Ca commence forcément par une routine acoustique qui encore une fois nous fait planer loin au-dessus du quotidien. L’atmosphère se fait de plus en plus dense, pour déboucher sur l’explosion cathartique unique. A 2min30 enfin. Une guitare électrique lâchée, décomplexé, qui s’emporte sur une ligne mélodique qui fait frémir, pleurer, sauter de joie. Impossible de rester de marbre. Ca continue, c’est beau. Mais il reste encore une petite surprise à 4min20. Un solo, enfin dans un genre très particulier. Non pas de la branlette de manche, juste du feeling, qui vole loiiiin au-dessus du reste et ne constitue que la cerise sur le gâteau d’un des plus beaux morceau au monde.
Looking Oustide Inside : Ca commence comme du Radiohead basique. C’est mignon tout plein, mais ça n’a rien de transcendant. Un peu répétitif mais toujours aussi immersif que le début de l’album. On a quand même un peu peur qu’Anathema s’essouffle déjà après un début brillant. Heureusement arrive le refrain tout autant couillu que gorgé d’émotion. Ca n’en fait pas un morceau de la trempe des 2 premiers mais ça se réécoute avec plaisir.
Leave No Trace : Avec des guitares un peu plus saturés que le début de l’album et des sonorités électroniques qui se dégagent dans l’arrière plan, le morceau commence. Pour rapidement laisser place à un couplet acoustique quelque part entre Muse et Radiohead. De facto pas spécialement intéressant. Mais encore une fois c’est quand Cavanagh se lâche sur le refrain que les vrais émotions ressortent. Des lignes vocales qui ondulent et réchauffent le cœur. Et le morceau se termine avec une polyphonie vocale intéressante, sans être non plus inoubliable.
Underworld : Je ne sais pas trop quoi dire de ce morceau vu que je me répéterais avec les qualificatifs utilisés pour décrire le reste de l’album. Pas le morceau le plus marquant, mais toujours d’une sensibilité à fleur de peau qui nous fait revenir souvent pour l’écouter.
Barriers : Bon forcément à force de tirer sur la corde de l’émotion, il faut bien que l’album se morde la queue à un moment où à un autre. C’est pour moi ce morceau le point faible de l’album. On veut insuffler de l’émotion, jouer sur des tempos lents et planants, mais là il manque vraiment le petit trait de génie des autres morceaux. En tout cas celui-ci ne me fait rien.
Panic : Différent et en même temps tout à fait dans le sillage du reste. C’est pour moi le second sommet de l’album avec Release. Le morceau le plus rock, le plus rentre-dedans de l’album. Oui donc pas le plus sensible, mais sûrement un des plus intenses. Le sentiment d’urgence qui dégage la chanson est palpable, l’alarme sonne aux oreilles de l’auditeur. Un appel à vivre. Vite ! C’est maintenant et pas plus tard. Oui c’est la panique, c’est l’urgence, mais c’est beau, et on a envie de se bouger le cul. Là, maintenant.
A Fine Day to Exit : Le morceau titre. Pas celui qui accrochera l’auditeur à la première écoute. Non. Il est bien trop extra-terrestre pour ça. D’une douceur infinie. Déprimant peut-être, mais non en fait. On peut juste y voir de la beauté fragile. Lâché à petites doses, un accord de guitare au fond, la voix qui se glisse doucement hors des écouteurs, des sons planants, une batterie quasi absente. Jusqu’à la 3ème minute ou le morceau s’emballe. Oui et non. Bien sûr le rythme devient un peu plus martelé, la batterie apparaît et la voix se fait plus puissante, mais le sentiment dégagé est le même. Ce n’est pas parce que c’est plus puissant que le morceau perd de sa fragilité de chaque seconde.
Temporary Peace : Et le final. Le dernier morceau planant. Rien de bien neuf à décrire, mais c’est toujours aussi beau. Une conclusion tout à fait appropriée.
A noter que cela finit après le morceau par une longue plage de bruits de mers, et visiblement un délire un peu bourré des gars d’Anathema qu’on entend indistinctement. Et puis une chanson cachée totalement anecdotique, pas bien intéressante.

L’album en quelques mots :

Intense

Planant

A fleur de peau

Bilan : 8.5/10

Consign to Oblivion

Le 21 avril dernier est sorti dans les bacs de toutes les bonnes crémeries (et aussi de certains magasins pompeusement appelés « fournisseurs de produits culturels »[[un terme plus adéquat serait « fournisseurs de produits sous-culturels, plus quelques bons trucs, mais il faut fouiller »]]) le nouvel (et deuxième) opus d’Epica, intitulé « Consign to Oblivion »

Continuer la lecture de « Consign to Oblivion »