Nanowar

Il y a deux grandes familles de metalleux (bon, si on exclut les blackeux, les doomistes et les 275 autres sous-chapelles de la grande église du metal) : les groupes de goth à chanteuse[[dont je fais partie]] et les groupes de power-epic-velu [[dont je fais aussi partie]]. Et Nanowar ne fait pas partie de la permière catégorie.

Continuer la lecture de « Nanowar »

Ormuz

Forcement, quand on a un nom de groupe comme ça, on peut s’attendre à ce que l’article qui va en parler attire, par Google interposé, tous les curieux en manque d’informations sur l’Iran, le nucléaire, les GI’s, George Bush, le général Petraeus, le dernier modèle de missile Tomhawk ou la meilleure façon de construire une IED pour la poser sur une route de Nadjaf[[bon là je pense que, avec tous ces mots clef, on devrait booster l’audience à mort :D]]…

Continuer la lecture de « Ormuz »

CD Baby

babyhead_250_white.gif

En matière d’édition musicale, CD Baby n’a pas vraiment pignon sur rue, fût-elle virtuelle. Chez ZoC Radio, nous avons découvert leur site parce qu’ils sont le principal distributeur des albums des Brobdingnagian Bards (et aussi parce que l’autre distributeur des BBs, Amazon pour ne pas le nommer, pratique des prix moins intéressants). Et nous avons eu la surprise de tomber sur un site de vente en ligne presque comme les autres, avec toutes les fonctions attendues dans ce genre d’endroit, mais tellement plus familial!

Continuer la lecture de « CD Baby »

High and Mighty Color

Le visuel du single Ichirin no Hana

Parfaitement inconnu en France, où le rock péchu n’intéresse quasi personne et où les rigolos de Lordi passent pour d’affreux satanistes baveux [A cette occasion, de nombreuses personnes ont découvert avec stupéfaction que Michel Drucker était un vrai vieux, avec des réactions de vieux. Ca n’a pourtant rien d’étonnant compte tenu de son âge.]], le groupe High and Mighty Color (ou plus exactement HIGH and MIGHTY COLOR, HandMC pour abréger) s’est fait un nom au Japon en contribuant à des séries télé et à des jeux vidéo. Les amateurs du dessin animé [Bleach auront eu l’occasion de les écouter en générique d’ouverture de la série, avec la chanson Ichirin no Hana (Fleur Solitaire). Ce troisième générique s’ouvrait sur une fleur, se fermait sur un papillon des Enfers, et présentait les personnages sur fond noir. Depuis une poignée d’épisodes, il est remplacé par un Tonight Tonight carrément moins sombre. Dans l’intervalle, il m’a convaincue d’en découvrir un peu plus sur le groupe, en me procurant Gouon Progressive, l’album dont est tirée la chanson [[Pour le nom, je fais confiance à mon fournisseur allemand, vu que je ne lis pas le japonais.]].

Continuer la lecture de « High and Mighty Color »

Windir – 1184

B00005UBJD.03.LZZZZZZZ.jpg

B00005UBJD.03.LZZZZZZZ.jpg Windir… Une belle histoire d’amour entre ce groupe et moi. Ceux qui allient le mieux le fun, la brutalité et l’émotion dans la scène black métal. Des mélodies folles, des tonnes d’idées à la minute, des surprises sorties de nulle part,… Bref, 4 albums/4 chef-d’œuvres. Valfar, le chanteur-compositeur est mort en janvier 2004. Windir avec lui. RIP.
1184. Le 3ème album. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai décidé que c’était mon préféré des 4. Hier c’était Arntor, demain ce sera sûrement Soknardalr. M’enfin…
Qu’est ce qui le différencie des autres ? A première vue pas grand chose, et pourtant Windir était un de ces rares groupes qui savait à chaque fois insuffler une toute nouvelle approche à chaque album, en gardant pourtant une cohésion rare d’un opus à l’autre. Les albums se ressemblent mais en même temps… pas du tout.
Todeswalzer : Hop l’album commence avec un synthé. Quelques secondes et vlan ! Blast-beats et riff cavalant entrent dans la danse. C’est parti, on bouge des cheveux. Et puis hop, nouvelle couche, la voix de Valfar débarque, puissante et revigorante. Ecorché mais belle. Et puis il est accompagné par une lead mélodique qui monte, descend, cavale encore plus vite que le riff de fond. Bref la machine est lancé. On alterne ensuite ce couplet avec un autre un peu plus calme et sautillant. Oui Windir c’est joyeux (mais pas dans un sens nian-nian, ni même un peu kitsch à la Finntroll). Windir ça donne envie de mordre la vie à pleines dents. C’est joyeux parce que c’est euphorisant, défoulant et ne joue pas sur les ambiances malsaines de groupes de true black plus classiques. (j’aime aussi ces groupes là, mais Windir c’est un autre genre) Enfin… surtout 1184. L’album où la brutalité animale est la plus entraînante et vivifiante. Le rythme ne reste jamais en place, Valfar lutte contre la monotonie, et on a le droit à une foule de moments uniques sur chaque morceau. Ici par exemple la voix claire de Cosmocrator à 2min55 ou encore l’assaut supersonique à 3min40.
1184 : Un peu martial, encore varié, avec des mélodies imparables. Peut-être un peu lassant la première partie (en même temps j’ai écouté tellement de fois cet album). Mais à partir de 2min30 rentre un joli changement bien speedé, qui mélange voix claires et hurlements déments tout en s’accélérant sans jamais lâcher la pression pendant 45 secondes. On souffle ensuite un peu en revenant au passage du départ. Par contre, on y rajoute de l’accordéon par-dessus ! Vers la fin on a même un passage martial avec juste une batterie légère qui mitraille et l’accordéon qui tourbillonne. Génial, qui aurait pu en avoir l’idée ?
Dance of Mortal Lust : Encore une mélodie énorme dont le groupe à le culot de ne même pas en abuser. S’amusant à varier les plaisirs comme d’habitude. A noter la batterie qui blaste, blaste, et crée par moments des avalanches de cymbales énormes.
The Spiritlord : Bon a va le dire sincèrement, ça commence un peu mal. Bon, efficace, mais trop classique. Pleins d’autres groupes de black/viking auraient pu y penser. Mais heureusement le morceau gagne en épisme au fur et à mesure. La voix claire a une jolie percée à 3min37 avant de se faire doubler par peut-être le meilleur solo de Windir. Epique « over the top ». C’est magique.

Dernière chose à noter le passage calme de fin de morceau, qui tout à coup balance un dernier riff syncopé super efficace qui vient électrocuter un dernier coup l’auditeur.
Heidra : Bon là j’ai un problème. C’est sûrement un des meilleurs morceaux de l’album, mais tout ce que j’ai dit comme bonnes choses sur les chansons précédentes s’appliquent ici. Et je n’ai pas spécialement envie de me répéter. Je vais juste dire que c’est encore une bombe épique, qui annonce le dernier morceau de l’album par des minis percées indus surprenantes mais encore très discrètes.
Destroy : Du lourd, ça commence par une ambiance plombée, limite du Nile comme intro. Le démarrage continue dans cette veine très pesante, même avec les claviers d’ordinaire plus relevés. Mais ça cavale pas mal aussi. Forcemment Windir n’aime pas être répétitif, alors en plein milieu du morceau, changement de donne, un nouveau rythme saccadé noyé dans des nappes claviers tout à coup bien plus léger. Et arrive la mini-explosion avec une lead qui s’amuse à monter haut, en nous répétant un petit motif mélodique accrocheur en diable. La chanson continue ensuite avec encore quelques passages ingénieux et bien sentis.
Black New Age : Là encore ça devient très bourrin. On est de plus en plus éloigné du côté limite festif du début de l’album. Ca reste euphorisant, mais dans une veine bien plus bulldozer qu’avant.

Pourtant là où tout le monde croit déceler une fin d’album apocalyptique sur-bourrine qui se veut le contre-pied du début d’album joyeux, Windir surprend encore. Le morceau ose tout à coup les claviers totalement cristallins et sur-aigues. Pour un final de morceau hyper saccadé avec les guitares qui martèlent un rythme tout con, et les claviers qui s’emportent sur une mélodie limite kitsch mais qui fait headbanger à s’en arracher les cervicales. Un moment magique qui ne ressemble à rien de ce qui a pu se faire avant.
Journey to the End : Et voilà le dernier morceau qui fait saisir toute la portée du final de la chanson précédente. Là où le début de l’album était festif, là ou la deuxième moitié était bourrine, la fin est tout autre. Une troisième voie, un peu mystérieuse, un peu magique. Le titre est évocateur de ce cheminement. C’est un voyage. Quelque chose d’épique, on se dirige vers un inconnu fascinant.

Ca commence banal, ça semble être dans la droite lignée d’un Windir « classique ». Mais le morceau est looong : 9min34. Et donc après 3min40 arrive le pétage de plomb génial. Le grand chamboulement qui vient coller la baffe qu’on n’aurait jamais vu arriver. On croyait avoir bien compris que Windir c’était varié, et toujours en mouvement mais rien ne nous prépare à l’impact émotionnel qu’ont les claviers électros de ce morceau. Les guitares ne sont plus que des textures très éloignées, des artifices inutiles qu’on quitte pour de nouveaux rivages. La batterie devient plus mécanique, mais les dizaines de couches de claviers qui viennent composer ce « Journey » finissent de nous terrasser. On frissonne jusqu’au bout, parce que oui Windir c’est énorme !

L’album en quelques mots :

Varié

Euphorisant

Bourrin

Et parfois doté d’une émotion brute qu’on ne voyait pas arriver.

Bilan : 9/10

Anathema – A Fine Day to Exit

B00005OBRT.03.LZZZZZZZ.jpg

B00005OBRT.03.LZZZZZZZ.jpgAnathema faisait du doom il fût un temps. Clairement révolu, vu ce qu’on a le droit sur cette galette. Un rock qui rappelle un peu Radiohead, un peu Pink Floyd, aussi un peu The Cure par moment. Quelques éléments parfois plus saturés, rappelant leurs élans métal passés, mais c’est accessoire. Bref pas spécialement joyeux, mais prenant.
A Fine Day to Exit est un petit joyau, qui se répète parfois un peu, mais contient certaines des chansons les plus intenses jamais crées. Capables de vous laisser sur les rotules de bonheur, autant que de vous faire pleurer toutes les petites larmes de votre corps.

Pressure : Début d’album planant. Quelques notes au piano, des guitares tout en textures. Et puis la voix gorgée d’émotion de Vincent Cavanagh. Un morceau qui emporte doucement l’auditeur vers un autre univers, l’ouverture idéale d’un album qui se veut immersif, total, et vraiment prenant.
Release : Maintenant qu’on est plongé dans l’univers Anathema, on peut passer aux choses sérieuses (mais ho ! Pressure aussi c’est du sérieux) : Release. Le morceau d’une intensité tellement pure que je ne m’en suis toujours pas remis après des centaines d’écoutes. Ca commence forcément par une routine acoustique qui encore une fois nous fait planer loin au-dessus du quotidien. L’atmosphère se fait de plus en plus dense, pour déboucher sur l’explosion cathartique unique. A 2min30 enfin. Une guitare électrique lâchée, décomplexé, qui s’emporte sur une ligne mélodique qui fait frémir, pleurer, sauter de joie. Impossible de rester de marbre. Ca continue, c’est beau. Mais il reste encore une petite surprise à 4min20. Un solo, enfin dans un genre très particulier. Non pas de la branlette de manche, juste du feeling, qui vole loiiiin au-dessus du reste et ne constitue que la cerise sur le gâteau d’un des plus beaux morceau au monde.
Looking Oustide Inside : Ca commence comme du Radiohead basique. C’est mignon tout plein, mais ça n’a rien de transcendant. Un peu répétitif mais toujours aussi immersif que le début de l’album. On a quand même un peu peur qu’Anathema s’essouffle déjà après un début brillant. Heureusement arrive le refrain tout autant couillu que gorgé d’émotion. Ca n’en fait pas un morceau de la trempe des 2 premiers mais ça se réécoute avec plaisir.
Leave No Trace : Avec des guitares un peu plus saturés que le début de l’album et des sonorités électroniques qui se dégagent dans l’arrière plan, le morceau commence. Pour rapidement laisser place à un couplet acoustique quelque part entre Muse et Radiohead. De facto pas spécialement intéressant. Mais encore une fois c’est quand Cavanagh se lâche sur le refrain que les vrais émotions ressortent. Des lignes vocales qui ondulent et réchauffent le cœur. Et le morceau se termine avec une polyphonie vocale intéressante, sans être non plus inoubliable.
Underworld : Je ne sais pas trop quoi dire de ce morceau vu que je me répéterais avec les qualificatifs utilisés pour décrire le reste de l’album. Pas le morceau le plus marquant, mais toujours d’une sensibilité à fleur de peau qui nous fait revenir souvent pour l’écouter.
Barriers : Bon forcément à force de tirer sur la corde de l’émotion, il faut bien que l’album se morde la queue à un moment où à un autre. C’est pour moi ce morceau le point faible de l’album. On veut insuffler de l’émotion, jouer sur des tempos lents et planants, mais là il manque vraiment le petit trait de génie des autres morceaux. En tout cas celui-ci ne me fait rien.
Panic : Différent et en même temps tout à fait dans le sillage du reste. C’est pour moi le second sommet de l’album avec Release. Le morceau le plus rock, le plus rentre-dedans de l’album. Oui donc pas le plus sensible, mais sûrement un des plus intenses. Le sentiment d’urgence qui dégage la chanson est palpable, l’alarme sonne aux oreilles de l’auditeur. Un appel à vivre. Vite ! C’est maintenant et pas plus tard. Oui c’est la panique, c’est l’urgence, mais c’est beau, et on a envie de se bouger le cul. Là, maintenant.
A Fine Day to Exit : Le morceau titre. Pas celui qui accrochera l’auditeur à la première écoute. Non. Il est bien trop extra-terrestre pour ça. D’une douceur infinie. Déprimant peut-être, mais non en fait. On peut juste y voir de la beauté fragile. Lâché à petites doses, un accord de guitare au fond, la voix qui se glisse doucement hors des écouteurs, des sons planants, une batterie quasi absente. Jusqu’à la 3ème minute ou le morceau s’emballe. Oui et non. Bien sûr le rythme devient un peu plus martelé, la batterie apparaît et la voix se fait plus puissante, mais le sentiment dégagé est le même. Ce n’est pas parce que c’est plus puissant que le morceau perd de sa fragilité de chaque seconde.
Temporary Peace : Et le final. Le dernier morceau planant. Rien de bien neuf à décrire, mais c’est toujours aussi beau. Une conclusion tout à fait appropriée.
A noter que cela finit après le morceau par une longue plage de bruits de mers, et visiblement un délire un peu bourré des gars d’Anathema qu’on entend indistinctement. Et puis une chanson cachée totalement anecdotique, pas bien intéressante.

L’album en quelques mots :

Intense

Planant

A fleur de peau

Bilan : 8.5/10