Kaamelott en DVD

Quand Alexandre Astier réalisa Dies Irae il y a quelques années, se doutait-il du phénomène que deviendrait l’adaptation de son court métrage en microformat sur M6? Qu’il réussirait à éditer, non pas un Best Of, mais bien l’intégralité de la série en DVD? Qu’on lui proposerait un prime-time et sans doute un long métrage pour le cinéma? Pas plus que nous autres, chez ZoC Radio, ne nous doutions que Welf rachèterait TF1 et que POC serait un jour maître du monde… [[Ah, on me fait savoir dans mon oreillette que les négociations pour acheter TF1 n’ont pas encore abouti, et que donc, officiellement, nous n’avons pas l’intention de les racheter.]]


Bruno Solo s’était levé du bon pied, le jour où il a choisi Alexandre Astier et son roi Arthur pour remplacer Caméra Café sur M6. Dies Irae, le court métrage dont est tiré la série, était pourtant relativement obscur (sauf pour les Lyonnais), d’un niveau comparable à un Apostasis de chez Cheapmovies, et notre ami Overzaz n’a pas été sollicité [[Ou alors, il a omis de nous le dire, ce petit cachottier!]]. Seul un terrain favorable suite au succès récent de films à ambiance médiévale (fantastique ou non) permettait d’imaginer que la série rencontrerait son public. Pour le reste, c’était un pari.

Le succès a été quasi immédiat, malgré une levée de boucliers de la part d’une frange de fans des Monty Pythons estimant que tout avait été dit dans Sacré Graal et que le reste ne pouvait être que plagiat. Ce n’est pourtant ni la même façon d’aborder les légendes arthuriennes, ni le même format, ni le même humour. Côté anglais, un absurde poussé à l’extrême, des dialogues joyeusement insensés et des vaches qui volent. Côté français, une vision décalée des héros montrés dans leur vie quotidienne [[Sur ce point, on est d’ailleurs tenté de penser au Disque-Monde de Terry Pratchett, où des héros très humains, bien que caricaturés, sont mis en scène dans un monde fantastique. Arthur a quelque chose de Vimaire, parfois.]], un Arthur dépassé par les événements, et des anachronismes soigneusement dosés. On peut aimer à la fois Sacré Graal et Kaamelott, ou seulement l’un, ou seulement l’autre, mais il ne sert à rien de vouloir les comparer.

Et voilà que l’on peut retrouver le Livre I de Kaamelott en DVD un peu partout. Et maintenant, le Livre II aussi, sur le même format. Deux options: soit deux DVD de 50 épisodes chacun à acheter à l’unité, soit un coffret avec un troisième DVD de bonus et un format luxueux ouvertement repompé sur les présentations du Seigneur des Anneaux.

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Il semble d’ailleurs que le coffret luxe commence à être épuisé un peu partout. On se croirait chez Naheulbeuk!

Comme il s’agit de l’intégrale (intégraal?) et non pas du meilleur de la série, c’est finalement très inégal. Même au niveau du son, d’ailleurs. Le DVD 1 que j’ai acheté a des problèmes de volume sonore, plus ou moins fort d’un épisode à l’autre. Pour le reste, outre la joie de voir des épisodes qu’on avait ratés (on a tous raté au moins un épisode malgré les rediffusions), on retrouve avec plaisir une équipe d’acteurs qui jouent leurs personnages avec une rare conviction. Je me demande encore comment fait Franck Pitiot pour débiter les tirades de Perceval avec un tel mélange de tchatche et de stupidité. Une sacrée performance.

Néanmoins, voir un DVD en entier d’une seule traite s’apparente à un marathon. A raison de 3 minutes par épisode, ça fait quand même 2h30 de Kaamelott, soit le double de la durée d’un Sacré Graal, par exemple… Il vaut mieux regarder les sketches par paquet de 10 pour éviter de s’en lasser. Ensuite, on peut jouer à deviner lesquels ont été tournés dans la même session: tous ceux où Alexandre Astier a un cocard à l’œil gauche sont les plus faciles. Sinon, il faut se fier aux coupes de cheveux.

Mon point de vue: à réserver aux grands fans de la série.

Pour eux et pour les autres, le livre III a été diffusé une bonne partie de l’année sur M6. L’intrigue commence à devenir plus tendue, Lancelot s’engueule une fois de trop avec le roi et fait savoir qu’il aime Guenièvre… Le tout à raison de trois épisodes du lundi au vendredi, avec rediffusion le samedi à 18h15.

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