The Longest Nite

Ayant appris la sortie (enfin !) en DVD zone 2 du plus grand polar hard-boiled qui soit, je me devais d’en parler.


Un petit résumé tout d’abord.

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La guerre des gangs à Macao fait rage. Mr K et Mr Hung (deux parains rivaux) tentent de se rapprocher pour mettre fin au conflit, et créer un gang puissant face à Mr Lung, un homme mystérieux qui n’habite plus à Macao depuis 10 ans mais qui continue à trer les ficelles dans l’ombre.
Une rumeur se répand comme une trainée de poudre, comme quoi Mr Hung aurait mis un contrat sur la tête de Mr K malgré la tentative de rapprochement.
Sam, un flic corrompu, doit donc tout mettre en oeuvre pour qu’aucun tueur à gages appaté par le gain ne se mette en travers des négociations.
Arrive à Macao un chauve mystérieux avec un sac Adidas sur l’épaule…

Scénario basique de guerre de gangs comme on en voit tant à hong-kong. Le film dévoile progressivement une intrigue beaucoup plus touffue et dense qu’elle n’en a l’air.
Beaucoup appellent « The Longest Nite » le Usual Suspects hong-kongais.

On est donc plongé l’espace de 24h, et surtout une nuit sans fin, dans un Macao moite et survolté. Une tension qui nous prend dès les premières secondes pour ne plus nous relacher jusqu’à sa conclusion, 1h20 plus tard.

Réalisation miunutieuse qui ne laisse pas un insant de répit, et acteurs absoluments parfaits en contre-emploi :
Tony Leung Chiu Wai, connu en occident pour ses rôles classieux et nobles dans les films de John Woo et Wong Kar-Waï est ici corrompu jusqu’à l’os, toujours transpirant et inquiet.
Lau Ching-Wan, un des derniers grands géants n’ayant encore jamais cédé à Hollywood (avec Francis Ng), connu généralement pour des rôles de gentils flics, ou dans des comédies sentimentales à la cantonaise, est ici simplement terrifiant.

Les scènes cultes s’enchainent :
Lau Ching-Wan menacé par l’arme d’un flic au volant d’un taxi, en levant les bras à 100km/h dans les rues de Macao.
La scène pivot de la gare.
Le duel final sur thème de miroir.

La musique est parfaite bien que parfois pompé sur des thèmes connus (Midnight Express), et retranscrit bien cet univers urbain corrompu.

Joyau noir du polar hard-boiled (dur à cuire), The Longest Nite fût réalisé en 97 par Patrick Yau poulain de la Milkyways (boite de production de Johhnie To).
D’ailleurs officieusement les rumeurs disent que la paternité du film serait plutôt à chercher du côté du producteur Johnnie To justement (connu en France pour son polar fun et classe : The Mission). Les productions Milkyways ayant toujours une paternité un peu floue.

En bref, un film indispensable. Renfermant en son sein toutes les obsessions du polar noir, et les faisant voler en eclat dans un maëlstrom de sensations.

Et il sort enfin en DVD en france le 8 septembre sous la bannière HKvideo (un gage de qualité).