NIFFF (Neuchâtel International Fantastic Film Festival)

Alors voila, j’ai passé 2 jours en Suisse, et au festival de Neuchâtel. 8 films en 2 jours c’est fatigant mais on retiendra pas mal de bonnes choses.


Donc voici un résumé des films que j’ai pu voir, et une petite critique pour chacune :

The President’s Last Bang de Im Sang-soo (2005)

8/10

Prenant pour sujet la réelle tentative de coup d’état en 79, du chef de la CIA sud-coréenne, sur le dictateur regnant.
Le film prend le ton de la satire et use d’un humour pince sans-rire qui fait souvent mouche. Le ton est léger, mais le sujet assez grave car traitant de la situation de dictature enduré par la Corée du Sud pendant près de 20 ans.

On a le droit ici autant à un thriller politique qu’une satire sur le pouvoir.

Des acteurs parfaits et une réalisation très classieuse (tout en mouvements de grues coulés et fluides). Et on a le droit à un vrai bon film.

Ab-normal Beauty d’Oxide Pang (2004)

3.5/10

Je ne vais pas m’apensantir dessus. Le film est mauvais.

Pour ceux qui ont vu Tesis (thriller génial d’Alejandro Amenabar, réalisateur de « Les Autres » et « Ouvre les Yeux »), imaginez-vous le même film… mais en mauvais.

Une réalisation clipesque sans queue ni tête, qui utilise une musique pompeuse et tonitruante pour souligner le moindre élément mystérieux du film. Des acteurs vide de toute émotion. Un scénario peu impliquant et très très mal équilibré. Un final grand-guinollesque con-con.

Bref, passez votre chemin y’a rien à voir (si, 2 scènes en fait sont bien foutues, mais c’est tout)

Izo de Takashi Miike (2004)

euh… 0/10 ou peut-être 10/10

Personnelement je penche vers le 10/10, tellement j’ai pris mon pied devant cet ovni filmique.
Mais autant mettre en garde, les 3/4 de la salle ont détesté au plus haut point ce bouillonement ciné sous hallucinogène.

Izo, un samouraï crucifié de son vivant, ressucite en esprit vengeur et décide de tout detruire sur son chemin.
Voila pour la trame, qui ne s’eclaircit pas d’avantage. Le film étant un enchainement de saynètes, où Izo pille, tue, viole et « reflechis » parfois sur le sens de sa vie.
Ca pars dans tout les sens, et il y a au moins une idée débile à la minute. Izo allant jusqu’à violer Mère Nature…
Les scènes de bastons gores sont entrecoupés par des dialogues pseudos métaphysiques qui oscillent entre la philo de comptoire et le film de cul.
exemple : « Est-ce ça la mort ? ai-je réellement existé ? »
ou encore « Ta grotte était bien confortable, mais elle puait. »

Un grand portnawak jouissif qui risque d’irriter au plus haut point énormément de spectateurs.

Seul bémol pour moi, 2 heures c’est vraiment trop quand on a au fond pas grand chose à raconter. 30 minutes de moins et ce serait le psycho-trip parfait.

Marebito de Takashi Shimizu (2004)

6.5/10

Juste avant le remake américain qu’il a réalisé de son propre film (The Grudge, aka Ju-On) Shimizu réalisa ce film de terreur underground, avec Shinya Tsukamoto dans le rôle principal (le réalisateur de Tetsuo, Tokyo Fist, ou encore Bullet Ballet)

Un peu fatigué, je n’ai pas bien tout suivi, mais je me suis laissé bercer par cette ambiance etrange et envoutante. Pas du tout terrifiante (un peu déçu sur ce point, vu que le film traite tout de même de la terreur absolue).

Un vidéaste amateur fasciné par l’image de la peur cherche ses réponses dans les sous-sols labyrinthiques de Tokyo, pour trouver un femme nue et muette, pas vraiment muette. Il l’élève chez lui, ne sachant pas s’il doit la traiter comme un humain ou un animal, la femme étant clairement quelque chose de tout autre. Se nourissant de sang.

Un peu déçu, car les premières critiques autour du film laissait présager un film d’horreur nihiliste et unique. Mais on a quand même droit à un joli conte macabre qui berce son spectateur dans une douce ambiance de terreur indicible.

Pisaj de Matthew Sakdhiweerakol (2004)

5/10

Un film de maison hanté horriblement cliché. (voix caverneuse qui fait MWUHAHAHAHA au téléphone inclus).

20 minutes bien gérés et plutôt intéressantes quand les 2 héros se retrouvent coincés dans l’usine. Mais sinon c’est limite comique.
Une scène de terreur insuportable où l’enfant refuse de manger son plat de viande… omondieu…mais quelle horreur. Avec la musique inquiétante à l’appui pour bien qu’on se sente obligé de ne pas trop rire.
Et le final du film tombe dans une faute de gout qui fait plus rire qu’autre chose.

M’enfin, y’avait quelques points intéressants qui évitent le film d’être une vraie merde.

Godzilla Final Wars de Ryuhei Kitamura (2004)

7.5/10

Ultra-fun et ultra-con. Vous pourrez juger vous même, le film sortant le 31 aout en France.

Un grand et joyeux bordel, ou des humains et des mutants se battent contre des méchants extra-terrestres, pendant que Godzilla rétame la gueule à tout les monstres géants de la terre.

Entre Don Frye qui prend la pose, Godzilla qui fait des prises de catch à 3 monstres en même temps, un mutant utilisant sa moto comme batte de base-ball, et un méchant en latex qui cabotine à mort, on a pas le temps de s’ennuyer.

Certainement pas le film de l’année (vraiment trop con et poseur par moment) mais définitivement un délire à voir.

Un poil en dessous de Versus (bien que pas aussi chiant dans ses scènes de dialogues), mais un poil au dessus d’Azumi.

A noter une scène où Godzilla prend sa revanche en brulant vif son homologue américain.

Karaoke Terror de Tetsuo Shinohara (2004)

9.5/10

Alors celui là c’est LA surprise du festival pour moi.

Je ne m’attendais à rien, vraiment. N’ayant jamais entendu parlé du film, et choisissant la séance un peu au hasard. Je me suis retrouvé devant une comédie noire proprement jouissive.

Une bande de jeunes affronte une bande de « femmes d’un certain âge » (Middle Aged Women dans les sous-titres anglais rendait mieux, mais bon) dans une escalade de violence aussi débile que rejouissante.
Les scènes cultes s’enchaine et on rigole énormément. Les scènes de comédie s’alternent avec de grands moments de gore burlesque. Vivement une sortie en France.

Zebraman de Takashi Miike (2004)

8/10

L’autre film de Miike présenté en festival. (sachant que le gars à réalisé une quarantaine de films en 15 ans…)

Beaucoup moins déroutant que Izo. Pourtant pas plus consensuel.
Mais Miike surprend en s’attachant enin émotionnelement à ses personnages (c’est pas du Ichi the Killer, du Audition, ou du Izo justement), et on prend en pitié ce pauvre professeur looser qui se prend pour Zebraman, héros de série de son enfance.

Le film est attachant, mais étant toujours du Miike, on a toujours le droit à des scènes de grand n’importe quoi. Entre la scène imaginaire de la Zebra-Nurse qui fait repousser les bras amputés grâce à sa seringue, ou le final ou Zebraman signe d’un grand « Z » le front du méchant alien de la taille d’un immeuble.
Zebraman se battant contre de extra-terrestres au design des plus cartoonesques.

C’est fun, c’est mignon, c’est surprenant pour du Miike. Bref c’est à voir pour passer un bon moment.

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Voila, voila…

Mon compte rendu est fini, et voila mon classement des films vus :

1/ Karaoke Terror

2/ Izo (aurait pû être premier si il durait 30 minutes de moins)

3/ The President’s Last Bang

4/ Zebraman

5/ Godzilla Final Wars

6/ Marebito

7/ Pisaj

8/ Ab-normal Beauty