Carri porc ou poulet

Le carri [[Ca peut aussi s’écrire cari, ou carry, mais dans tous les cas, ça n’a rien à voir avec le curry.]] est le plat le plus emblématique de la cuisine réunionnaise, qui se situe grosso modo au carrefour des gastronomies africaines et asiatiques, avec tout ce que cela implique au niveau de l’utilisation du riz et des épices. La recette qui suit est ce qu’on peut trouver de plus simple pour faire goûter à vos amis des saveurs authentiquement créoles [[Le carri crevettes ou le coq massalé sont un peu plus compliqués à faire, quant aux bichiques, on ne les trouve pas dans le commerce en métropole.]]. A déguster après avoir savouré un punch réunionnais et avant de prendre comme digestif un petit rhum arrangé…


Avant d’aller plus loin, quelques explications tout de même: le carri est un ragoût utilisant les saveurs de la tomate et du gingembre pour relever le goût de la viande. Pour être traditionnel jusqu’au bout, il convient de le manger avec du riz blanc, des « grains » (féculents, typiquement des haricots rouges ou des pois du Cap), des « brèdes » (légumes verts type épinards), et une sauce-compote très pimentée appelée « rougail » [[A ne pas confondre avec le plat qu’on appelle rougail, qui se rapproche beaucoup du carri, d’ailleurs…]]. Mais on peut très bien se contenter du riz seul comme accompagnement. Si possible du vrai riz chinois ou thaï.

Ingrédients pour 6 personnes

– De la viande, évidemment. Au moins 800 grammes de porc (une caissette de « morceaux pour fondue » fera parfaitement l’affaire) ou un poulet à chair ferme que vous découperez en gros morceaux avant de le faire cuire. Prévoyez idéalement un bon 150g de viande par personne. Tant pis s’il en reste, le carri se réchauffe très bien.
– Une boîte de tomates entières pelées (environ 400 grammes).
– Un peu d’huile.
– Un ou deux beaux oignons.
– Quelques gousses d’ail (perso, j’utilise de l’ail haché surgelé).
– Du gingembre (traditionnellement, du gingembre frais râpé, mais du gingembre en poudre convient très bien pour ce qu’on a à en faire).
– Une petite poignée de gros sel.
– Du curcuma (le « safran du pauvre »).
– Du thym.
– Un petit verre d’eau (10 cl environ).
– Quelques épices à votre convenance, si ça vous dit (je mets toujours un peu de massalé, mais encore faut-il en avoir).

Vous noterez que tous ces ingrédients peuvent se trouver sans trop de difficultés dans votre (super)marché habituel.

Allons fé nout’ carri oté! [[Ne cherchez pas l’insulte cachée, il n’y en a pas.]]

– Versez un peu d’huile dans le plus gros plat allant au feu dont vous disposez (votre cocotte-minute ira très bien). Quand l’huile est bien chaude, mettez vos morceaux de viande à cuire, en esquivant autant que possible les éclaboussures d’huile brûlante.

– Pendant la cuisson, pilonnez ensemble le gros sel, l’ail et le gingembre. Pour le gingembre, n’hésitez pas à mettre la dose [[Toutes proportions gardées, évidemment. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne faut pas se contenter de vaguement saupoudrer comme vous le feriez sur une grillade (oui, je saupoudre mes grillades de gingembre, et alors?)]]. C’est ce qui donne le goût au plat.

– Allez touiller un peu vos morceaux de viande et attaquez-vous à l’épluchage, puis au découpage en petites lamelles, de vos oignons. Ou, mieux, faites faire cette tâche ingrate par un grouillot si vous en avez un sous la main.

– Quand la viande vous semble à peu près cuite, ajoutez le mélange sel-ail-gingembre dans la cocotte, et mélangez bien.

– Une ou deux minutes plus tard, balancez les bouts d’oignon et continuez à mélanger.

– Quand le mélange vous semble correctement homogène, allez chercher votre boîte de tomates, ouvrez-la et versez l’ensemble de son contenu dans la cocotte. Remélangez un peu, de temps en temps, jusqu’à ce que les tomates aient commencé à fondre un peu.

– Ajoutez un peu de thym et une pincée de curcuma (pour la couleur). C’est le moment de mettre vos autres épices si vous en avez envie. Versez un petit verre d’eau, retouillez un grand coup, baissez le feu et allez vous occuper de votre riz [[Ne rêvez pas, je ne vous expliquerai pas dans cette recette comment on fait cuire du riz. Si vous craignez de mal vous y prendre, le plus simple est encore d’avoir une cocotte automatique, dite en réunionnais « marmite à riz », en vente dans tous les supermarchés asiatiques et dans certains hypers traditionnels. Avez ça, le riz n’est jamais raté. Ou alors, il ne vous reste plus que l’euthanasie.]].

– Laissez mijoter une bonne demi-heure. N’oubliez pas de revenir touiller de temps en temps.

– Servez chaud (je ne m’embête pas, je sers directement dans le récipient de cuisson). Prévoyez une louche pour la sauce. Vous n’avez plus qu’à vous servir dans les proportions qui vous conviennent et à vous régaler.

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