Les Croisés de l’espace

Imaginez un instant un cross-over douteux entre un film de chevaliers des plus cheap et un film de SF fauchée…
Vous n’êtes pas loin de la vérité!


Soyons francs dès le départ, Les Croisés de l’Espace est un film qui assume sa nanardise et son deuxième degré.
Parce que le scénario ne peut avoir écrit que par un allemand sous acide[[effectivement, il est réalisé par deux allemands et produit par Roland Emerich. Mais il y a des acteurs anglo-saxons dedans, à commencer par John « call me Gimli’ Rhys-Davies]].
Dans un comté anglais, au moment où un messager[[unijambiste et poursivi par des sarrasins]] vient annoncer la prise de Jérusalem par les sarrasins dont j’ai parlé dans la note précédente, un vaisseau spatial se pose devant le château. Evidemment, les ET se font massacrer, sauf un, et les anglais décident de se servir du vaisseau pour aller plus vite Jérusalem pour une bonne petite croisade.
Evidemment , leur otage ramène le vaisseau sur sa planète natale. Le Moyen-Âge rencontre de plein fouet une technologie supérieure… pour le meilleur et pour le rire.

Si le scénario est à peu près sérieusement écrit n’importe commnt, le reste…
Le extra-terrestres puent le latex. Imaginez un masque de Hellboy qui aurait rétréci au lavage, et mettez-le sur la tête de Passe-Partout[[oui, le nain de Fort Boyard]]… On comprend pourquoi ils ont tendance à mettre des armures en acier-latex quand ils se battent…
Leurs armes sont des espèces de tubes en carton sous lesquels on aurait collé un demi-accordéon pour faire chargeur.
Quant aux humains… La scène de mariage du début a réussi à réunir une petite centaine de figurants, mais c’est seulement parce qu’on a dû leur promettre de la bouffe. Sinon, le film traine avec en tout et pour tout 8 personnes, plus le perchman qu’on a récupéré quan on s’est aperçu qu’il y avait besoin d’un pigeon pour le stratagème final.
Leur jeu est juste assez mauvais pour que les doubleurs qu isurjouent[[désolé, il n’y avait que le VF… pour 1.50€ chez Surcouf, on n’allait pas avoir beaucoup plus]] aient l’air de bien coller avec la voix originale. D’ailleurs, le DVD était tellement cheap qu’ils n’ont même pas sous-tité les extra-terrestres quand ils parlent dans leur langage qui ressemble à de l’allemand téléphonique dans une pièce où tourne un mixer.
Ce qui ne poserait pas (trop) de problèmes si ces dialogues n’occupaient pas un bon quart du film.

Le fan du médiévisme primaire regrettera le sous-emploi de la paire de bourreaux, pourtant affublés des diminutifs proetteurs de Dave et Goly.
Les autres personnages sont au cotraire caricaturaux à souhait: le seigneur qui pense plus à guerroyer qu’à s’occuper de son épouse[[merde, l’amour courtois, ce n’est pas fait pour les petits chiens]], le chapelain (John ‘Gimli’ Rhys-Davis), un peu plus cultivé (et doué pour les langues étrangères[[non, le bragouinage des extra-terrestres n’a rien à voir avec le latin]]) mais tentant d’évangéliser à temps et à contre-temps,
le capitaine de la garde à peine plus dégrossi que le cheval qu’il n’a pas, le français obsédé, pleutre et beau parleur…

Au final, un film qui vaut à peine plus que l’euro 50 qu’on dépense pour acheter le DVD, mais qui ne dépare pas une collection nanarde du 2° degré, entre 9 ninjas 1/2 et …[[ici, je vois plein de films volontairement pourris, mais ils ont tous trop de budget]]

Mise à jour: suite à un imposant courrier de lecteurs, je précise que ce film serait l’adaptation d’un livre intitulé Les Croisés du Cosmos, de Poul Andreson. J’espère juste que le bouquin est meilleur…