Sentaï School

Est-ce un oiseau? Est-ce un avion? Non, c’est Sentaï School, la plus déjantée des BD de super-héros!
_ Imaginée par deux jeunes auteurs français, Philippe Cardona et Florence Torta, cette série drôle et atypique marie avec bonheur les univers manga, comics et franco-belge. A mettre entre toutes les mains, absolument.


La Sentaï School est une école pas comme les autres. En effet, sous la houlette du héros national japonais Ultraman, des professeurs issus des plus illustres BD et dessins animés de notre enfance y forment des adolescents destinés à devenir les héros de demain. La machine semblait bien huilée, jusqu’à l’entrée en scène des héros de la série, pleins de bonne volonté, mais gaffeurs et indisciplinés.

Petite parenthèse culturelle.
_ On peut être héros de diverses façons, mais comme son nom l’indique, cette école-ci fait dans le sentai [[A ne pas confondre avec le hentai… Désolée, c’était trop tentant.]]. Concept popularisé en Occident par Bioman et honteusement dénaturé par les Power Rangers, un sentai est un « escadron d’élite » voué à sauver la Terre, et composé dans 99% des cas de cinq jeunes gens aux uniformes colorés. Des personnages récurrents, les « strikers », peuvent éventuellement les aider dans leur tâche. [[A ce sujet, notons que le Silver Mousquetaire de France Five n’est pas un vrai striker. C’est le vrai héros de l’histoire. Les cinq autres ne servent qu’à le mettre en valeur.]]

Les héros de Sentaï School sont donc au nombre de cinq. Cinq garçons plus ou moins dans le vent, qui comme dans toute bonne série, ont chacun leur couleur.

Dans l’ordre d’apparition, on découvre donc:
Ken Eraclor (force bleue), enfant-robot abandonné par son créateur, qui a tout à découvrir et joue donc le rôle de l’ingénu.
_ Citation: « Qui diable êtes-vous? »
Tôa Girara (force rouge), joyeux, bon vivant, passionné par la nourriture, mais sans doute le plus raisonnable de la bande.
_ Citation: « Il ne te reste pas un petit truc à manger? »
Keiji Jasper (force rose), accro à tout ce qui est mignon, et débordant d’enthousiasme à un point presque désespérant.
_ Citation: « J’ai fait une maison pour les madames souris! »
Hongô Wing (force noire/striker argent), viril, ténébreux et plus remonté contre les forces du Mal que n’importe quel paladin.
_ Citation: « Sur la piste de Xapatan… »
Duke (force jaune), dit « le beau », toujours calme, qui porte un gilet à franges par-dessus son uniforme et aime jouer de la guitare sous un arbre.
_ Citation: « Pour l’amour des oiseaux et des fleurs. »

A ce groupe d’origine s’ajouteront par la suite Chibi Goldo, Guy le rebelle, Kôji le « plus que tout le monde », Bibi la timide et Tofu le milliardaire. Plus une pléiade de personnages secondaires que l’on peut s’amuser à reconnaître entre amis. Car vous ne rêvez pas, tous les personnages de Sentaï School caricaturent soit un archétype de héros, soit un héros précis comme Judoboy ou Lady Oscar [[Tu as vu, Donric, je n’ai pas dit « c’est super parce que y’a Albator! »]]. Si bien que la chasse aux références est un des sports favoris des lecteurs.

Mais il serait fort réducteur de ne considérer que cet aspect. Une fois tout ce petit monde mis en place, malentendus et quiproquos le disputent à la parodie pour faire de Sentaï School une des BD les plus drôles que je connaisse. Les gags sont très efficacement mis en valeur par le dessin de Philippe Cardona, à la fois dynamique et tout en rondeurs. Et bien que la vie des héros ne soit jamais en danger, il y a parfois un joli suspense…

A l’instar des manga auxquels on ne peut s’empêcher de la comparer, la série est en noir et blanc, mais il y a quand même quelques belles illustrations en couleurs, comme cette célèbre photo de classe.

lithocolor.jpg

Bref, lisez Sentaï School, il vous en restera toujours quelque chose!
_ Bad is good!