Consign to Oblivion

Le 21 avril dernier est sorti dans les bacs de toutes les bonnes crémeries (et aussi de certains magasins pompeusement appelés « fournisseurs de produits culturels »[[un terme plus adéquat serait « fournisseurs de produits sous-culturels, plus quelques bons trucs, mais il faut fouiller »]]) le nouvel (et deuxième) opus d’Epica, intitulé « Consign to Oblivion »


Alors, évidemment, sur ZoC Radio, on est tombé sous le charme de ce groupe[[enfin plus particulièrement de la chanteuse rousse: Simooooooooooone]] au moment de la sortie de leur 2 Meter Sessies[[Pour ceux qui ne savent pas (j’en faisais partie jusqu’à ce que j’achète le CD), les 2 Meter Sessies, c’est une sorte de MTV Unplugged du metal, organisés dans un studio hollandais]] We Will Take You With Us. Et on attendait la sortie de leur deuxième album[[le premier n’est pas le 2 Meter Sessies, mais The Phantom Agony. On n’a tout de même pas investi, vu que le premier était composé des morceaux du second…]] en piaffant[[non, pas en bavant]], mais aussi avec un peu d’incertitude. Comment ce groupe passerait-il du statut de « petit groupe qui monte » à celui de « groupe phare »[[oui, un 2 Meter Sessies, ça vous pose tout de suite un groupe…]].

Et bien à mon avis pas si mal que ça.

Qu’on ne s’attende pas à une révolution. Epica reste Epica, avec ses choeurs[[en fait des choristes allemands qui chantent du aussi du Gospel]], son orchestration et son second chanteur qui grunte. Mais cet album est, à mon avis, bien mieux construit… Je m’explique:

  • Premier contact: la pochette. Une statue précolombienne, visiblement derrière une vitre blindée où l’on peut voir deux impacts. Dans le livret, c’est toujours ce thème précolombien qui sert d’image de fond. C’est bien, ça nous change de l’iconographie habituelle du metal[[qui oscille entre le celtico-magique et le satanico-sanguinolent]], et comme ça au moins, ça ne fera pas peur à mémé quand elle viendra vous rendre visite.
  • Premier morceau. Merde, on c’est trompé, c’est du Dvorak! Enfin non, pas vraiment[[le premier morceau de Consign to Oblivion n’est PAS une reprise de la Symphonie du Nouveau Monde – comme l’ont fait certains autres groupes…]], mais c’est un morceau orchestral pur, avec choeurs, un peu grandiloquent[[ceux qui ont de la culture peuvent se dire « mais on dirait mot pour mot la description d’une intro de Rhapsody ». C’est quand même vachement moins pompier :D]]…
  • le thème. Oui, Epica nous offre un album de facture classique, au sens historique du mot. On va donc avoir un thème principal qui va subir des variations au long de l’album[[rappelez-vous vos cours d’éducation musicale au collège…]]. D’un côté, ça donne une certaine unité à l’ensemble de l’album, de l’autre, ça peut parfois donner une impression de « déjà entendu ».
  • les morceaux. Mis à part le « détail » ci-dessus, les morceaux sont très bons. Ceux qui comme moi avaient quelques problèmes avec les grunts du chanteur peuvent être rassurés, il le fait beaucoup moins sur celui-ci[[ce que ceux qui les aimaient bien pourront regretter…]]. Mais Simone n’est pas la seule à chanter pour autant, les choeurs sont très (omni)présents, renforçant l’idée d’une construction classique[[en comparaison, on peut prendre Avantasia, qui sous le terme « Opéra Metal » ne contient que des parties de solistes… Pas très opéra, tout ça…]]. Une bonne alternance entre les morceaux rythmés et les morceaux calmes donne un ensemble très écoutable.

Bilan: Un CD qui ne révolutionne pas la musique, qui ne révolutionne pas le style du groupe, mais qui s’écoute avec plaisir. Pour le néophyte, il présente l’avantage de ne pas être aussi graphiquement repoussant[[ne rigolez pas, ça a longtemps été un gros frein pour poi, et aujourd’hui encore, j’hésite à acheter un CD de metal dont la couverture me déplait fortement…]] que la majorité de la production actuelle. C’est aussi un bon moyen de faire découvrir le style à votre voisin qui ne jure que par Smetana, Wagner et Grieg[[notez-bien, la découverte peut marcher dans les deux sens :D]]