The Secret World

Cela fait à peu près deux ans et une vidéo cryptique que Funcom avait attiré l’attention des ZoCiens sur son futur bébé, un jeu à base de sociétés secrètes, d’horreurs indicibles, de vampires et de zombies. Deux ans plus tard, l’attente est enfin finie, et nous avons pu jeter un œil à la bête. Impressions.


Nous ne sommes pas ici dans un mauvais roman de Dan Brown… Le premier contact avec l’officier de permanence nous fait sourire, et laisse déjà entrevoir ce que va être la suite du jeu : Oui, tout est vrai, les sociétés secrètes dominent le monde et l’horreur est à notre porte, mais il n’est pas question de perdre le sens de l’humour (même chez les Templiers, c’est dire). Avant cela, nous avons vite fait été projeté dans une réminiscence de l’Incident de Tokyo (voir plus bas) pour nous mettre dans le bain, et après, c’est l’univers du monde Secret qui s’ouvre à nous…

La bande-annonce de lancement de The Secret World

Un peu de background

L’univers de TSW est un monde comme le nôtre, mais où des forces démoniaques sont à l’œuvre, en secret jusqu’ici, et viennent de faire irruption en plein jour à différents endroits de la planète. L’Incident de Tokyo [[un événement qui a lieu trois semaines avant le début du jeu]] est l’une des premières manifestations de ces forces, dans le métro japonais, mais le monde entier est menacé. Zombies en Nouvelle-Angleterre, vampires en Transylvanie, momies en Egypte… Face à ce péril, trois sociétés secrètes ennemies, les Templiers, les Illuminati et les Dragons, vont devoir s’unir, tout en luttant en sous-main pour acquérir la mainmise sur les trésors que peut leur offrir ce monde secret.

Prise en main

Passé l’écran (sommaire) de création de son personnage, on se retrouve aux prises avec une gestion classique de son personnage. L’interface, simple et épurée, est cependant parfaitement fonctionnelle, et les compétences, accessibles en bas de l’écran, sont immédiatement compréhensibles par la personne qui a touché un minimum à un jeu vidéo. On pourra reprocher une certaine raideur dans les mouvements, et une façon un peu bizarre de sauter ou de se tenir (mon personnage avait un déhanchement bizarre lorsqu’elle tenait son fusil d’assaut au côté…), mais rien d’aberrant.
Du point de vue des compétences, on s’éloigne de la progression classique « je gagne des niveaux pour débloquer mes compétences », le jeu se base sur un système de « points d’actions » que l’on dépense pour débloquer les compétences sur une roue. Les premières compétences de chacune des voies sont peu chères, mais le coût va croissant. De toutes façons, seules 7 compétences actives et 7 compétences passives ne peuvent être équipées à un moment donné, ce qui va pousser les joueurs à se poser la question de leur choix un peu plus intelligemment qu’en gagnant simplement de nouvelles capacités en progressant.

La roue des compétences

L’équipement, lui aussi, rompt avec la tradition du MMO, puisque les habits sont exclusivement cosmétiques. Ne pensez donc pas frimer avec la super-armure de la Morkitu… Les objets réellement investis de « pouvoir » sont des talismans, donc invisibles de l’extérieur, et qui fournissent divers bonus en fonction de leur qualité.

Votre feuille d'équipement

Welcome to the Jungle

Partons maintenant dans le cœur du jeu, la première zone : Kingsmouth, Nouvelle-Angleterre.

La pitorresque ville portuaire de Kingsmouth...

Et on y va comment ?

On passe par l’Agartha, la Terre Creuse, qui contient des portails dimensionnels vers les différentes zones. Si le chemin entre Londres (QG des Templiers) et Kingsmouth était direct, on peut se poser des questions sur la facilité de transport via ce moyen lorsque plus d’une douzaine de zones seront disponibles. Au pire, on peut demander une indication aux golems qui patrouillent sur les branches d’Yggrasil…
Bref, un vortex plus tard, nous voila débarquant en forêt, à quelque distance du bourg de Kingsmouth, malencontreusement victime d’une épidémie de zombies… Et bien entendu, nous n’allons pas tarder à être mis à contribution par le premier humain vivant croisé qui nous enverra tailler notre route à coups de fusil, d’épée ou de boules de feu (oui, il y a de la magie dans TSW) jusqu’à la ville, en nous donnant notre première quête.

Je me demande s'il fait des rimes...

Une quête, dans The Secret World, c’est une série d’objectifs qu’il faudra réaliser, les actions suivantes étant données lorsque l’objectif est atteint. La première est peut-être la moins originale de la ville, mais elle sert un peu de tutorial : on nous demande de tuer des zombies, puis on nous explique les bases des interactions, en nous faisant déclencher l’alarme d’une voiture pour attirer les monstres (et les tuer), puis en nous faisant faire exploser un bidon d’essence pour les attirer dedans… Bref, après trois ou quatre objectifs, la quête est terminée, et l’on peut… utiliser son smartphone pour la valider [[Welf rétorquera que ça existe déjà dans Star Trek Online, mais pour un habitué des MMO med’fant’, ça change la vie…]]. Mais au fait ? Vous aviez remarqué cette voiture accidentée ? Oui, c’est une nouvelle quête, indiquée nulle part, qui vous est proposée lorsque vous cliquez sur la petite icône qui apparait, comme un petit truc de réalité augmentée, sur votre écran.

Cerveauuuuuuuuu

Arrivés en ville, vous pourrez aller vous présenter auprès du sheriff, qui lutte dans son commissariat barricadé contre des hordes de zombies, dans une ambiance à la Left 4 Dead, aller prier à l’église locale, mystérieusement protégée de l’intrusion des zombies, ou filer un coup de main à la petite vieille qui défend son jardin à coups de fusil à pompe. Ou tout simplement décider d’aller remettre cette main coupée trouvée dans la rue dans la tombe à laquelle elle appartient… Le jeu ne vous prendra pas par la main pour vous dire d’aller ici ou là, c’est à vous d’aller chercher les quêtes là où elles sont, c’est-à-dire partout, et sous toutes les formes. D’ailleurs, ne zappez pas les dialogues d’introduction, car ils sont pétris de petits détails savoureux, ni les textes des quêtes, qui vous donneront des indices essentiels pour réaliser vos quêtes (OK, j’ai trouvé le digicode… Mais c’est quoi le putain de code ???).

Shaun of the dead

On savait les développeurs prompts à la référence depuis les premières images des teasers, on en a la confirmation à chaque pas. Outre la toponymie (Kingsmouth, allusion à peine voilée à l’Innsmouth de Lovecraft – d’ailleurs, une rue de la ville porte son nom, et la ville voisine s’appelle Dunwich. Coïncidence ? –, on retrouve une Elm Street et une rue Poe, par exemple), les noms des quêtes sont autant de clins d’œil au fan (« Nightmare on Elm Street », facile, mais toujours efficace, ou » Neither Snow, nor rain, nor zombies », pour une quête FedEx – au sens propre du terme, pour une fois) et les PNJ eux-mêmes distillent avec subtilité allusions et situations cliché, sans jamais qu’on ait une impression de « trop ». Bref, on est mis en plein dans l’ambiance qu’on aimerait trouver à chaque fois qu’on fait une partie de jeu de rôle, sérieuse mais déjantée, sans prise de tête mais captivante…

Une chance pour nous qu'ils ne suivent pas les consignes...

L’ambiance visuelle et sonore contribue également à la mise dans l’ambiance. On se croit sans peine dans une ville dévastée par les zombies, mais aussi envahie par cette brume étrange qui monte de la mer, accompagnée de créatures non moins étranges… Un peu plus loin, on trouvera un skate-park barricadé par un jeune fan de metal (certains beta-testeurs de JeuxOnline ont avoué avoir passé plusieurs minutes à essayer – sans succès – de reconnaitre le morceau craché par le poste…), une casse de voiture ou l’aéroport local, investi par une étrange agence gouvernementale… Et toujours cette sensation du mal qui guette, tapi dans l’ombre.

Brainstorming

Outre les très (trop?) classiques quêtes de récupération d’objets et/ou de tuages de monstres, The Secret World propose aussi au joueur des quêtes plus tordues, qui nécessitent de se creuser les méninges, voire d’aller chercher des informations sur Internet[[autres que la solution directe, bande de petits sacripans]]. Ca commence assez simplement avec un ordinateur dans lequel il faut aller chercher des données. Dans n’importe quel autre MMO (ainsi que dans tous les mauvais films), le code serait découvert dans une ellipse narrative. Dans celui-ci au contraire, il faut trouver le code à l’aide d’un ou deux indices. Quand on ne vous balance pas directement des images pour toute information sur la suite:
Allez, démerde-toi, joueur!

Et encore, je ne vous ai pas parlé du Morse. Si vous voulez un conseil, révisez vos points et vos traits…

Pour toutes ces quêtes, il est souvent utile et parfois même indispensable d’aller chercher des informations sur Internet. Heureusement, le navigateur intégré dans le jeu vous évitera les Alt-Tab à répétition… Certaines quêtes sont d’ailleurs bien tordues, comme Funcom le laissait présager avec ses ARG en teasing du jeu…

Et si je n’aime pas les zombies?

Vous êtes mal barré. Les zombies sont la chair à canon des zones de départ[[les gobelins vont être soulagés, ça les change]], mais le bestiaire est bien plus étendu que cela. Esprits, loup-garous, wendigos, golems, vampires, et même Profonds seront de la partie, et l’on trouvera en vrac des maisons hantées, des vaisseaux fantômes, des cultes indescriptibles, et des cimetières indiens dans les 3 grandes régions (elles-mêmes découpées en plusieurs sous-zones) du jeu.

Il me semble vous reconnaitre... Vous ne seriez pas le fils de...

Et pour ceux qui voudraient se détendre après un bon bain de sang, Londres a des pubs très accueillants…

En vrac, les autres points

Les lecteurs qui sont arrivés jusqu’ici ont bien dû comprendre, le point fort (selon moi) de The Secret World, c’est son ambiance. Ceci dit, il y a aussi d’autres choses qui intéresseront certainement les gens:
– les Compendiums, fragments d’information disséminés dans le monde, qui permettent d’en savoir un peu plus sur l’univers du jeu
– l’artisanat, qui demande de reproduire la forme des objets que l’on veut fabriquer
– le PvP, qui est la raison d’être des factions. Pour l’instant, trois champs de bataille sont disponibles, et accessibles dès le début: les joueurs sont automatiquement boostés au niveau moyen de l’instance.
– des habits cosmétiques, comme dans la vraie vie, en pire. La folie du lancement fait qu’on croise des dizaine de personnages féminins qui risquent la fluxion de poitrine vu le peu de peau couverte.