Robin des Bois (version 2010)

Oui, en 2010, on peut faire un nouveau Robin des Bois sans être convenu: jugez-en plutôt!


Robin s’en revient de la frontière Libanaise, sur laquelle il était casque bleu. Traumatisé par son expérience de l’Intifada et de la guerre entre Israël et le Liban, il n’aspire qu’à la paix et à un potager bien rangé, ainsi que lui a enseigné Sam, son ancêtre jardinier Hobbit.

Hélas, pendant son absence les conservateurs du fourbe Prince Jean se sont emparés du pouvoir. Prétextant une hausse déraisonnable de la dette du Royaume, ils ont titrisé les joyaux de la Couronne, et supprimé la plupart des avantages sociaux durement acquis par la paysannerie prolétaire grande-bretonne.

Robin s’associe alors à Tuck, un born-again télévangéliste américain gay et à Little John, un converti de fraîche date à l’Islam qui émarge à Al Qaida, après un stage à la frontière Pakistanaise.

Ensemble, ils décident de monter un réseau de résistance, pour faire payer la note à la classe bourgeoise exploiteuse des prolétaires.

Ils fomentent des attentats à l’encontre des traders de la City, qu’ils obligent à rendre leurs bonus par la force, avant de les redistribuer en cash à la main d’œuvre immigrée et sans papiers.

Pendant ses campagnes pour la justice sociale, Robin tombe amoureux de Marianne, jeune héritière décadente d’un patron de hedge fund, qui souhaite rejoindre la lutte armée pour l’instauration d’un socialisme réaliste et féministe.

C’est sans compter la fourberie du Prince Jean, qui utilise tous les artifices de la communication télévisuelle pour diaboliser le combat de Robin, et pour en faire un terroriste de la pire espèce, dissimulant ainsi ses propres crimes.

Robin et ses joyeux compagnons réussissent à s’infiltrer dans l’organisation des Jeux Olympiques, et à pirater tous les panneaux d’affichage de Londres dédiés à l’évènement pour diffuser une photo du Prince Jean en train de forniquer avec une prostituée mineure trisomique adoratrice du dieu Pan.

La réprobation générale conduit Jean à partir en Uruguay dans le plus grand secret, tandis que le bon Richard Cœur de Lion, le représentant en camemberts bien connu, fait un retour après une tournée d’étude expérimentale dans les bordels de Bankok. Il est porté en triomphe par la populace avide de revanche sur la classe dirigeante, en promettant de faire le ménage rapidement dans la racaille des financiers arrivistes.

La semaine suivante, Richard fait exécuter Robin par des transfuges du Mossad, et signe un accord avec les principaux hedge funds, pour titriser les pensions de retraite, supprimer le 13, le 12e et le 11e mois de rémunération salariale, et figer les salaires pour 99 ans, tout en exemptant d’impôt les revenus de plus de 100’000 livres. Sa cote de popularité atteint alors 92%. Pendant ce temps, Marianne a choisi librement de porter le Niqab, et elle épouse Little John, avec lequel elle vivra heureuse pendant de longues années.

Tout est bien qui finit bien.