The Miskolc Conspiracy

Depuis S&M, de nombreux groupes de metal ont tenté l’aventure du live avec un orchestre symphonique. Ces derniers mois, ce ne sont pas un, mais deux groupes qui ont sorti un de ces disques. Chronique croisée.

Des similitudes troublantes

Visiblement, chez Nuclear Blast, on aime bien la Hongrie. Les deux CDs ont été enregistrés au Miskolc Ice Hall, avec le Miskolc Symphony Orchestra and Choirs [[amis lovecraftiens, ça n’a rien à voir avec le Miskatonic, pas de chance…]].
Par ailleurs, les deux (doubles) CDs sont construits sur la même architecture: une partie reprenant des morceaux classiques revus et corrigés, et une autre avec les chansons du groupe, accompagnées par les orchestres et les chœurs. Petit bonus avec le CD de Therion, on a droit à un DVD du concert. Un ami faisait remarquer sur un forum que c’était dommage qu’il n’y en ait pas sur celui d’Epica, en faisant référence à celui fait par Within Temptation sur sa tournée Black Symphony [[elle aussi avec un orchestre symphonique en support]]… A mon avis, ça n’aurait servi à rien. L’Ice Hall de Miskolc est une patinoire tout ce qu’il y a de plus banal, et on voit même sur certains plans le tableau des scores… En plus, l’intérêt majeur des DVDs classique (i.e. pouvoir admirer les jolies violoncellistes) est pas mal réduit par le fait que ce sont des allemands barbus et chevelus qui tiennent la vedette.

Première partie: Classique

Dès le programme (oui, quand on parle de classique, on ne dit pas playlist), on sent que les deux groupes ne jouent pas dans le même registre.

IMG_8469.jpgDu côté d’Epica, on va ressortir de grands classiques (le Dies Irae de Verdi, l’Eté de Vivaldi, le Chateau du Roi Sur La Montagne, de Grieg), des extraits de bandes originales de film (Spiderman, Pirates des Caraïbes, et la Marche Impériale) ainsi qu’une paire de morceaux destinés à mettre en valeur la voix de notre Simone préférée (en particulier le Stabat Mater de Pergolese). Bref, rien de très original, ni de très risqué pour le public. Le tout servi par une transcription où le groupe reste assez en retrait par rapport à l’orchestre et aux choeurs.

Chez les allemands, c’est l’inverse. Les deux seules concessions au grand public sont le Dies Irae de Mozart et un extrait de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvoràk. Pour le reste, on a droit à un chœur du Trouvère de Verdi, un morceau d’une symphonie de Saint-Saëns, et beaucoup de Wagner. Et pas la Chevauchée des Walkyries… Dans la transcription également, on sent la patte lourde de Therion. Les guitares sont très présentes, et les chœurs sont très en retrait (un peu trop à mon goût, en particulier sur le Dies Irae…)
_ A ce sujet, on peut voir que certains chroniqueurs n’ont pas écouté le CD avant d’écrire leur article…

Deuxième partie: Metal symphonique

Là, l’auditeur de ces deux groupes rentre en terrain connu. Du côté de la rouquine et de ses amis, qui avaient déjà enregistré un album dans les conditions du live, on va retrouver les principaux morceaux de leurs trois premiers CDs, les envolées lyriques de Simone, les grunts de Mark Jansen… Il faut dire aussi qu’avec une discographie limitée à trois « vrais » albums[[i.e. sans compter le DVD des 2-meter-sessies et The Score]], il n’y avait pas beaucoup d’impasses possibles. Pour cette partie-là, le metal reprend le dessus, mais orchestres et chœurs restent très audibles…

Chez les allemands non plus, on n’a pas cherché à faire dans l’originalité. Dès les trois premiers morceaux, on enchaine Blood of Kingu, Lemuria et Sirius B… Et sur cette partie aussi, je regrette les choeurs trop en retrait, alors qu’ils sont vraiment partie prenante de la musique de Therion.

En conclusion

Fans d’Epica, n’hésitez pas à acheter The Classical Conspiracy. Et vous qui n’avez pas de disque de Simone dans votre collection, c’est sans aucun doute un bon investissement. En plus, le premier CD peut être écouté sans problème devant votre belle-mère.

En ce qui concerne le disque de Therion, j’avoue être un peu plus mitigé. Pas que je regrette mon achat, aimant beaucoup ces croisements musicaux entre le metal et le classique, mais je n’arrive toujours pas à me remettre du sous-mixage des chœurs… Et comme toute l’œuvre du groupe, ce disque est beaucoup moins accessible que ne peut l’être Epica

Epica - The Classical Conspiracy

-# Palladium
-# Dies Irea
-# Ombra Mai Fu
-# Adagio
-# Spider-Man Medley
-# Presto
-# Montagues & Capulets
-# The Imperial March
-# Stabat Mater Dolorosa
-# Unholy Trinity
-# In The Hall Of The Mountain King
-# Pirates of the Caribbean Medley
-# Indigo
-# The Last Crusade
-# Sensorium
-# Quietus
-# Chasing the Dragon
-# Feint
-# Never Enough
-# Beyond Belief
-# Cry for the Moon
-# Safeguard to Paradise
-# Blank Infinity
-# Living a Lie
-# The Phantom Agony
-# Sancta Terra
-# Illusive Consensus
-# Consign to Oblivion

Therion - The Miskolc Experience

Part 1 – Classical Adventures: (44 min.)

-# Clavicula Nox
-# Dvorak: Excerpt from Symphony no. 9
-# Verdi: Vedi! le fosche notturne spotigle from Il Trovatore
-# Mozart: « Dies Irae » from Reqiuem
-# Saint-Saens: Excerpt from Symphony No. 3
-# Wagner: « Notung! Notung! Niedliches Schwert! » from The Ring
-# Wagner: Excerpt from the Overture from Rienzi
-# Wagner: Second part of « Der Tag ist da » from Rienzzi
-# Wagner: First part of « Herbei! Herbei! » from Rienzi

Part 2 – Therion Songs: (66 min.)

-# Blood Of Kingu
-# Sirius B
-# Lemuria
-# Eternal Return
-# Draconian Trilogy
-# Schwartsalbenheim
-# Via Nocturna
-# The Rise Of Sodom And Gomorrah
-# Grand Finale