Star Trek (2009)

Ouf !


«Le prochain film Star Trek sera un reboot de franchise et il sera réalisé par J.J. Abrams, à qui la production a laissé une grande marge de manœuvre.»

Autant le dire tout de suite, l’annonce avait collé les miquettes à une grande partie de la communauté de fans. Le père Abrams [[À ne pas confondre avec le père Abraham de nos soirées étudiantes.]], c’est quand même Monsieur Lost, la série à laquelle on a toujours du mal à comprendre quelque chose après plusieurs saisons. Alors comme beaucoup de monde, j’avais serré les fesses en m’attendant au pire. Comme je ne raffole pas de la série originale et surtout du capitaine Kirk, j’aurais personnellement survécu à un gros ratage, mais ça aurait sans doute sonné le glas de la saga.

Et puis le film est sorti.

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Quelque part dans l’Ohio, dans un bar proche d’un terrain d’entraînement de Starfleet :
_ «Votre père a été capitaine 12 minutes, et il a sauvé la vie de 800 personnes. Je vous mets au défi de faire mieux.»

James T. Kirk est incapable de ne pas relever ce genre de défi. Alors il y va. Il est comme ça. En un peu moins de deux heures de film, on va le voir entrer dans Starfleet sur un coup de tête, monter à bord de l’USS Enterprise au culot, échapper à la mort sur une série de coups de chance, sauver le monde sur un coup de bluff et devenir capitaine à 25 ans, en récompense pour les services rendus et bien que les autorités sachent que c’est un fou furieux.

À vue de nez, ceci pourrait être le résumé d’une préquelle. Mais là où Abrams est très fort, c’est que ce Kirk n’est pas celui que l’on connaît.
_ La scène d’ouverture de ce nouveau Star Trek est en effet un événement qui ne s’est pas produit dans la continuité originelle. Et là où toute l’intrigue de Premier Contact repose sur les efforts de l’Enterprise du futur pour remettre l’Histoire dans les rails, ici, la divergence demeure. Et ce fameux événement qui fiche la grouille trouve son explication dans le continuum Star Trek « classique ». La grande classe.
_ Bref, nous voilà dans une réalité parallèle qui n’est tenue de respecter que les événements décrits dans la série Enterprise, le reste étant tabula rasa avec liberté absolue quant aux suites qui ne devraient pas tarder à être mises en route [[Vu le carton que semble faire le film, ce serait en tout cas logique, n’est-ce pas, monsieur Spock?]].

Ces petits sautillements de trekkie mis à part, que vaut ce nouveau Star Trek?

Eh bien, c’est un film d’aventures bien mené, riche en rebondissements, en action [[Attention, scènes d’action « à la Michael Bay », caméra à l’épaule qui bouge dans tous les sens et file mal au crâne. Ça, c’est moche.]], en émotions même chez Spock, en Kirk qui se prend des mandales et passe son temps suspendu dans le vide, en Simon Pegg qui fait marrer toute la salle rien qu’en levant un sourcil… Un spectateur a dit que c’était exactement le genre de relance qu’il aurait aimé voir dans le dernier Indiana Jones. C’est une production dans l’air du temps, à peu près sans temps mort et dont la réalisation un peu frimeuse risque de vieillir, mais comme le scénario est loin d’être crétin pour un Star Trek, il ne devrait pas se nanardiser avec le temps.

Bref, bon film. Même pour les non-trekkies.

Oph