Monter un NAS – Tuto pour les vraiment nuls

Depuis l’année dernière, le stockage n’a pas diminué, et la barre du tera-octet a été dépassée…


Et ce qu’il y a de bien avec l’informatique, c’est que le coût du matériel diminue de façon drastique. Hier encore inabordables, les serveurs NAS « tout-en-un » atteignent désormais des tarifs fort raisonnables.

Hier encore, Welf vous proposait de monter un NAS pour 400€, plus du sang et des larmes, et aujourd’hui, pour 250€ (hors frais de port), vous avez quelque chose de prêt à l’emploi.

Petit rappel sur ce qu’est un NAS – pour ceux qui n’ont pas lu le topo de Welf

NAS, c’est l’acronyme de Network-Attached Storage, ce qui, pour ceux qui ne maitrisent pas la langue de Shakespeare, se traduit par « stockage attaché au réseau ». Pour faire simple, un disque collé directement sur le réseau et accessible par tous[enfin ceux que vous avez autorisé à y accéder]], indépendamment de l’allumage d’un ordinateur. dans les faits, bien entendu, c’est un ordinateur qui ne dit pas son nom, puisqu’un disque n’est rien qu’un ensemble inerte de plateaux, et que sans un processeur, rien ne bouge. C’est pourquoi l’on peut monter un PC pour servir de serveur NAS, comme Welf l’a magistralement [expliqué.

Bien entendu, de nos jours, on trouve tout un tas de boitiers plus ou moins remplis, plus ou moins intéressants, permettant de créer ces espaces de stockage réseau, branchables sur votre routeur…

Tous les NAS ne se valent pas

On trouve des boitiers NAS de 50 à 1000 euros[[je me suis restreint aux boitiers nus, qui permettent de mettre les disques qu’on veut]], et le lecteur avisé se doutera bien qu’entre le boitier à 50€ et celui à 1000, il n’y a pas grand-chose à voir.

La règle numéro 1 à retenir, c’est: choisissez un boitier qui permet le RAID 1. Le RAID 1 (au risque de faire une redite pour les lecteurs assidus), c’est un système de mirroring : les données sont copiées en même temps sur deux disques, et si un lâche, il suffit de le remplacer, et les données sont répliquées. Idéal donc pour vos photos de vacances, votre projet secret de jeu de rôle médiéval-fantastique, et dans le cas des animateurs de ZoC les centaines de fichiers enregistrés au cours de ces 5 dernières années…

Fort de cette règle, j’ai porté mon choix sur le Linksys NAS200, qui présente les multiples avantages d’accepter le RAID 1, de permettre de choisir la taille des disques à l’intérieur, et d’être peu onéreux. Si vous vous débrouillez bien, vous pouvez trouver le boitier et deux disques de 750Go pour environ 250€ (plus le port).

Aux auvergnats qui pensent réutiliser un disque pour le mettre dans le NAS, sachez ceci: soit vous êtes un barbu qui formate ses disques en ext3, auquel cas on se demande bien ce que vous faites ici, soit vous allez devoir formater le disque. Et quand on formate, on efface les données…

Le montage

est d’une facilité déconcertante: ouvrir la trappe, soulever le système d’éjection, mettre le disque, fermer la trappe. On branche la prise de courant, la prise réseau et… on n’allume pas.

On insère le CD d’installation, qui nous redit la même chose, et nous précise que, lorsque nous démarrons la machine pour la première fois, elle doit s’initialiser. Ca n’est pas dur: ça fait bip, ça clignote, ça fait deux bips, c’est prêt!

L’installation

Est expliquée pas à pas… et plante joyeusement dans la langue de Rabelais. Ca ne casse rien, mais ça n’avance plus à un moment. Pas de panique, il suffit de recommencer en anglais. Le guide de démarrage rapide (en français et sur papier glacé) n’a d’ailleurs pas intégré (et heureusement pour nous) que la langue de Fénelon faisait partie du package, et nous traduit donc toutes les étapes. Rien de bien compliqué, jusqu’au choix du type de stockage.

on vous proposera 4 options:

  • deux disques séparés, qui apparaitront sur le réseau comme deux disques
  • deux disques en RAID 0[je vous renvoie une fois de plus à [l’article de Welf qui explique ce qu’est le RAID 0 et pourquoi c’est dangereux]], qui apparaitront comme un seul disque (en tripping)
  • deux disques en RAID 1, qui est l’option à choisir
  • deux disques en JBOD, qui « fusionne » deux disques sans séparer les données. c’est moins rapide que le RAID 0, mais si un disque lâche, on ne perd que la moitié des données…

Puis on formate les disques, on mappe le disque réseau et voila! Votre NAS est prêt à être rempli!

Les extras

Moyennant un petit utilitaire, votre NAS200 peut aussi servir de port USB réseau. les petits curieux qui regardent le portefolio voient qu’au dos du boitier se trouvent deux ports USB (au final fort mal placés quand votre NAS est installé sous le routeur) qu’on peut utiliser comme un autre disque réseau.

On peut également paramétrer le NAS200 pour être accessible à distance, en passant par un service de DNS Dynamique… utilisez ceci à vos risques et périls…

Il y a aussi un utilitaire de backup, pour sauvegarder les données vraiment importantes sur un ordinateur