Lord of Mushrooms, 7 Deadly Songs

Deux euros. Pas un de plus. C’est ce que j’ai déboursé pour m’offrir cet album édité en 2005 par les Finlandais de Lion Music, label dont je vais finir par considérer qu’il est synonyme de bonne écoutabilité en temps de soldes dans le bac à disques du coin. Deux euros que je n’ai aucunement regrettés à l’écoute de cette relecture fort sympathique de l’inusable thème des sept péchés capitaux. Lord of Mushrooms, comme le révèle le livret, est en fait un groupe français (et même niçois). L’album est quand même tout en anglais, hein.


Ils sont bien, ces petits gars de chez Lord of Mushrooms: dans leur grande classe, ils ont le bon goût de constituer un trait d’union parfait entre mes deux précédentes Chroniques du bac à soldes, puisque leur premier album (éponyme) est sorti chez Musea, le label de Silver Lining, et leur second (7 Deadly Songs, donc) chez Lion Music, celui de Nightscape. On croirait presque qu’ils l’ont fait exprès pour moi. Merci, messieurs.
_ Par ailleurs, Lord of Mushrooms se définit avant tout comme un groupe de rock progressif. Ce ne sont donc pas des métalleux « beuârh dans ta face », ce qui se confirme largement à l’écoute de 7 Deadly Songs.

Premier constat: heureusement, il n’y a pas que sept chansons dans l’album, ce qui serait un peu court. Le concept est un poil plus élaboré que cela. En fait, les sept premiers morceaux racontent chacun une histoire illustrant un des sept péchés capitaux, en commençant par l’Orgueil et en terminant par la Luxure [[Pas petit bras, la Luxure, hein. La chanson est assez gratinée, SM, viol et inceste inside.]], après quoi la suite intitulée Legend, en trois plages dont un instrumental, se charge de donner un sens à l’ensemble. On y retrouve en effet les protagonistes des chansons précédentes, qui se voient offrir une seconde chance après la mort par un roi que l’on devine être le Lord of Mushrooms [[L’histoire ne dit pas si c’est ce conte qui est à l’origine du nom du groupe ou si c’est le groupe qui s’est amusé à s’inventer un personnage éponyme.
_ Edit: en fait, il suffit de demander aux intéressés! La réponse est dans les commentaires et la question n’a plus lieu d’être.]]. Dans l’après-vie, il fait d’eux les gardiens de sept artefacts convoités par les forces du mal (pardon, les Forces du Mal avec des majuscules). Ils se sont tous fait avoir une fois, à eux de prouver que l’expérience les a rendus assez forts pour protéger le monde.

Le niveau d’anglais est bon, malgré quelques tournures un brin maladroites, et la prononciation sans accent français discernable.

Ce qui est intéressant, c’est que chaque morceau a une ambiance bien à lui. Dans une couleur d’ensemble que j’ai vue qualifiée assez justement de « prog-metal propre », on trouve des inspirations oniriques, funky, voire dââârk-burnées, suivant la chanson. On notera d’ailleurs la continuité avec le livret, dans lequel chaque morceau a droit à sa double page dont l’ambiance graphique, différente à chaque fois, colle à la musique comme une synesthésie. Bravo à la graphiste Peggy Pizzadili qui a fait un excellent boulot.
_ Legend, c’est encore autre chose. Les mélodies aussi bien que le choix des canaux pour le synthé ravivent chez moi des souvenirs de Final Fantasy et de Kingdom Hearts. Cette connotation « Square Enix metal » [[Attention, ça n’a rien de péjoratif sachant que je considère le compositeur Nobuo Uematsu comme un génie.]] prend toute sa saveur lorsqu’on apprend que les artefacts que doivent protéger les héros ne sont autres que… des champignons magiques. À ce stade, la vision mentale du jeu vidéo avec coffres, streums et invocations n’est pas loin. Ou celle du space cake si on est plus tordu.

On se doute quand même que le groupe n’a pas carburé aux champis pendant l’enregistrement, car l’ensemble de l’album est techniquement impeccable. Les compos, l’exécution, la qualité du son, tout est nickel. La prestation vocale du chanteur Julien Vallespi [Un beau brun parti depuis dans le groupe Party Under Sexy Skirt, qui présente sur les photos de [son MySpace un faux air de Keanu Reeves assez dérangeant.]], notamment, semble avoir été pas mal saluée par la critique au moment de la sortie de l’album.

Bref, 7 Deadly Songs de Lord of Mushrooms, on aime ou on n’aime pas, mais il y a du boulot derrière et ça s’entend.
_ Allez écouter les quatre morceaux disponibles sur leur MySpace pour vous rendre compte de la chose.

Oph,
_ aventurière du bac à soldes