Nightscape, Symphony of the Night

Encore un album trouvé pour une petite poignée d’euros dans un bac à soldes et acheté un peu par hasard, sur la seule foi de l’illustration sur la pochette: la pleine lune peinant à éclairer un lac et quelques montagnes, rapidement brossés en quelques coups de pinceau. Sorti en 2005 sur le label finlandais Lion Music, Symphony of the night est le premier album d’un groupe de nationalité…

Ahaaa…
_ Je vous donne un indice: Lili, range cette massue.

De nationalité suédoise, bonne réponse! Mais rassurez-vous, Nightscape est un groupe entièrement composé de garçons, il n’y a donc aucune Suédoise à trucider dans l’équipe.


Ils sont jeunes, très jeunes, puisqu’ils ont enregistré leur album à vingt ans à peine. Blonds. Et finalement pas très chevelus pour un groupe qui se revendique « Swedish power metal » [[C’était la minute de persiflage d’Oph, capillophile depuis 1994.]]. Mais ils se débrouillent plutôt bien.

Dès les premières secondes, le ton est posé. Le duo basse-batterie fait « tagada » bien comme il faut, le clavier virevolte le plus souvent en mode « clavecin » entre deux solos de guitare, et le chanteur, magie du studio, fait des polyphonies tout seul pour raconter des histoires de fantômes, de lointains voyages et de combats contre des créatures maléfiques. La suite ne démentira pas cette impression: Nightscape est un digne représentant de la vague de l’epic-tagada à voix claire. Bienvenue dans leur monde, en neuf chansons, un peu de magie, quelques épées et beaucoup d’hémoglobine.

Pour les métalleux purs et durs, le tout a des chances de sembler bien gentillet, mais le groupe ne manque pas de pêche. Techniquement, les instrumentistes ont les doigts bien déliés et le chanteur n’a pas à rougir de son organe [[Sans mauvais jeu de mots. Cela dit, Simon, si tu veux qu’on discute de ton autre organe… just send me an email, right?]]. Bien qu’on sente que le truc a été enregistré rapidement, et aussi que les neuf morceaux passent un peu trop vite [[C’est vrai, quoi: un album de metal dont aucune plage n’atteint les six minutes, vous y croyez, vous?]], Symphony of the Night est un album qu’on prend plaisir à écouter.

Des extraits sont disponibles en téléchargement sur le site du groupe, je ne fais donc pas de montage pour cette fois.

Si je peux néanmoins me permettre une dénonce, je vais être sanglante: le livret est merdique.
_ Indépendamment de l’illustration qui semble avoir été tombée en une demi-heure par un graphiste (certes compétent) pendant sa pause-café, la mise en page a été tellement bâclée qu’en plus d’être moche, l’intérieur du livret reprend trois fois la même chanson (pendant que trois autres passent à l’as). Si on s’intéresse au détail des paroles, on se rend compte qu’elles ne correspondent pas toujours à ce que dit vraiment le chanteur, et pour corser l’affaire, elles sont écrites dans un anglais grammaticalement très approximatif. À se demander si quelqu’un a relu le texte.
_ Le seul truc joli, en fait, c’est la police utilisée pour écrire le nom du groupe. Ça fait un très beau Nightscape.

Carton rouge donc pour le livret. De grâce, messieurs, faites mieux la prochaine fois.

Oph,
_ aventurière du bac à soldes