Concert du Naheulband à Saint Ursanne

Le 30 juin 2007, le Naheulband jouait au « four à chaux », petite salle « indus » située dans le Jura Suisse, dans le cadre idyllique de la petite ville médiévale de Sainte Ursanne.
L’évènement revêtait une ampleur mondiale : le concert ponctuait le festival « John Howe 2007 ».
ZoC Radio était là…


Faire un compte rendu de concert n’est pas un exercice facile. Il est tentant de raconter sa vie au lieu de décrire l’événement. En même temps, les sentiments du chroniqueurs sont la valeur ajoutée de son récit. Un peu comme la bolognaise dans d’insipides pâtes à l’eau.

Je devine que vous vous moquez de tout ça, et que vous ne rêvez que de télécharger voracement le concert du Naheulband. Bon… Faîtes : 30mo de fichier, un peu plus d’une heure de musique, en mono et 64ko… C’est un peu meilleur que d’habitude au niveau de la prise de son. J’ai enlevé quelques morceaux pour fournir un fichier de taille « respectable » et conserver un peu de matériel inédit pour d’autres projets…

Encore là ? Bon… Alors je crois que vous n’avez pas le choix : il faut lire le récit de Welf…

Le voyage en train jusqu’en Suisse fut, en lui même, un grand moment de bonheur. Ghislain et Tony rejoignaient directement le lieu du concert en voiture. Aussi, nous occupâmes un compartiment avec Lili, PoC, Knarf et Valoche, Lady Fae et Dim. Le voyage fut ponctué par la mise à mort d’un pot de rillettes (les rillettes Boussard, objectivement les meilleurs de l’univers), par un récital de chansons de Bélyscendre, par de trop nombreuses blagues débiles pour qu’on les raconte ici…

Arrivés à Bâle, en Suisse, le groupe fut accueillit par un des orgas de Sainte Ursanne, Nico. En Suisse, on peut être banquier ou assureur dit le proverbe. Lui… N’était pas banquier.
Comme quoi : sur Terre, on trouve même des assureurs sympas.

Après quelques lacets sur les routes suisses bordées de magnifiques colinnes arborées dont Knarf nous appris qu’elles dissimulaient toutes une base secrète de l’armée suisse (qui doit donc aligner approximativement 7500 avions de chasse pour le seul Jura), nous arrivames à Sainte Ursanne…

Il était facile, d’emblée, de comprendre pourquoi John Howe aime cet endroit… Les ressemblances avec certains de ses déssins sont évidentes. L’affiche de l’événement par exemple, avec ses bateaux volants et ses dragons, est en partie inspirée du petit pont sur le Doubs et des façades des maisons médiévales, heureusement préservées.

Sainte Ursanne, c’est un havre de paix, une charmante cité médiévale, blotie dans son écrin de verdure. Bien sûr, on est tenté d’aligner les phrases mièvres et les adjectifs romantiques dans de telles occasions, mais c’est nécéssaire.

Sainte Ursanne la Gothique

Certains comparent la Suisse à la Comté, et les Suisses aux Hobbits. A Sainte Ursanne, on se rend compte que c’est un peu vrai, au moins pour les bons cotés des Hobbits. Même joie dans le regard, même vie simple et heureuse, mêmes jardins bien ordonnées, même souci de l’harmonie domestique.

Il y a quand même une différence : les Suisses sont bien plus hospitaliers que les Hobbits, qu’on se le dise (et plus grands aussi).

Fat is Life - le repas du Naheulband

Avant qu’on me pose la question : non, je n’ai pas vérifié s’ils avaient les mêmes poils sur les pieds…

Sainte Ursanne, nous pûmes la visiter avant le concert. Exposition de dessins de John Howe, bannières reprenant certaines de ses plus belles créations, sculptures envahissant les façades, mais remarquablement bien intégrées en ville… Jusqu’à d’immenses crosses de fougère géantes dépassant des maisons et que, d’un même cri, tout le Naheulband prit pour les tentacules de Cthulhu… Quand Lovecraft croise John Howe dans nos têtes, gare au carambolage.

Tony et PoC

John Howe, c’est un type formidable. Vraiment. Il y a quelque chose du Capitaine Némo en lui, et de Léonard de Vinci.

John Howe

Ceux qui disent qu’il y a quelque chose de Gandalf en lui ne lui font pas justice, à mon avis. Gandalf, il n’y a jamais moyen qu’il fasse un sort… John Howe, la magie, c’est toute la journée qu’il la manie, du bout de ses crayons.

Le cloitre de Sainte Ursanne

A ce titre, l’exposition de ses œuvres dans le prieuré de la collégiale était une excellent idée : plusieurs œuvres, décortiquées et commentées par le maître. Commentaires techniques ou détails d’inspiration anodins… Le tout complété par un film sur le château du Haut Königsbourg vu par John Howe… Passionnant.

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Après la visite, le diner et le traumatisme que Ghislain a mis dans mon esprit en me faisant découvrir « Cure Toujours » des Fatal Picards, nous regagnames le « Four à Chaux », pour le soirée musicale.

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Ce fut l’occasion de pourrir PoC avec une reprise foireuse de « dix sous dans ma poche ». D’ailleurs, avec Ghislain, nous avons créé un groupe de Death Thrash Heavy Dark Metal nommé « Antimatter ». Parmi nos premiers titres, on jouera « Thunder and Bloody Bollocks », « Mithrillica » ou « Undead Corpse of the Drunken Zombie »…

Trêve d’âneries. Ce concert, ce fut l’occasion de découvrir un groupe du coin, –, et aussi de rencontrer John Howe.

Il faut savoir, pour la petite histoire, que John et son fils (un excellent joueur de luth, très sympa) sont fans du Naheulband…

Là forcement vous vous dîtes « ptin la vache, c’est le moment de gratter un dessin original »… Même pas. Franchement, il est bien trop sympa pour que j’ai pu y penser une seule seconde.

C’est un type formidable, vraiment. Et d’une grande humanité. J’ai eu l’occasion de le croiser le soir, quand il est venu saluer le Naheulband. J’aurais sans doute eu des millions de questions à lui poser sur le Seigneur des Anneaux, sur ses œuvres, ses inspirations… Mais on s’est contentés de parler histoire médiévale pendant quelques minutes. Un homme accessible, souriant, qui plaisante avec de parfaits inconnus après une harassante journée de dédicaces, et qui vous raconte ses reconstitutions des guerres en la Bourgogne et les Suisses, et parle d’armes à feu médiévales, du Mahabarata, de cuisine suisse ou du Cavalier Suédois…

Le concert du Naheulband fut très sympa : la salle était plutôt petite, et il y a une convivialité qui se dégage des salles de moins de 500 personnes, qui n’existe pas dans les plus grandes. La plupart des spectateurs découvraient le Naheulband en live ce soir là, et ce fut une belle réussite. Beaucoup cependant connaissaient les paroles, en particulier des Green Elven, chanson généralement peu reprise par le public en France. Comme quoi, chaque pays a sa spécificité.

Vu d’en bas, près de la console son (à ce propos, les ingés et techos du Four à Chaux sont vraiment très sympas et très pros, merci les gars), je note que le public Suisse est vraiment un public chouette, cool et sympa. Un public comme on doit les aimer quand on est sur scène, qui aime les artistes qui viennent jouer, les respecte, les encourage, les applaudit… Sympa, vraiment.

Dédicasses du Naheulband

Le lendemain, le retour dégageait une sorte de mélancolie, heureusement réveillée par une loose inopinée au changement de train à Bâle. Partir de Sainte Ursanne fut un petit déchirement, tellement cette ville nous a plus. Knarf m’a bien chambré tout le week-end parce que je m’étais exclamé « j’adore la Suisse » en arrivant… Oui, c’est vrai. D’ailleurs on y retourne faire de la rando avec Lili cette année.

Et voilà : le chroniqueur vous a raconté sa vie. C’est ma petite valeur ajoutée. Voilà comment je l’ai vécu et ressenti ce concert. Un voyage qui est un but en soi, pour aller dans un endroit enchanteur, avec des gens formidables, en rencontrer d’autres qui ne le sont pas moins, pour vivre ensemble des aventures fantastiques dans des univers en bordure du réel… Avec de la bière et du chocolat…

Et comme en plus c’était le jour de mes trente ans, c’était vraiment… Magique.

Welf, qui remercie le Naheulband, John Howe, la Suisse, Sainte Ursanne et tous ses habitants, les trains où l’on rie, les vieux châteaux, Tolkien, le fromage, Cthulhu, et la vie en général…