Festival de l’Erebe II

Un petit parcours marrant de musicien, pour une journée pas comme les autres…


J’ai été invité au festival de l’Erebe 2e édition, à la base pour jouer un morceau au bodhran avec le groupe anglais Inkubus Sukkubus, que je ne connaissais pas, mais alors pas du tout. Ayant écouté pendant la semaine plusieurs fois l’opus en question (Wytches), j’étais fin prêt à monter sur scène pour improviser dans la grande tradition de la musique chaotique.

11H30, heure de la balance… j’arrive à la loco, ne connaissant sur place que Richter de l’organisation, qui m’avait fait la proposition. Le bougre n’étant pas là, je me présente, je reçois mon badge, super accueil tout va bien ! Je m’approche de la scène, on me présente au groupe (ils sont à l’heure, ha, déjà ça c’est rare dans le milieu de la musique…).

On commence à parler anglais, pas le choix… heureusement, ce n’est pas un obstacle, merci les collègues anglais. Candia, Tony et Adam sont tout de suite géniaux… la balance se complique quand je dois placer le bodhran par-dessus la programmation de batterie, trop forte pour recevoir cet instrument, les fréquences s’entremêlent. Au final, ils ont l’air emballés par mon style de jeu, et on décide de jouer quand-même et de se débrouiller le soir même pour faire sonner le tout. Toujours remettre à plus tard les questions cruciales, telle est la loi de Dlul.

Nous allons boire une bière en déconnant (d’un litre, mais bon… une bière quand-même), une grande discussion pendant laquelle nous apprenons à nous connaître. J’ignorais par exemple que le groupe tournait depuis 18 ans et qu’ils avaient 10 albums à leur actif ! Emballés par le bodhran « POC style », ils me proposent de jouer sur les trois dernières chansons du show, évidemment, je suis partant. Je les préviens quand-même : « heuu… comment dire… vous savez… je n’ai jamais écouté vos disques »… « pas grave, tu vas bien te débrouiller hein ? ». Nous parlons aussi d’enregistrements futurs… des perspectives joyeuses d’autres bons délires ! Puis je rentre mixer mon épisode 25, le concert n’ayant lieu qu’à minuit, je peux bosser, et je me prépare à une nuit bien chargée.

Après plusieurs heures de mixage et de montage au pays des bras cassés, je retrouve le groupe dans le backstage vers 22H30… nous sirotons des alcools peu communs en racontant des blagues, un petit retard dans le planning, et me voilà sortant ma flûte en bois, pour agrémenter un peu l’attente… je joue quelques morceaux, bientôt rejoint par un folkeux de passage (vielle à roue et cabrette) avec lequel nous commençons une petite session. Candia et sa bande sont enthousiastes, l’ambiance se réchauffe. Nous entendons les organisateurs râler contre les groupes qui font n’importe quoi (n’arrivent pas à l’heure, et font leurs caprices), ça me fait bien marrer, surtout que pour ce qui concerne Inkubus Sukkubus, c’est tout l’inverse : ils sont super cools, blagueurs, mais sérieux quand vient le moment de ne pas déconner.

Quelques minutes avant de monter sur scène, Candia me demande de jouer une intro à la flûte ! Wah… trop cool. « Mais, je joue combien de temps ? » m’écrai-je. « Nous avons un arc » me dit Adam, « si tu joues trop longtemps, je te décoche une flèche dans le dos ». Voilà, vous avez une idée de l’ambiance de la journée.

Bon, c’est parti, je joue un air lent de Sligo, je ne prends pas de flèche dans le dos, puis ils montent sur scène et je pars dans la salle pour regarder le show et analyser un peu leur façon de jouer, pour pouvoir m’en sortir par la suite. Au final tout est bien interprété, bien carré, avec une bonne dose d’énergie de la part de la chanteuse ! Le temps passe vite, au moment du rappel, je monte avec eux sur scène pour les trois derniers morceaux – j’en connais un, quand-même. Je manque de perdre mon bras droit, car le tempo est au-delà des limites connues en matière de jeu de bodhran… mais tout va bien pour la musique, et puis les bras, j’en ai deux (il paraît que le show est filmé, à suivre…). J’ai droit à une super présentation de la part du groupe, puis nous repartons fêter ça dans le backstage… s’ensuit alors une suite de conversations épatantes, comme celle qui concernait la sexualité des escargots ! Bref, l’ambiance backstage qui va bien. Le groupe pense que ce serait une bonne idée d’aller boire du champagne au moulin rouge en entrant par une fenêtre cassée, mais finalement, on ne le fera pas.

Nous suivons ensuite une bonne partie du dernier concert, et une partie de l’after, puis à 5H du matin je prends le chemin du retour, après avoir échangé les contacts, les bises et les poignées de main, et avec tout de même l’envie que ça ne s’arrête pas.

Sans compter que le festival c’était aussi de l’expo photo, des performances, une bonne ambiance et des organisateurs motivés.

Et voilà qu’au final, je me dis qu’il est bon d’accepter les propositions les plus bizarres… à la prochaine pour d’autres chroniques étranges.