NaNoWriMo

Ce soir s’achève le NaNoWriMo 2006.
_ NaNoWriMo, c’est l’abréviation de National Novel Writing Month. Comme son nom l’indique, un mois consacré à l’écriture d’un roman, avec ce petit côté « national » qui trahit l’origine américaine de l’initiative et qui est par ailleurs quelque peu dépassé, puisque le défi est ouvert à tout le monde, même si les Etats-Uniens représentent toujours une très large majorité des inscrits.
_ Mais NaNoWriMo, c’est aussi la raison pour laquelle je n’ai pas écrit de nouvel article pendant tout ce mois de novembre, ma capacité de production littéraire étant mobilisée ailleurs. Il me semble donc logique de signer ma reprise par un petit topo sur le défi.


Cela fait six ans que ça dure: à l’initiative d’une poignée de disjonctés, des volontaires s’engagent à écrire un roman entre le 1er et le 30 novembre de chaque année. Comme on peut entendre ce qu’on veut par « roman », il a bien fallu poser une norme pour déterminer si le défi était relevé ou non. Cette norme, la voici: le texte doit être une fiction d’au moins 50000 mots. En choisissant une barre en mots et non pas en caractères, le système tend à favoriser le français, langue qui fourmille de petits mots de liaison, et à pénaliser l’allemand et ses mots à rallonge. Pour autant, même en français, ce n’est pas rien d’aligner sur son clavier cinquante mille bouts de scènes, de déployer une intrigue, de donner vie à des personnages, en l’espace d’un seul petit mois. Car les règles sont strictes: s’il est parfaitement autorisé, et même vivement conseillé, de préparer l’intrigue à l’avance, il est interdit de rédiger quoi que ce soit avant le 1er novembre.
_ Que dire alors des quelques courageux qui ont relevé en anglais le défi de NaNoWriMo depuis ses débuts, soit six ans de suite? [[On dit « respect ». Si vous avez trouvé la bonne réponse, autocongratulez-vous chaleureusement.]]

Pour s’inscrire, c’est chaque année vers le mois d’octobre, sur le site NaNoWriMo.org. Et pour participer, c’est pareil, mais en novembre.

Pour permettre au monde entier de suivre son effort au jour le jour, le vaillant candidat est libre de soumettre à tout moment son texte au format .TXT sur le site de l’association. Le nombre de mots est alors compté, le décompte mis à jour, puis le fichier est effacé du serveur pour éviter qu’un petit malin ne vole les manuscrits. Par mesure de sécurité, l’association NaNoWriMo conseille quand même de brouiller le manuscrit avant de l’envoyer, en remplaçant certaines lettres par d’autres jusqu’à ce que le texte devienne incompréhensible.
_ A partir du 25 novembre, l’interface est modifiée: il suffit de soumettre au compteur de mots un texte qui dépasse la barre fatidique des 50000 pour être déclaré gagnant. Sinon, on est redirigé sur la page de synthèse, avec un décompte dûment mis à jour.

Evidemment, rien n’empêche un participant de tricher. Le décompte de mots se fait en automatique, sans vérifier si le type n’est pas en train de recopier bêtement Les Misérables, et aucun moyen n’est mis en place pour empêcher de valider des textes écrits avant la date fixée. Mais dans la mesure où il n’y a rien à gagner, à part la joie de voir son nom au Panthéon des gagnants de l’année, la tricherie n’a pas vraiment d’intérêt. Pas de classement, non plus: le défi est relevé ou il ne l’est pas. Cette année, le nombre de gagnants sera supérieur à 6000. La plupart, je pense, auront été honnêtes dans leur démarche. Et six mille gagnants, c’est plus de 300 millions de mots écrits en un mois. De quoi donner le vertige!

Edit du 9 décembre: au total, il y a eu en fait 12958 gagnants certifiés et près d’un milliard de mots enregistrés.

J’avais entendu parler du truc il y a déjà quelques années (quelques fréquentations américaines qui disaient « I do NaNoWriMo »), mais ce n’est que cette année que, poussée par des camarades français qui avaient envie de se lancer, je suis allée sur le site pour m’inscrire. J’ai donc la joie d’annoncer que j’ai rejoint au soir du 28 novembre le club pas si fermé que ça des vainqueurs du défi 2006 avec un récit de 50220 mots.

Version réduite d'un diplôme de gagnant

Il va de soi que des textes rédigés aussi vite ne sauraient être publiables en l’état. C’est plein de fautes de frappe pour les uns, de monstruosités stylistiques pour les autres, et pour ceux qui, comme moi, sont plutôt habitués aux formats courts, ça déborde d’adverbes jusqu’à plus soif et de dialogues inutiles pour allonger la sauce. Je vais mettre quelques jours à me remettre du tic d’écriture acquis pendant ce mois, à savoir, choisir systématiquement la tournure de phrase qui comporte le plus de mots. Mais c’est quand même une sacrée expérience, qui a le mérite de mettre un grand coup de pied aux fesses du romancier qui sommeille (plus ou moins légèrement) en chacun d’entre nous!

Traditionnellement, et bien que cette fois, cela ne fasse pas l’objet d’un défi, le mois de mars est celui du NaNoEdMo (National Novel Editing Month). Un mois pour rendre plus lisible le résultat du stage d’écriture frénétique de novembre. Enfin, ça, c’est pour ceux qui nourrissent des projets d’avenir pour leur texte. Ce qui n’est pas mon cas, puisque pour mon tour de chauffe, j’ai choisi une intrigue bateau que j’ai traitée sans aucune ambition éditoriale. Il sera toujours temps de sortir un projet plus costaud l’an prochain, si je décide de rempiler.

Pour suivre les dernières nouvelles, soutenir financièrement l’association, militer pour renommer l’événement en GloNoWriMo (Global Novel Writing Month) ou tâter le terrain avant de vous inscrire au défi 2007, une seule adresse: http://www.nanowrimo.org.

Nanoteuses, nanoteurs, je vous salue bien bas!

NanOph