Japan Expo

Toute contente de disposer d’une combine pour payer moitié prix mon entrée à Japan Expo (le samedi 8 juillet uniquement, mais c’est déjà beaucoup), je n’ai pas pensé à essayer d’avoir une accréditation presse comme pour Game in Paris. J’ai eu tout le temps de le regretter lors d’un samedi de folie qui, malgré tout, a eu le bon goût de me laisser un souvenir plutôt positif.


Une heure dix.
_ C’est le temps qu’il fallait à un visiteur dûment muni de sa prévente et arrivé aux alentours de l’heure d’ouverture pour entrer dans le Parc des Expositions. La faute à une organisation qui, pour mieux contrôler le flux, ne laissait entrer les gens que par une pauvre porte. Du coup, il y avait de quoi se demander pourquoi le site de l’événement recommandait aussi chaudement d’avoir acheté sa place à l’avance. Trop de prévente tue la prévente, et les (rares) visiteurs arrivés les mains dans les poches n’ont finalement guère attendu plus longtemps que les autres avant d’obtenir leur précieux sésame.

Après un glorieux total de deux heures et quart porte à porte de chez moi à l’intérieur du Parc des Expositions de Paris Nord [[Distance entre les deux: une vingtaine de kilomètres. Ce qui nous donne une moyenne de 9 kilomètres à l’heure.]], j’ai donc pu découvrir ce que le tract publicitaire annonçait comme « la culture populaire japonaise à l’état pur présentée à l’aide d’expositions, de mangas, de conférences et bien d’autres surprises… »

Expositions, check. Manga, check. Conférences… ah oui, là, il y a des gars qui discutent sur une estrade devant un public guère motivé [[Quand je suis passée, le thème semblait être « les méthodes de production du manga sont-elles applicables en France? »]]. Conférences, check, donc. Les éditeurs français de manga ont tous pris un stand, les éditeurs de dessins animés aussi, de même que les vendeurs de goodies manga, les boutiques gothic lolita, les fanzines, et ne parlons pas du très bruyant espace des jeux vidéo.

En fait, ce qu’on a le plus de mal à trouver à Japan Expo, c’est encore le Japon.

Si l’on souhaite sortir du quatuor gagnant manga-dessin animé-jeu vidéo-cosplay, certes extrêmement festif et super pour l’ambiance, mais auquel j’espère qu’on ne peut pas réduire la culture japonaise, que reste-t-il dans l’expo? Un stand de katanas (et autres épées japonaises), un stand très généraliste de littérature nippone, quelques vêtements traditionnels superbes mais forcément chers, d’authentiques serveuses japonaises au Maid Café (3 euros la photo, 99 euros minimum le costume de soubrette [[Je rappelle au passage que la tenue de soubrette, bien que fort joliment portée par les demoiselles asiatiques et massivement récupérée par le mouvement gothic lolita, est quand même perçue dans le monde entier comme quelque chose de très français à la base (« French maid »).]]) et un îlot de voyagistes avec l’inévitable stand Air France. A un cheval (ou un atelier d’origami) près, c’est tout.
_ J’ai trouvé ça un peu dommage, car je suis finalement sortie de Japan Expo très contente, en ayant passé un excellent moment, mais sans avoir rien appris sur la culture japonaise.

Cosplay Sentaï School (photo DonMagnum)

Phénomène parmi les phénomènes, Naruto était en vedette cette année chez les vendeurs de goodies: peluches, poupées, posters, porte-clefs, figurines… Pourtant, pour ce que j’ai vu des cosplayeurs arpentant les allées le samedi, ce n’était pas la série la plus représentée. Cette année, il y avait sans doute plus de shinigami que de ninjas. Bleach s’impose définitivement comme une série à grosse popularité, bien que la version animée ne soit pas disponible en France pour l’instant (la licence a été acquise récemment, on attend la suite). J’ai croisé plusieurs Ichigo, deux Soi Fong, un Kenpachi très réussi, un Byakkuya raté limite clodo…

Le cosplay gagne en popularité à chaque édition. De plus en plus de visiteurs viennent costumés (en personnages ou en gothic lolitas), même sans avoir l’intention de participer aux concours organisés tout au long du week-end. C’est l’occasion d’entrer dans la peau de ses héros préférés, issus ou non du monde du manga.
_ Quelques personnages rencontrés hors Naruto et Bleach:
– un groupe d’élèves de la Sentaï School
– Shindara et Akari (Samurai Deeper Kyo – à noter qu’Akari était interprété(e?) par une vraie fille)
– Yuna, Lulu, Rikku et Auron (Final Fantasy X)
– Rinoa (ou Linoa en VF – Final Fantasy VIII)
– Pyramide Rouge et une infirmière zombie (Silent Hill)
– Tenshinhan (Dragon Ball)
– Captain Jack Sparrow (Pirates des Caraïbes)
– Yoshimitsu (Soul Edge/Soulcalibur/Tekken)
– Cloud Strife (version Final Fantasy VII et version Advent Children)
– Legolas (de Tolkien, toujours aussi beau sous les traits de notre camarade Roselyne)

Le tout de mémoire et limité à ce que je connais, car comme d’habitude, je n’ai pas reconnu la moitié des cosplays.

Cosplay Silent Hill (photo Oph)

Malgré une densité de population moins élevée que lors de la précédente édition de Japan Expo, il faisait très chaud sous la verrière et à peine moins dans le patio [[Excellente idée, le patio, soit dit en passant. C’est toujours agréable d’aller lire dans l’herbe la BD qu’on vient d’acheter.]]. Je salue d’ailleurs le courage du dessinateur qui s’est laissé câliner par une fan qui devait bien puer la sueur. Son identité demeurera secrète par égard pour lui et les siens.

Bref, j’ai revu des gens que je n’ai pas souvent l’occasion de rencontrer, j’ai donné mes sous à de bonnes oeuvres, j’ai bien ri, et surtout, j’ai trouvé une peluche Kon [[Qui n’est pas une peluche conne (ni cote), bien que le personnage serve surtout à jouer l’ahuri de service ces derniers temps.]]. Joie de courte durée, puisque la peluche m’a été arrachée par mon fils dès mon retour à la maison, celui-ci décrétant que c’était son doudou et qu’il allait dormir avec. Résultat des courses, il dort effectivement avec mon Kon depuis samedi.

Et puis j’ai laissé un « écoutez ZoC Radio » sur la fresque-livre d’or du jour. Rien que pour ça, ça valait le coup.

Japan ExpOph