High and Mighty Color

Parfaitement inconnu en France, où le rock péchu n’intéresse quasi personne et où les rigolos de Lordi passent pour d’affreux satanistes baveux [A cette occasion, de nombreuses personnes ont découvert avec stupéfaction que Michel Drucker était un vrai vieux, avec des réactions de vieux. Ca n’a pourtant rien d’étonnant compte tenu de son âge.]], le groupe High and Mighty Color (ou plus exactement HIGH and MIGHTY COLOR, HandMC pour abréger) s’est fait un nom au Japon en contribuant à des séries télé et à des jeux vidéo. Les amateurs du dessin animé [Bleach auront eu l’occasion de les écouter en générique d’ouverture de la série, avec la chanson Ichirin no Hana (Fleur Solitaire). Ce troisième générique s’ouvrait sur une fleur, se fermait sur un papillon des Enfers, et présentait les personnages sur fond noir. Depuis une poignée d’épisodes, il est remplacé par un Tonight Tonight carrément moins sombre. Dans l’intervalle, il m’a convaincue d’en découvrir un peu plus sur le groupe, en me procurant Gouon Progressive, l’album dont est tirée la chanson [[Pour le nom, je fais confiance à mon fournisseur allemand, vu que je ne lis pas le japonais.]].


High and Mighty Color, c’est une chanteuse qui a l’air d’une poupée, un « machinegun vox » au visage d’ange, des guitaristes méchus, un bassiste qui fait n’importe quoi avec ses cheveux et un batteur à l’allure de lycéen. Bref, d’un point de vue purement visuel, un groupe de jeunes rockers dans le vent comme il y en a beaucoup. Sans compter qu’au Japon, certain(e)s [[Si vous vous appelez Mana et que vous vous êtes senti visé… c’est normal.]] nous ont habitués à des looks bien plus exotiques. Mais contrairement à pas mal de musiciens à la mode par chez nous, qui se spécialisent dans les chansons mélancoliques, au tempo lent, parfois geignardes [[Si vous vous appelez Raphaël ou Cali et que vous vous êtes senti visé… pareil que ci-dessus.]], ils ont pondu un album enlevé du début à la fin. Un truc qui met la pêche et qui se renouvelle bien d’une chanson à l’autre. Et hop, j’introduis des percus traditionnelles en bambou. Et poum, j’alterne un thème majeur quasi J-Pop avec un thème mineur quasi métal. Et tac, quelques dissonances soigneusement dosées, parce que sinon ça fait mal aux esgourdes.

Le visuel du single Ichirin no Hana

Ce qui est très sympa aussi dans l’album, c’est la façon dont la voix masculine (Yusuke) et la voix féminine (Maki) se répondent. Contrairement à ce que pourrait laisser penser sa frêle silhouette, la demoiselle a bien plus qu’un filet de voix. Face à elle, son comparse masculin donne alternativement dans le chant, le phrasé parlé [[Il prononce d’ailleurs très bien l’anglais, ce qui n’est pas si courant pour un Japonais. A l’occasion, Maki se débrouille plutôt bien aussi.]], les syllabes scandées ou encore le grunt. L’ensemble est globalement pas mal efficace. Ça fonctionne quand même mieux quand les deux se complètent et se répondent que quand ils interprètent leur thème chacun de leur côté (on croirait presque parfois qu’ils ne jouent pas dans le même film).

Pour être parfaitement honnête, il est clair que cet album ne révolutionnera pas plus la musique qu’un autre disque de rock nerveux. De plus, la façon dont certaines chansons tirent vers le Nu Metal (vous savez, Limp Bizkit, Linkin’Park et autres groupes allègrement vomis par toute la communauté métalleuse) en irritera certainement plus d’un. Néanmoins, on sent que les musiciens de High and Mighty Color maîtrisent ce qu’ils font, et on espère qu’ils s’éclatent à le faire. Vu leur âge (la vingtaine), on peut même espérer qu’ils ont de belles années de musique devant eux.

Bref, de mon point de vue, de la musique qui ne tombe pas dans la monotonie et qui s’écoute très très bien.

J-pOph