Windir – 1184

B00005UBJD.03.LZZZZZZZ.jpg Windir… Une belle histoire d’amour entre ce groupe et moi. Ceux qui allient le mieux le fun, la brutalité et l’émotion dans la scène black métal. Des mélodies folles, des tonnes d’idées à la minute, des surprises sorties de nulle part,… Bref, 4 albums/4 chef-d’œuvres. Valfar, le chanteur-compositeur est mort en janvier 2004. Windir avec lui. RIP.
1184. Le 3ème album. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai décidé que c’était mon préféré des 4. Hier c’était Arntor, demain ce sera sûrement Soknardalr. M’enfin…
Qu’est ce qui le différencie des autres ? A première vue pas grand chose, et pourtant Windir était un de ces rares groupes qui savait à chaque fois insuffler une toute nouvelle approche à chaque album, en gardant pourtant une cohésion rare d’un opus à l’autre. Les albums se ressemblent mais en même temps… pas du tout.
Todeswalzer : Hop l’album commence avec un synthé. Quelques secondes et vlan ! Blast-beats et riff cavalant entrent dans la danse. C’est parti, on bouge des cheveux. Et puis hop, nouvelle couche, la voix de Valfar débarque, puissante et revigorante. Ecorché mais belle. Et puis il est accompagné par une lead mélodique qui monte, descend, cavale encore plus vite que le riff de fond. Bref la machine est lancé. On alterne ensuite ce couplet avec un autre un peu plus calme et sautillant. Oui Windir c’est joyeux (mais pas dans un sens nian-nian, ni même un peu kitsch à la Finntroll). Windir ça donne envie de mordre la vie à pleines dents. C’est joyeux parce que c’est euphorisant, défoulant et ne joue pas sur les ambiances malsaines de groupes de true black plus classiques. (j’aime aussi ces groupes là, mais Windir c’est un autre genre) Enfin… surtout 1184. L’album où la brutalité animale est la plus entraînante et vivifiante. Le rythme ne reste jamais en place, Valfar lutte contre la monotonie, et on a le droit à une foule de moments uniques sur chaque morceau. Ici par exemple la voix claire de Cosmocrator à 2min55 ou encore l’assaut supersonique à 3min40.
1184 : Un peu martial, encore varié, avec des mélodies imparables. Peut-être un peu lassant la première partie (en même temps j’ai écouté tellement de fois cet album). Mais à partir de 2min30 rentre un joli changement bien speedé, qui mélange voix claires et hurlements déments tout en s’accélérant sans jamais lâcher la pression pendant 45 secondes. On souffle ensuite un peu en revenant au passage du départ. Par contre, on y rajoute de l’accordéon par-dessus ! Vers la fin on a même un passage martial avec juste une batterie légère qui mitraille et l’accordéon qui tourbillonne. Génial, qui aurait pu en avoir l’idée ?
Dance of Mortal Lust : Encore une mélodie énorme dont le groupe à le culot de ne même pas en abuser. S’amusant à varier les plaisirs comme d’habitude. A noter la batterie qui blaste, blaste, et crée par moments des avalanches de cymbales énormes.
The Spiritlord : Bon a va le dire sincèrement, ça commence un peu mal. Bon, efficace, mais trop classique. Pleins d’autres groupes de black/viking auraient pu y penser. Mais heureusement le morceau gagne en épisme au fur et à mesure. La voix claire a une jolie percée à 3min37 avant de se faire doubler par peut-être le meilleur solo de Windir. Epique « over the top ». C’est magique.

Dernière chose à noter le passage calme de fin de morceau, qui tout à coup balance un dernier riff syncopé super efficace qui vient électrocuter un dernier coup l’auditeur.
Heidra : Bon là j’ai un problème. C’est sûrement un des meilleurs morceaux de l’album, mais tout ce que j’ai dit comme bonnes choses sur les chansons précédentes s’appliquent ici. Et je n’ai pas spécialement envie de me répéter. Je vais juste dire que c’est encore une bombe épique, qui annonce le dernier morceau de l’album par des minis percées indus surprenantes mais encore très discrètes.
Destroy : Du lourd, ça commence par une ambiance plombée, limite du Nile comme intro. Le démarrage continue dans cette veine très pesante, même avec les claviers d’ordinaire plus relevés. Mais ça cavale pas mal aussi. Forcemment Windir n’aime pas être répétitif, alors en plein milieu du morceau, changement de donne, un nouveau rythme saccadé noyé dans des nappes claviers tout à coup bien plus léger. Et arrive la mini-explosion avec une lead qui s’amuse à monter haut, en nous répétant un petit motif mélodique accrocheur en diable. La chanson continue ensuite avec encore quelques passages ingénieux et bien sentis.
Black New Age : Là encore ça devient très bourrin. On est de plus en plus éloigné du côté limite festif du début de l’album. Ca reste euphorisant, mais dans une veine bien plus bulldozer qu’avant.

Pourtant là où tout le monde croit déceler une fin d’album apocalyptique sur-bourrine qui se veut le contre-pied du début d’album joyeux, Windir surprend encore. Le morceau ose tout à coup les claviers totalement cristallins et sur-aigues. Pour un final de morceau hyper saccadé avec les guitares qui martèlent un rythme tout con, et les claviers qui s’emportent sur une mélodie limite kitsch mais qui fait headbanger à s’en arracher les cervicales. Un moment magique qui ne ressemble à rien de ce qui a pu se faire avant.
Journey to the End : Et voilà le dernier morceau qui fait saisir toute la portée du final de la chanson précédente. Là où le début de l’album était festif, là ou la deuxième moitié était bourrine, la fin est tout autre. Une troisième voie, un peu mystérieuse, un peu magique. Le titre est évocateur de ce cheminement. C’est un voyage. Quelque chose d’épique, on se dirige vers un inconnu fascinant.

Ca commence banal, ça semble être dans la droite lignée d’un Windir « classique ». Mais le morceau est looong : 9min34. Et donc après 3min40 arrive le pétage de plomb génial. Le grand chamboulement qui vient coller la baffe qu’on n’aurait jamais vu arriver. On croyait avoir bien compris que Windir c’était varié, et toujours en mouvement mais rien ne nous prépare à l’impact émotionnel qu’ont les claviers électros de ce morceau. Les guitares ne sont plus que des textures très éloignées, des artifices inutiles qu’on quitte pour de nouveaux rivages. La batterie devient plus mécanique, mais les dizaines de couches de claviers qui viennent composer ce « Journey » finissent de nous terrasser. On frissonne jusqu’au bout, parce que oui Windir c’est énorme !

L’album en quelques mots :

Varié

Euphorisant

Bourrin

Et parfois doté d’une émotion brute qu’on ne voyait pas arriver.

Bilan : 9/10