Bambi 2 : Revenge of the Undead Deers

Le nouvel opus Disney a été adapté à l’air du temps et aux conditions de rentabilité qui prévalent dans l’industrie cinématographique actuelle. L’objectif étant de toucher un panel de public couvrant la tranche 3-90 ans (hors biberons et planches en sapin donc). Jugez plutôt


Le temps a passé, et Bambi est maintenant un teenager dans le coup, qui boit du Pepsi Light (ok sponsors) et qui parfois se laisse aller à des soirées débridées (ok jeunes rebelles) à la fraternité estudiantine dont il est membre, les Zeta Zeta Zeta, sur le campus de Berkeley, où il étudie la physique quantique et la littérature italienne (ok références pour mecs et nanas).

Voilà pour le coté « c’est un teen movie ».

Un jour, Bambi croise par hasard au centre commercial son meilleur ami de quand il était petit (nostalgie, ok pour support parental qui verse une larme). Panpan le lapin, qui à trop courir après les lapines en quête de son identité sexuelle, est devenu transsexuel et star du X pour les studios de la « Prépuce Production » du fameux réalisateur John B. Root (ok pour communautés à sexualité alternative amateurs de films socialement engagés).

Tout irait bien si de mystérieux meurtres n’ensanglantaient pas le campus. Des corps ont été retrouvés mystérieusement mutilés, dépecés, et décapités. L’inspecteur Columbo mène l’enquête, mais sans succès (ok pour cross-over avec série policière et acteurs sur le retour).

Bambi et Panpan partent pour une soirée « cinéma et popcorn » avec la nouvelle copine de Bambi, Flambi, jouée par Britney Spears (ok pour groupies et monde enchanté de Walt Disney, pour le doublage de la voix de Flambi, on assiste aux débuts de François Hollande) et l’ours Bouba, qui partage la vie de Panpan (ok pour le quota de minorités raciales opprimées mais non-discriminées).

Ils sont attaqués par un mystérieux tueur à la tronçonneuse (ok pour référence vieux films d’horreur) qui bousille Bouba (le noir meurt toujours en début de film je vous le rappelle). Heureusement, grâce à des effets spéciaux orchestrés de main de maître par le fameux James Smith, on ne voit pas une goutte de sang. James Smith, de son vrai nom John Smith, et à qui on doit les effets spéciaux de « Derrick contre le téléphone vampire » et du désormais cultissime « les zombies nazis à l’attaque de la Clinique de la Forêt Noire ».

Sans vouloir vous spoiler tout le film, sachez simplement que c’est la maman de Bambi qui est revenue du royaume des morts, et qui collectionne les peaux et les têtes de ses victimes. Elle veut se venger de n’avoir été élue que « troisième moment le plus larmoyant de l’histoire du cinéma » pour sa mort, après la noyade de Di Caprio dans « Pearl Harbour » et la mort de Farid-Amir, l’épicier arabe du film de Ben Ladden « Les Deux Tours ».

Voilà. Un film qui ratisse large, donc, avec des scènes de sexe sans un seul morceau de peau visible, des vraies fusillades au TEC-9 dans les rues de Los Angeles, 58 acteurs qui apparaissent en « Guest Star » pendant moins de 10 secondes (citons George Clooney, Bruce Willis, Matt Damon et le désopilant Jim Carrey dans le rôle d’une pompe à vélo), de la romance, du suspence, des teens, des toons, des rebondissements (comme quand on apprend que Panpan, qui est mort au début de la moitié du film, n’était que blessé malgré l’arrachage de son entrejambe par un tractopelle).

Un bon moment donc, qui vaut largement le prix de la place, surtout si on vous invite.

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