King Kong

Peter Jackson revient plus vite qu’on l’aurait pensé avec un gros film. Alors qu’il disait vouloir faire un « petit » film après sa trilogie de la Terre du milieu, le voila qui s’attele à un remake d’un film qui tient une place énorme dans son coeur. On pourrait presque croire que ce King-Kong est encore plus important que la saga du Seigneur des Anneaux.

Personnellement pourtant, mon attente n’était pas tellement grande. L’histoire de King Kong est tellement connu que cela semble être banal, et pas des plus exitants. C’est bien évidemment sans compter l’enthousiasme dément du réalisateur néo-zélandais.

Jackson fait de ce remake un grand film d’aventures comme on en a plus eu depuis longtemps. Cette formule qu’on croyait disparu depuis Indiana Jones. Ce mélange entre péripéties rocambolesques, fun décomplexé, personnages attachants, intrigue prenante,… Le genre de film duquel on ressort avec un sourire énorme à la sortie.

Après une mise en place assez longue (peut-être nécessaire ? mais peut-être pas aussi longue), l’équipe arrive sur la fameuse Skull Island. Et de là, tout s’accelère. Un monster show démentiel de 2 heures qui ne laisse presque pas un seul temps mort. L’intensité de ces scènes de poursuites entre créatures monstrueuses et les héros est intenable. On est souvent agrippé au siège, on ne se rend même pas compte qu’on retient son souffle depuis trop longtemps. En fait on enchaine des scènes aussi intenses (voire plus) que ce qu’on a pu voir à la sortie de Jurassic Park quand on était tétanisé par l’apparition du T-Rex ou des Velociraptors dans la cuisine. Le même choc, le même rythme haletant, la même jouissance devant ce feu d’artifice.

Déjà rien que ça, et le film serait dans le panthéon des plus grand films d’action. Mais c’est sans compter l’amour de Peter Jackson pour cette histoire d’amour impossible. Rentre donc ensuite toute la partie émotionnelle du film. Tournant autour de l’alchimie entre Naomi Watts (parfaite) et un singe géant en images de synthèse (carrément plus que parfait). Et on y croit, par on ne sait quel miracle. Le boulot abattu pour faire de la Bête un personnage plus vrai que nature se voit à chaque instant. La palette d’émotions est retranscrite parfaitement, et on s’attache rapidement à ce monstre de brutalité qui cache une si grande sensibilité.
Les petits jeux entre cette actrice-acrobate et ce singe infantile font toute la force de ce couple hors-norme, et les scènes casses-gueules ne sombrent même pas dans le ridicule (et la ligne entre le ridicule et le sublime ici est avouons-le très très mince, mais le film s’en tire miraculeusement)

Et jusqu’au climax final dont on connait pourtant tous la fin, on espère réellement que le grand primate ne meurt pas. J’y ai même crû pendant quelques secondes, et quand on se résigne à voir que c’est la fin, on a vraiment le coeur en miettes.

Un choc visuel autant qu’émotionnel. Le rêve de Peter Jackson est devenu réalité, et j’en suis sur le cul.