Princess Ghibli

L’album est sorti le 13 avril dernier. Concept : reprendre les chansons-phares de quelques-uns des films les plus connus du studio Ghibli (du Hayao Miyazaki, essentiellement) en version métal. Ambition affichée : donner aux morceaux une dimension plus forte et violente, sans jamais perdre l’ambiance engendrée par les mélodies.

Le collectif réuni par Coroner Records s’appelle « Imaginary Flying Machines », et il rassemble des artistes européens et japonais.

La playlist :
_ 1. Tonari No Totoro (Mon Voisin Totoro) – Disarmonia Mundi feat. Sophia Aslanidou
_ 2. Kimi Wo Nosete (Laputa, le Château dans le Ciel) – Disarmonia Mundi feat. Yoko Hallelujah
_ 3. Teru No Uta (Les contes de Terremer) – Blood Stain Child feat. Ettore Rigotti
_ 4. Gake No Ue No Ponyo (Ponyo sur la falaise) – Destrage feat. Yoko Hallelujah
_ 5. Mononoke Hime (Princesse Mononoke) – Living Corpse feat Yoko Hallelujah
_ 6. Country Road (Si tu tends l’oreille) – Disarmonia Mundi feat. Sophia Aslanidou
_ 7. Itsumo Nandodemo (Le Voyage de Chihiro) – Blood Stain Child feat. Claudio Ravinale
_ 8. Arrietty’s Song (Japanese version) (Arrietty et le petit monde des Chapardeurs) – Disarmonia Mundi feat. Sophia Aslanidou
_ 9. Yasashisa Ni Tsutsumaretanara (Kiki la petite sorcière) – Destrage feat. Yoko Hallelujah
_ 10. Toki niwa Mukashi no hanashio (Porco Rosso) – Disarmonia Mundi feat. Yoko Hallelujah
_ 11. Sanpo (Mon Voisin Totoro) – Living Corpse feat. Yoko Hallelujah
_ 12. Nausicaa requiem (Nausicaä de la Vallée du Vent) – Neroargento feat. Yoko Hallelujah

Quant au résultat, euh…
_ C’est très moyen, finalement.

Le gros problème de ces groupes et en particulier de leurs vocalistes (on ne parle pas ici des chanteurs/euses invités), c’est qu’ils n’ont pas compris que le chant rugueux du métal, dit également « grunt » dans les milieux moins pointilleux, eh bien… c’est autre chose qu’un jeune coq qui s’égosille.
_ Résultat, le meilleur morceau est sans doute Kimi Wo Nosete, sur lequel il n’y a que du chant clair.

Bref, une idée intéressante mais un album finalement pas à la hauteur.

Même joueur, joue encore.

Allez, un lien : du beuargl Totoro en streaming. Tous les autres morceaux sont disponibles à partir de là.

Lord of Mushrooms, 7 Deadly Songs

Deux euros. Pas un de plus. C’est ce que j’ai déboursé pour m’offrir cet album édité en 2005 par les Finlandais de Lion Music, label dont je vais finir par considérer qu’il est synonyme de bonne écoutabilité en temps de soldes dans le bac à disques du coin. Deux euros que je n’ai aucunement regrettés à l’écoute de cette relecture fort sympathique de l’inusable thème des sept péchés capitaux. Lord of Mushrooms, comme le révèle le livret, est en fait un groupe français (et même niçois). L’album est quand même tout en anglais, hein.

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Nightscape, Symphony of the Night

Encore un album trouvé pour une petite poignée d’euros dans un bac à soldes et acheté un peu par hasard, sur la seule foi de l’illustration sur la pochette: la pleine lune peinant à éclairer un lac et quelques montagnes, rapidement brossés en quelques coups de pinceau. Sorti en 2005 sur le label finlandais Lion Music, Symphony of the night est le premier album d’un groupe de nationalité…

Ahaaa…
_ Je vous donne un indice: Lili, range cette massue.

De nationalité suédoise, bonne réponse! Mais rassurez-vous, Nightscape est un groupe entièrement composé de garçons, il n’y a donc aucune Suédoise à trucider dans l’équipe.

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Silver Lining, The Inner Dragon

C’est pour deux euros, dans le bac à soldes d’un temple de la consommation culturelle, que je me suis procuré cet album à la pochette engageante représentant un diorama avec dragon et farfadet. D’un premier examen, il est ressorti que contrairement aux apparences, Silver Lining est un groupe français, et même lyonnais, et que la galette est sortie en 2004 sur le label lorrain Musea, spécialisé dans les petites productions « hors des modes ». D’une première écoute, il est ressorti que le contenu était quelque peu déconcertant, car totalement atypique. The Inner Dragon est une histoire fantastique plus qu’un album au sens classique du terme.

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Nanowar

Il y a deux grandes familles de metalleux (bon, si on exclut les blackeux, les doomistes et les 275 autres sous-chapelles de la grande église du metal) : les groupes de goth à chanteuse[[dont je fais partie]] et les groupes de power-epic-velu [[dont je fais aussi partie]]. Et Nanowar ne fait pas partie de la permière catégorie.

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High and Mighty Color

Le visuel du single Ichirin no Hana

Parfaitement inconnu en France, où le rock péchu n’intéresse quasi personne et où les rigolos de Lordi passent pour d’affreux satanistes baveux [A cette occasion, de nombreuses personnes ont découvert avec stupéfaction que Michel Drucker était un vrai vieux, avec des réactions de vieux. Ca n’a pourtant rien d’étonnant compte tenu de son âge.]], le groupe High and Mighty Color (ou plus exactement HIGH and MIGHTY COLOR, HandMC pour abréger) s’est fait un nom au Japon en contribuant à des séries télé et à des jeux vidéo. Les amateurs du dessin animé [Bleach auront eu l’occasion de les écouter en générique d’ouverture de la série, avec la chanson Ichirin no Hana (Fleur Solitaire). Ce troisième générique s’ouvrait sur une fleur, se fermait sur un papillon des Enfers, et présentait les personnages sur fond noir. Depuis une poignée d’épisodes, il est remplacé par un Tonight Tonight carrément moins sombre. Dans l’intervalle, il m’a convaincue d’en découvrir un peu plus sur le groupe, en me procurant Gouon Progressive, l’album dont est tirée la chanson [[Pour le nom, je fais confiance à mon fournisseur allemand, vu que je ne lis pas le japonais.]].

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Windir – 1184

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B00005UBJD.03.LZZZZZZZ.jpg Windir… Une belle histoire d’amour entre ce groupe et moi. Ceux qui allient le mieux le fun, la brutalité et l’émotion dans la scène black métal. Des mélodies folles, des tonnes d’idées à la minute, des surprises sorties de nulle part,… Bref, 4 albums/4 chef-d’œuvres. Valfar, le chanteur-compositeur est mort en janvier 2004. Windir avec lui. RIP.
1184. Le 3ème album. Au moment où j’écris ces lignes, j’ai décidé que c’était mon préféré des 4. Hier c’était Arntor, demain ce sera sûrement Soknardalr. M’enfin…
Qu’est ce qui le différencie des autres ? A première vue pas grand chose, et pourtant Windir était un de ces rares groupes qui savait à chaque fois insuffler une toute nouvelle approche à chaque album, en gardant pourtant une cohésion rare d’un opus à l’autre. Les albums se ressemblent mais en même temps… pas du tout.
Todeswalzer : Hop l’album commence avec un synthé. Quelques secondes et vlan ! Blast-beats et riff cavalant entrent dans la danse. C’est parti, on bouge des cheveux. Et puis hop, nouvelle couche, la voix de Valfar débarque, puissante et revigorante. Ecorché mais belle. Et puis il est accompagné par une lead mélodique qui monte, descend, cavale encore plus vite que le riff de fond. Bref la machine est lancé. On alterne ensuite ce couplet avec un autre un peu plus calme et sautillant. Oui Windir c’est joyeux (mais pas dans un sens nian-nian, ni même un peu kitsch à la Finntroll). Windir ça donne envie de mordre la vie à pleines dents. C’est joyeux parce que c’est euphorisant, défoulant et ne joue pas sur les ambiances malsaines de groupes de true black plus classiques. (j’aime aussi ces groupes là, mais Windir c’est un autre genre) Enfin… surtout 1184. L’album où la brutalité animale est la plus entraînante et vivifiante. Le rythme ne reste jamais en place, Valfar lutte contre la monotonie, et on a le droit à une foule de moments uniques sur chaque morceau. Ici par exemple la voix claire de Cosmocrator à 2min55 ou encore l’assaut supersonique à 3min40.
1184 : Un peu martial, encore varié, avec des mélodies imparables. Peut-être un peu lassant la première partie (en même temps j’ai écouté tellement de fois cet album). Mais à partir de 2min30 rentre un joli changement bien speedé, qui mélange voix claires et hurlements déments tout en s’accélérant sans jamais lâcher la pression pendant 45 secondes. On souffle ensuite un peu en revenant au passage du départ. Par contre, on y rajoute de l’accordéon par-dessus ! Vers la fin on a même un passage martial avec juste une batterie légère qui mitraille et l’accordéon qui tourbillonne. Génial, qui aurait pu en avoir l’idée ?
Dance of Mortal Lust : Encore une mélodie énorme dont le groupe à le culot de ne même pas en abuser. S’amusant à varier les plaisirs comme d’habitude. A noter la batterie qui blaste, blaste, et crée par moments des avalanches de cymbales énormes.
The Spiritlord : Bon a va le dire sincèrement, ça commence un peu mal. Bon, efficace, mais trop classique. Pleins d’autres groupes de black/viking auraient pu y penser. Mais heureusement le morceau gagne en épisme au fur et à mesure. La voix claire a une jolie percée à 3min37 avant de se faire doubler par peut-être le meilleur solo de Windir. Epique « over the top ». C’est magique.

Dernière chose à noter le passage calme de fin de morceau, qui tout à coup balance un dernier riff syncopé super efficace qui vient électrocuter un dernier coup l’auditeur.
Heidra : Bon là j’ai un problème. C’est sûrement un des meilleurs morceaux de l’album, mais tout ce que j’ai dit comme bonnes choses sur les chansons précédentes s’appliquent ici. Et je n’ai pas spécialement envie de me répéter. Je vais juste dire que c’est encore une bombe épique, qui annonce le dernier morceau de l’album par des minis percées indus surprenantes mais encore très discrètes.
Destroy : Du lourd, ça commence par une ambiance plombée, limite du Nile comme intro. Le démarrage continue dans cette veine très pesante, même avec les claviers d’ordinaire plus relevés. Mais ça cavale pas mal aussi. Forcemment Windir n’aime pas être répétitif, alors en plein milieu du morceau, changement de donne, un nouveau rythme saccadé noyé dans des nappes claviers tout à coup bien plus léger. Et arrive la mini-explosion avec une lead qui s’amuse à monter haut, en nous répétant un petit motif mélodique accrocheur en diable. La chanson continue ensuite avec encore quelques passages ingénieux et bien sentis.
Black New Age : Là encore ça devient très bourrin. On est de plus en plus éloigné du côté limite festif du début de l’album. Ca reste euphorisant, mais dans une veine bien plus bulldozer qu’avant.

Pourtant là où tout le monde croit déceler une fin d’album apocalyptique sur-bourrine qui se veut le contre-pied du début d’album joyeux, Windir surprend encore. Le morceau ose tout à coup les claviers totalement cristallins et sur-aigues. Pour un final de morceau hyper saccadé avec les guitares qui martèlent un rythme tout con, et les claviers qui s’emportent sur une mélodie limite kitsch mais qui fait headbanger à s’en arracher les cervicales. Un moment magique qui ne ressemble à rien de ce qui a pu se faire avant.
Journey to the End : Et voilà le dernier morceau qui fait saisir toute la portée du final de la chanson précédente. Là où le début de l’album était festif, là ou la deuxième moitié était bourrine, la fin est tout autre. Une troisième voie, un peu mystérieuse, un peu magique. Le titre est évocateur de ce cheminement. C’est un voyage. Quelque chose d’épique, on se dirige vers un inconnu fascinant.

Ca commence banal, ça semble être dans la droite lignée d’un Windir « classique ». Mais le morceau est looong : 9min34. Et donc après 3min40 arrive le pétage de plomb génial. Le grand chamboulement qui vient coller la baffe qu’on n’aurait jamais vu arriver. On croyait avoir bien compris que Windir c’était varié, et toujours en mouvement mais rien ne nous prépare à l’impact émotionnel qu’ont les claviers électros de ce morceau. Les guitares ne sont plus que des textures très éloignées, des artifices inutiles qu’on quitte pour de nouveaux rivages. La batterie devient plus mécanique, mais les dizaines de couches de claviers qui viennent composer ce « Journey » finissent de nous terrasser. On frissonne jusqu’au bout, parce que oui Windir c’est énorme !

L’album en quelques mots :

Varié

Euphorisant

Bourrin

Et parfois doté d’une émotion brute qu’on ne voyait pas arriver.

Bilan : 9/10