Anthologie Frontières

J'étais venue, j'avais bien aimé, alors j'ai remis le couvert.
L'anthologie Frontières paraîtra le 8 juin prochain, à l'occasion du festival ImaJn'ère à Angers. Son sommaire est copieux, plein de beau monde : 25 auteurs et 11 illustrateurs, mais jusqu'au 7 juin, on peut la précommander pour le prix tout à fait modique de 15 euros + frais de port.

Ô joie, il y a une nouvelle à moi dedans.



Sommaire
Préface (Pierre Marie Soncarrieu)
Couverture : Alexandre Granger
  • Une journée ordinaire (Romain d'Huissier) Illustration : Antoine Delalande
  • Therminator Land (Philippe Caza) Illustration : Cindy Canévet
  • La légende de Lémutopia (Samantha Chauderon) Illustration : Philippe Caza
  • Messager des morts (Brice Tarvel) Illustration : Candice Roger
  • Traverser la frontière (B.H.Rogers) Illustration : Mathieu Seddas
  • Une colline avant l'enfer (Jrmy Bouquin) Illustration : Candice Roger
  • L’homme dans la fontaine (Ophélie Bruneau) Illustration : Lola Myr'tille Collenot
  • Floréal (Camille Leboulanger) Illustration : Ronald Bousseau Illustration
  • La Passeuse d’âmes (Myrtille Bastard) Illustration : Fabien Collenot
  • Tango bleu (Pierre-Paul Durastanti) Illustration : Lola Collenot
  • La Forêt des Ombres (Yaël July) Illustration : Cassandre De Delphes
  • Causes de la mort (Lionel Davoust) Illustration : Tiphs
  • Last Frontier (Laurent Whale) Illustration : Cassandre de Delphes
  • Indigo (Ms Beth Greene) Illustration : Lola Collenot
  • Embarras de transit (Carpentier Francis) Illustration : Fabien Collenot
  • La tenancière (Audrey Pleynet Auteur) Illustration : Ronald Bousseau
  • Si tous les aliens du monde... (Jean-Laurent Del Socorro) Illustration : Mathieu Seddas
  • La frontière sans loi (Julien Heylbroeck) Illustration : Lola Collenot
  • Cellules communicantes (Sarah Mallet & Romain Mallet) Illustration : Candice Roger
  • Un personnage de papier (Patrice Verry) Illustration : Mathieu Seddas
  • Un épisode de la chasse au P. (Robert Darvel) Illustration : Antoine Delalande
  • Quarante-neuf (Jérôme Verschueren) Illustration : Candice Roger
  • Le récit de la forêt (Pierre Marie Soncarrieu) Illustration : Cindy Canevet
  • Une journée ordinaire (Alex Evans) Illustration : Antoine Delalande
Postface (Jean-Hugues Villacampa) illustration: Jacques Pinbouen

Puisque l'anthologie Frontières mêlait des thématiques policières et imaginaires, j'ai fait un peu des deux.
L'homme dans la fontaine, c'est l'histoire d'un mari disparu, d'une épouse qui ne veut pas perdre espoir et d'une enquêtrice déconcertée par ce qu'elle découvre.

Surtout n'hésitez pas à vous procurer Frontières tant qu'elle est au tarif promotionnel de la précommande (15 euros) !

Douze ans, un trimestre

Aujourd'hui, on est le 2 avril.
En théorie, en ce lendemain du 1er avril, c'est le retour à un monde normal.
En pratique, avec la gorafisation du monde qui s'accélère, les pires blagues sont parfois vraies.

 Brexit : bientôt une frontière physique dans mon jardin ?

Mais le 2 avril, c'est aussi l'anniversaire de mon blog.
Douze ans déjà ! Quand je pense que je l'avais commencé comme blog BD avant de le réorienter vers un format plus classique... Il s'en est passé, des choses, depuis. De belles histoires. De terribles pertes. Pas mal de textes publiés. Beaucoup de remises en question.
Quoi qu'il en soit et nonobstant le risque de crise d'adolescence qui n'est jamais à écarter à cet âge, quand ce blog fête son anniversaire, c'est toujours le printemps, ma saison préférée.

Trois mois après la grosse crise personnelle de la fin 2018, le moral va mieux. J'ai le cerveau essoré par une surcharge de stress et de responsabilités, mais la confiance est de retour, plus ou moins.

L'air de rien, ça a été un beau trimestre :
  • Le sommaire officiel de l'anthologie Frontières chez ImaJn'ère a été annoncé, et je suis dedans.
  • J'ai vécu de superbes moments en mars avec le salon Livre Paris, puis avec le concert des Poets of the Fall.
  • On a bouclé dans les temps la direction littéraire de mon roman de septembre, un beau bébé de 500 pages dans lequel l'éditeur dit placer pas mal d'espoirs. Reste à remplir l'agenda en conséquence. Il est déjà question que je m'arrête à ma librairie locale et que je fasse un saut dans le ch'Nord.
  • J'ai tombé plus de 150 000 signes sur le premier jet d'un polar fantastique un brin décalé comme je sais les faire (la question est plutôt de savoir si je suis capable d'écrire un texte qui ne soit pas du tout décalé, et je ne suis pas sûre de la réponse). Je me suis inscrite au Camp NaNoWriMo d'avril pour avancer dessus. Hélas, pour l'instant, mon cerveau essoré n'arrive pas à reprendre là où j'en étais. Je sais pourtant quelles infos doivent tomber, mais je n'arrive pas à placer les personnages de façon à ce que les révélations passent.
  • Mon projet steampunk est plus ou moins en stand-by sur le début de l'acte II, mais j'ai noté des péripéties intermédiaires à mettre dedans. Je m'y remets dès que possible.
Donc happy birthday, mon blog ! 
Et que le printemps se poursuive aussi bien qu'il a commencé !

Fabriquer son établi

Pour mes petits travaux de bricolages, j’avais un établi pliant premier prix, qui m’a lâchement lâché cet hiver. j’ai donc entrepris la tâche de le remplacer

Tant qu’à faire, et parce que j’avais de la place, j’ai voulu un établi fixe, et pas un nouveau machin pliable. Et après quelques mois à chercher en vain une table assez solide pour être recyclée et à pleurer sur le prix du matériel neuf (fixe ou pliant, ça coûte un rein et demi, ces machins-là, et si l’on en croit les commentaires, il faut même vendre un enfant en pièce détachées si l’on veut quelque chose qui résiste réellement au bricolage).

Je suis donc allé là où l’on trouve réponse à tout: sur les vidéos de tutorial de Youtube. Et là, c’est la fête, avec des dizaines de gens qui te font des vidéos sur « comment fabriquer un établi à pas cher », principalement des américains.

Passés la barrière de la langue (mine de rien, le vocabulaire technique n’est pas non plus celui qu’on utilise le plus souvent dans les conversations de tous les jours), le pµ#@!$ de système impérial, et la compréhension de ce que peuvent bien être des « 2×4 » 1 dans un magasin européen, il a fallu s’atteler à la conception du bouzin.

Exeunt les modèles à base de tablier en planche de poutre (ouais, les mecs se fabriquent des plateaux d’atelier de 2, voire 4 pouces d’épaisseur, just because – et puis de toutes façons, je n’avais pas la moitié des outils nécessaires pour le faire), j’ai décidé de partir sur un modèle « en plateau sandwich ».

Un peu de brouillonnage pour:

  • récupérer les idées à droite à gauche (même si je me suis largement inspiré de certains montages, je n’ai pas cloné une méthode des internets de A à Z)
  • calculer les longueurs de bois nécessaires
  • calculer la visserie nécessaire (en particulier la longueur dont j’ai besoin)
La première ébauche, et le design « définitif » (j’ai abandonné le pied central pour cause de « j’ai pas envie de claquer 50€ dans un kit de vis cachées)

L’idée est assez simple: sur les côtés, deux « carrés » sur lesquels on fixe deux « potences ». Les barres en longueur sont un peu en retrait pour laisser du dégagement pour des serre-joints, et l’on colle deux renforts transversaux.

Pour les dimensions: 1m50 de long, 60cm de profondeur et une hauteur de… heu on va partir sur 1m pour les calculs, mais ça sera certainement un peu moins.

Et c’est parti pour une shopping-list chez Lemagicyen-Arthur. Le truc le plus équivalent au « 2×4 » américain que j’ai pu trouver, c’est du demi-chevron en 40×75 (ce qui colle presque question dimensions) en 3m de long… Et bien évidemment, impossible de mettre la main sur la dalle que j’avais visée qui faisait exactement 60cm de profondeur. Tant pis, on se rabat sur un panneau d’OSB de 67.5cm, ça fera un peu plus de dégagement sur l’avant 2.

C’est là qu’on est content d’avoir une Voiture A Grand Coffre(tm)

Et c’est parti pour l’assemblage:

  • découpage des longueurs: 6×45, 6×90, 2×134
  • Assemblage des carrés et première déviation par rapport au plan. La barre basse au niveau du sol, c’est pas super-joli, alors je la surélève de quelques centimètres (7.5 très précisément: c’est la hauteur d’un morceau de bois, ça fait un gabarit tout trouvé). Pré-perçage et vissage (des vis de 90mm de long: on traverse le bord long du bois)
  • Assemblage des potences… Et merde, j’ai mal compté, il faut que je recoupe deux longueurs de 90
On va quand même regarder ce que ça donne en fixant ça vite fait avec des serre-joints
  • retour à la scie, pour deux nouvelles coupes de 90
  • Montage de la deuxième potence
  • Fixation de la structure (en vérifiant que tout est d’équerre: le bois, c’est quand même assez fourbe de ce point de vue) en ne lésinant pas sur les vis (alternativement depuis le montant extérieur et le montant intérieur)
  • Installation des renforts pour le dessous du plateau
Le premier renfort en cours de fixation. Je me suis demandé si ça n’aurait pas été plus facile en retournant le meuble, mais en fait, dans cette position, c’est vachement plus facile pour visser

C’est là qu’intervient la deuxième déviation par rapport au plan: à cause d’une coupe ratée, je me suis retrouvé avec deux tronçons d’un peu moins de 45cm. Alors tant qu’à faire, au lieu d’une grande traverse, autant mettre deux jambes, comme me l’avait suggéré Franck après mon teasing du plan sur le les réseaux sociaux

La structure terminée, yapluka poser le plateau

Pour la découpe du plateau, il est temps d’expérimenter une ruse des amricains: en prenant mes plaques, j’ai aussi récupéré une paire de panneaux d’isolation en polystyrène épais. Comme ça, je pose ma planche dessus, je règle ma scie pour que l’épaisseur de coupe soit tout juste supérieure à celle de ma planche à découper, et je peux scier « au sol » sans risquer de niquer, au mieux ma scie sur le béton, au pire moi parce que la scie a tapé sur le béton et qu’elle m’est revenue dans la gueule. Et c’est aussi vachement plus sûr que de scier sur des tréteaux…

Un petit coup de ponçage avant de poser la planche, et on visse généreusement

On voit bien le débord de quasiment 10cm à l’avant de l’établi.

A cette étape, l’établi est quasiment fini. Il peut commencer à prendre sa place dans l’atelier.

prochaines étapes (dans le désordre):

  • monter un support pour ma scie à onglet. Légèrement surbaissé par rapport à celui-ci (comme le jardinet des chevaliers qui disaient Ni) pour que le niveau du plateau de la scie soit à celui de l’atelier.
  • S’il me reste du bois, fabriquer un tréteau à hauteur pour l’autre côté (je n’ai pas la place de mettre un second établi à demeure, mais un tréteau permettrait de tenir les longs morceaux)
  • Mettre la deuxième épaisseur d’OSB pour avoir un plateau virtuellement indestructible (3cm de plateau, c’est mieux que 90% des établis du commerce)
  • Mettre un revêtement. En première intention, ça sera poncer/vernir, mais on me suggère de fixer une plaque métallique. Même si j’ai un léger doute sur l’utilité, à part pour servir d’abri en cas de guerre nucléaire 😀
  • Passer au projet suivant 😀
Sinon, on avait essayé de me vendre ça, mais j’ai quelques doutes…

Notes:

  1. visiblement, le format standard auquel on achète du bois outre-Atlantique
  2. à moins qu’il ne finisse raccourci, quand tout sera terminé

Ton Oph a aimé : Poets of the Fall, Ultraviolet tour, Paris



Quand on me connaît d'un peu près, on ne peut pas ignorer que mes goûts musicaux sont globalement plutôt rock et que, parmi les quelques groupes dont je suis l'actualité au jour le jour, il y a les Poets of the Fall.
En Finlande, POTF, c'est plus de quinze ans de carrière, huit albums et des concerts qui remplissent de grandes salles. En France... rien. Enfin, peut-être un peu depuis que Françoise Hardy a repris en français un de leurs titres dans son dernier album (leur donnant l'occasion de passer pendant une minute sur France Télévisions).

Sleep vs. Dors mon ange

Depuis quelques années, c'est devenu un rituel : j'emmène mon fils voir un concert de chaque tournée européenne des Poets of the Fall. Le plus dur est encore de trouver un lieu et une date qui nous conviennent, en termes de logistique.
En octobre 2014, nous sommes allés à Nuremberg.
En décembre 2016, à Francfort.
Mais le 20 mars 2019, pas besoin de prévoir le train ni l'hôtel : pour la première fois de son histoire, le groupe est venu jouer en France, à Paris.

Le concert a eu lieu au théâtre Les Étoiles, une petite salle histoire de tester le public français. La capacité si on met des chaises (et sans stand de merch) est de 180 places. À vue de nez, en mode debout et sans tasser le public, il devait y avoir 200 ou 250 billets vendus pour la soirée.
Premier bon point : tout était complet une semaine avant.
Deuxième bon point : les gens savaient pour qui ils venaient. Toute la salle a chanté Carnival of Rust, le gros tube du groupe.

La vidéo date de 2006. Il y a une dizaine d'années, elle a été élue meilleur clip de musique finlandais de tous les temps.

J'ai eu droit à une double louze en arrivant : on m'a filé le seul soda avec une paille trouée au niveau du soufflet (pas pratique pour boire) et je me suis rendu compte que j'avais perdu mes bouchons d'oreilles (acouphènes bonjour). Heureusement, la série noire s'est arrêtée là.

En première partie, découverte super sympa avec Blackout Problems, un groupe allemand beaucoup plus punk/électro/indus/whatever que les POTF, mais à l'énergie communicative. Le chanteur a voulu parler français mais a eu du mal à dépasser le stade du "ça va ?" qui est devenu la punchline de la soirée.


Fort logiquement, je l'ai chopé à la sortie pour lui dire que je n'irais nulle part sans mon "ça va" personnel, je lui ai filé son CD et un stylo, et il a obéi pour se débarrasser de moi.


(c'est dans des moments comme ça que mon fils a honte)

Quant aux Poets of the Fall eux-mêmes, que dire ?
Ils étaient juste parfaits.
Heureux de venir enfin jouer à Paris, parce que la ville fait rêver et que Jari, le batteur, a eu autrefois une petite amie française. Excellents comme d'habitude, parce que c'est un groupe très carré et pro, donc les couacs techniques ont été rares et discrets. Pleins d'énergie, jeu de scène entraînant malgré la petite taille de la scène (au début, je me suis demandé comment ils comptaient tenir à six là-dessus) et mimiques communicatives. À la fin du set copieux et varié (17 morceaux venant de la quasi-totalité des albums), ils étaient rincés. Je crois que si on leur avait soufflé dessus, ils seraient tombés.

N'hésitez pas à cliquer sur les images pour les afficher en plus grand.

Un super concert, une super soirée, des émotions, de l'excellente musique...
Que demander de plus pour bien commencer le printemps ?
J'espère revoir les Poets of the Fall à Paris lors de leur prochaine tournée, de préférence dans une salle un peu plus grande, d'autant que cette fois, j'ai prévu d'amener aussi ma fille.

Livre Paris 2019 (15 mars 2019)

"Hé, mais dis, on ne te voit pas beaucoup en ce moment !"
C'est vrai. J'ai du travail par-dessus la tête, et pour ne rien arranger, j'ai eu la bonne idée de rédiger deux romans en parallèle, sur lesquels j'avance à la vitesse d'un escargot malade, réduisant d'autant mes chances de finir un des deux textes dans un délai raisonnable. Mais que l'on se rassure ! Mon prochain roman paraîtra bien à l'automne. On y travaille.

En attendant, les éditions Lynks ont décidé de sortir ton Oph de son placard et de la déposer derrière une table de dédicace à Livre Paris.

Je serai sur place le vendredi 15 mars, et seulement le vendredi 15 mars, de 14h à 20h sur le stand des éditions Lynks (emplacement S69).
Ensuite, je disparais du salon. Pouf !
Mais puisque j'ai l'occasion de me la péter un peu, voici la page dédiée à ma dédicace sur le site de Livre Paris.

Atomic diamonds

Ce matin, j’ai vu passer sur le fil d’un de mes réseaux sociaux une de ces mini-vidéos « inspirantes » sur une solution « géniale » à une partie du problème de l’énergie

Dans cette vidéo, il était question d’utiliser des diamants (de synthèse) « dopés » au Carbone 14, dopage qui produirait 1 un courant électrique pendant toute la période de désintégration de l’isotope, soit plusieurs milliers d’années. La « batterie » ainsi fabriquée serait d’une solidité à toute épreuve (le diamant reste l’un des matériaux les plus solides au monde), inusable (à vie humaine), pratique (pas de pièce mobile, pas de possibilité de fuite de produit toxique, besoin d’une isolation minimale), bref un candidat idéal pour être collé partout. Et les carbone 14, me demanderez-vous? On pourrait le récupérer dans les déchets nucléaires, il y en a plein…

Et c’est là qu’est la fausse bonne idée.

Depuis que l’on s’y intéresse (soit maintenant un bon demi-siècle au bas mot), le recyclage et la valorisation des déchets nucléaires est un chantier colossal dont le maître-mot est « faire simple ».

Faire simple pourquoi?

D’abord parce qu’il y a contamination: quand quelque chose de radioactif rentre en contact avec un matériau inerte, celui-ci récupère « un peu » de sa radioactivité, et devient donc lui-même un futur déchet nucléaire à recycler. On a donc intérêt à limiter au maximum l’équipement utilisé pour le traitement des déchets, pour ne pas trop augmenter leur volume.

Ensuite pour la robustesse. Un environnement radioactif, personne n’a envie d’y passer plus de temps que nécessaire. Donc la maintenance doit pouvoir être réduite à sa plus simple expression et l’on doit donc limiter au maximum les composants « fragiles ».

Enfin, la question financière entre en ligne de compte et il serait illusoire de vouloir mettre en place une filière de traitement qui coûterait plus cher que les gains apportés par la filière.

Et dans cette situation, l’extraction de carbone à un degré suffisamment pur et les étuves de compression nécessaires à la fabrication dudit diamant 2 ne me semblent pas vraiment répondre aux critères évoqués ci-dessus…

Il y a 15 ans, je bossais pour un labo australien qui avait développé (et même breveté) une technique ultra-performante de confinement des déchets nucléaires: un « rocher de synthèse » dans lequel chaque élément radioactif était bloqué dans une matrice cristalline correspondant à son gabarit (imaginez des balles de différentes tailles à caler dans les trous de grillages de façon à ce qu’elles ne bougent pas. Soit vous avez un grillage avec des trous dont on peut faire bouger la taille – et c’est une matrice vitreuse, moins solide – soit il vous faut plein de bouts de grillage avec des trous de tailles différentes, et ce sont des céramiques).

Sur le papier, la solution était géniale: la céramique est beaucoup plus robuste que le verre utilisé actuellement, et leur système leur permettait de synthétiser en même temps toutes les céramiques nécessaires au confinement de déchets mélangés, sans étape de tri préalable. Un prototype industriel avait même été réalisé en environnement « froid » 3.

C’est là que le bât a blessé: l’installation était au final trop complexe pour être exploitable dans un contexte radioactif. Depuis, ils cherchent une solution pour simplifier la germination de ces cristaux de céramique, mais (aux dernières nouvelles) ça n’avance pas bien vite…

Tout ça pour dire que, dans le domaine du nucléaire, les informations trop évidentes (dans un sens comme dans l’autre) sont certainement trop belles pour être vraies…

Notes:

  1. j’avoue que je ne suis pas allé reprendre mes cours de cristallographie, donc on va les croire sur parole
  2. ah, ai-je précisé que quand on a un matériau radioactif, on n’aime pas le laisser trop longtemps au même endroit? Ben oui, plus il reste à un endroit, plus il irradie la zone autour de lui…
  3. en opposition à « chaud », c’est à dire radioactif, et indépendamment de la température intrinsèque de ce qui circule dans l’appareil

Artistes citoyens, la pétition

En France et dans le monde occidental, le parallèle entre 1789 et 2019 n'aura échappé à personne : une classe dirigeante déconnectée du reste de la population, des inégalités sociales criantes, des revendications diverses montant d'un peu partout, des cahiers de doléance...
Bref, ça bouge. Ça essaime dans le reste de l'Europe.
Et il ne sera pas dit que cette grande vague de luttes sociales se sera faite sans les artistes !


Voici ce que dit la tribune, publiée sur un blog Mediapart et dont j'ai fait partie des premiers signataires :
Nous sommes résolus à participer à cette nouvelle alliance avec le monde dont le véritable défi n’est pas tant celui de résister que celui d’inventer. Nous sommes résolus à l’entraide et au trait d’union, pour inventer de nouvelles solidarités transversales. Nous sommes résolus au combat d’une créativité partagée, pour prendre notre part dans la revitalisation de la démocratie.
(oui, c'est un peu verbeux, mais ce n'est pas moi qui ai rédigé le texte)

On peut désormais s'associer à ladite tribune en signant une pétition sur Change.org

La pétition est ici.
Et on clique, et on signe !

The books that should not be

Quelques idées de couvertures, suggérées par des messages ces derniers jours…


« Sapristi, j’ai tout compris ! » s’écria le commandant BOB MORANE, « Voici donc le secret de ce mouvement séditieux qui, depuis un mois, plonge le pays dans le chaos ! Le chef occulte des gilets jaunes n’est autre que… L’OMBRE JAUNE ! J’aurais dû y penser plus tôt ! »

« Je suis impressionné par vos capacités de déduction, commandant Morane ! » répondit le PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE : « Je vous nomme chef du GIGN, ensemble nous allons faire ÉCHEC A LA SUBVERSION ! »

Texte par N. Malliarkis (sur Facebook)


Une autre idée suggérée, cette fois-ci sur Twitter

Souvenirs des Utopiales 2018 : l’art de causer dans le poste

J'étais aux Utopiales du 2 au 4 novembre 2018.
Pourquoi attendre si longtemps pour rédiger un billet à ce sujet ? Parce que j'attendais d'avoir les liens vers toutes les tables rondes, pardi !

Les z'Utos, j'y avais juste fait un très court saut, en simple visiteuse, il y a quelques années. J'avais surtout traîné au bar où je rencontrais des camarades. D'ailleurs, en 2018, j'ai aussi un peu traîné au bar, mais moins. Et surtout pour parler à des camarades.
Mais cette fois, j'étais invitée, et ça change tout.
L'ambiance de fourmilière s'apprécie mieux quand on reste plusieurs jours et que l'on prend le temps d'observer les déplacements entre les conférences, la librairie, les expositions, les jeux et les séances de cinéma. C'est tout un petit monde qui vit à cent à l'heure dans la Cité des Congrès, les yeux grand ouverts sur l'imaginaire.
Et pour quelqu'un comme moi, quelqu'un d'effroyablement timide, quelqu'un qui lutte tous les jours contre un complexe de l'imposteur XXL, il y a eu la sensation extraordinaire de faire partie de ce monde, pour de bon, à part entière.

Dès la sortie de la gare, les retrouvailles avec Nantes, la ville de mes études, rayonnante sous un beau soleil d'automne, m'ont fait friser l'overdose émotionnelle. Pendant tout mon séjour, je n'ai pas quitté ce petit nuage, engrangeant des tas de moments mémorables (conversations avec Mélanie Fazi, compliments de Laurent Genefort, piles de bouquins en dédicace, naissance de l'Observatoire de l'Imaginaire, ou encore la rencontre au sommet entre Clémence Lossone et Jean-Marc Ayrault).

Le photocall en folie

Mais surtout, mes Utopiales, ça a été trois tables rondes dont ma toute première en tant que modératrice, un exercice inédit dont, paraît-il, je me suis presque bien sortie.
Grâce à Actusf (que mille fleurs de chèvrefeuille embaument chacun de leurs pas), les trois sont désormais disponibles à l'écoute, quand vous voulez, où vous voulez.

Bref, un week-end de travail, oui, mais du travail passionnant (et rémunéré au tarif légal de la table ronde).
Si j'ai l'occasion de revenir en 2019, je le ferai avec plaisir. Plutôt deux fois qu'une !

2018 vs. 2019

Mon année 2018 s'est achevée dans les larmes, au sens propre. Pendant mes quelques jours de vacances, je pensais lire des livres et aller au cinéma. Je n'ai fait ni l'un ni l'autre. À la place, j'ai beaucoup dormi et beaucoup pleuré.
Paradoxalement, ou pas, je pense que ça m'a fait du bien.
Au moment des bulles et des premiers vœux, tout allait déjà mieux, et j'ai repris confiance pour 2019.

Cheers!

Je vous souhaite une année belle et bonne, alors que l'Histoire est en marche et que nul ne sait où elle nous mènera. Des catastrophes naturelles aux injustices sociales, des zadistes aux gilets jaunes, il se passe des choses, et si l'humanité en réchappe, la période que nous vivons finira dans les manuels. Tout change et nous avec.
"Est-ce que c'est bien ? Est-ce que c'est mal ?" demanderait un chanteur connu.
Wait and see.

J'avais deux bonnes résolutions pour 2018 : aller voir mes grands-parents (ce sont finalement eux qui sont venus à moi) et enregistrer une vidéo par mois (c'est réussi). Rien à redire à ce niveau.

Écriture

En 2018, je voulais écrire Rouge Canon. Raté, je viens tout juste de terminer le premier acte, dont le volume laisse imaginer un roman final autour des 500 ksec (soit 75 kmots pour les gens qui convertissent tout en mots). C'est le volume de mes romans "moyens-longs".
Au rayon des réussites, j'ai finalisé Au-delà des lumières, rédigé deux nouvelles et vendu Ysa Zéro. La nouvelle édition de La dernière fée de Bourbon semble avoir plutôt bien trouvé son public, elle aussi.


La première moitié de l'année 2019 sera placée sous le signe de Rouge Canon : ce roman doit être écrit, quoi qu'il arrive. J'avancerai donc dessus à mon rythme...
Mais la nouveauté, c'est que je me suis lancé un défi sur un coup de tête. Afin d'exorciser ma crise créative, je vais publier par épisodes, sur un support gratuit et de façon anonyme, un polar fantastique que j'ai commencé à rédiger.
Travailler sur deux romans en parallèle, je l'avais déjà fait. Mais jamais les deux au stade de l'écriture. Autant dire que c'est sport.
Et en même temps, je trouve curieusement stimulant l'exercice consistant à sauter, à intervalles irréguliers, entre "Paris uchronique 1929" et "Londres fantastique 2019".

Par la suite, si par miracle je termine Rouge Canon avant la fin de l'année, il est probable que le chantier suivant soit un roman Young Adult contemporain. Après tout, maintenant que j'ai non pas une, mais deux idées de base dans ce domaine (et un lycéen à la maison pour me servir de consultant), ce serait dommage de ne pas me lancer.

Au rayon des parutions, Ysa Zéro doit sortir à la fin de l'année. La direction éditoriale commencera quand elle commencera (coucou à toi, ma charmante directrice d'ouvrage) et le reste devrait rouler. Aucune autre publication n'est confirmée pour l'année, mais il devrait y avoir entre une et trois nouvelles chez les bons dealers, à des dates encore indéterminées.
Je n'exclus pas, si j'en ai le temps et l'énergie, d'auto-publier un de mes textes inédits, voire de ressortir Fille des deux rives avec son roman-reflet Fils du miroir.

Santé, vie et empreinte

Pour la deuxième année consécutive, j'ai réussi à prendre un rythme d'activité correct à la belle saison, effectuant régulièrement mes 20 petites minutes de course, pour arrêter comme un vieux caca dès que les jours raccourcissent.
Je tâcherai de m'y remettre, parce que je dois entretenir mon palpitant.
L'inscription à la salle de sport sera peut-être envisageable à partir de la rentrée de septembre. À voir en fonction des réalités de mon emploi du temps d'ici là.

Je poursuis le glissement de mon alimentation vers des produits moins transformés, plus locaux et plus respectueux de l'environnement. En particulier, en 2018, j'ai récolté une bonne dizaine de kilos de tomates dans mon jardin, pour à peine 2 m² occupés par les plantations. En revanche, aucune progression sérieuse dans la diminution des produits d'origine animale.
La tendance devrait se poursuivre en 2019.

Pendant qu'on parle du jardin, j'ai poursuivi les plantations et commencé à domestiquer le vieil églantier, mais les quatre mois de sécheresse subis l'été dernier m'ont coûté une bonne partie de ma pelouse déjà bien attaquée par la mousse.
En 2019, il faudra décompacter le sol et replanter de l'herbe. De quoi faire encore un peu de sport.

En gros

J'ai envie de faire plus de choses, d'être plus heureuse et de me reposer. Un sacré problème de quadrature du cercle.