Un canapé pour poupée


Quand on a des poupées mannequin taille Barbie, et qu'on veut un peu meubler leur intérieur, le choix bascule (en gros) entre le machin en plastique rose-beurk (pas un joli rose, hein, un authentique rose-beurk breveté) et la création d'artisan à 80 euros (qu'à la limite, tu t'offrirais bien si c'était pour collectionner, mais savoir que la chair de ta chair en fera de la charpie le soir même de la livraison te file des frissons d'avance).
J'ai donc opté pour l'option bricolage.


C'est sûr, ça ne vaut pas les créations artisanales en marqueterie, mais rien qu'avec ça, tu t'assures de garder encore, au moins pour quelques jours, le statut de divinité mineure auprès de ta progéniture.

Pour bricoler un canapé vite fait, j'ai utilisé :
  • une vieille boîte de chocolats avec armature en bois.
  • la mousse qui protégeait les trois dernières barrettes que j'ai commandées sur Etsy (moralité : toujours garder les emballages).
  • un bout de contreplaqué de récup qui traînait au fond du garage.
  • du tissu rose (c'est Poussinette qui a choisi).
  • quatre grosses perles en bois.
  • un bon gros tube de colle, qui en a pris un coup, d'ailleurs.
  • des ciseaux classiques tous usages.
  • des ciseaux à tissu.
Première étape : se débarrasser des attaches (mignonnes mais inutiles) de la boîte.


J'ai tenté de coller le rabat en position fermée, mais ça n'a pas trop marché. Heureusement, ce n'était pas nécessaire pour que l'ensemble tienne.
Deuxième étape : découper un des bouts de moumoute pour le transformer en accoudoirs, et disposer les deux autres le long du dossier. Vérifier que ça ressemble à quelque chose.


Ceci étant fait, on colle la moumoute sur le bois, et on attaque le découpage du tissu.


Il faut deux morceaux, un qui couvre le dossier (sauf la partie à coller sur le siège) et un qui couvre le siège (sauf le fond).
Ensuite, on va les fixer sur leurs armatures respectives à l'aide d'une généreuse dose de colle.


On laisse sécher sous presse (deux manuels de programmation informatique et un cubi de Côtes du Rhône) avant d'attaquer l'assemblage.
Et rebelote : on encolle, on presse, et on fait autre chose le temps que ça sèche.


Non, je ne plaisantais pas en parlant du cubi.
Une fois que ça tient, on peut démouler et ajouter les pieds, constitués chacun d'une grosse perle en bois qu'il suffit de coller sous le siège.


Il suffit alors de poser le canapé sur ses quatre pieds et de l'oublier encore quelques heures pour obtenir un jouet 100% récup (donc encore moins cher que le machin rose-beurk importé de Chine) sur lequel deux poupées peuvent s'installer presque confortablement.


L’après-shampooing maison pour les nuls (et par les nuls, aussi)

Un jour, j'ai voulu arrêter de mettre n'importe quoi dans mes cheveux.

Clarifions la situation : ma chevelure est une de mes grandes fiertés. Lisse depuis toujours, mais un peu ondulée depuis la naissance de Poussinette, elle arbore une belle nuance de brun, quelque peu cuivrée par mes gènes de rousse. Elle s'emmêle peu, bref, aucun souci particulier de maintenance. Je ne la coupe donc plus depuis des années, ce qui lui a permis, semble-t-il, d'atteindre sa longueur maximale (obtenue en multipliant la vitesse de pousse par la durée de vie d'un cheveu).

Selfie-de-cheveux.

Alors est arrivé ce jour où la liste des ingrédients dans les produits capillaires m'a un peu fait peur. Tout cela était-il bien raisonnable ?
Pour le shampooing, j'ai une bouteille de machin bio qui me durera encore quelque temps. En revanche, avec ma longueur, s'il y a un produit dont je fais une consommation à la limite de l'industriel, c'est bien l'après-shampooing.
Que j'ai donc décidé de tambouiller moi-même, pas forcément en 100% bio, mais au moins, en sachant ce que je mettais dedans.

Un après-shampooing, concrètement, c'est quoi ?
C'est une émulsion (huile + eau  + émulsifiant) enrichie en éléments qui font du bien aux cheveux. Idéalement, c'est acide, pour resserrer la fibre capillaire.
Et ça peut tout à fait se fabriquer dans une cuisine équipée du minimum, à savoir, un batteur électrique et de quoi bidouiller un bain-marie.

Mon après-shampooing pour les nuls

Matériel
  • Un bain-marie (j'ai fait tout ça dans ma sauteuse posée sur mes feux au gaz).
  • Deux petits récipients pour aller dedans (des boîtes compatibles micro-ondes feront l'affaire, à condition d'être nickel-propres et de préférence désinfectées – au moins une des deux doit avoir une largeur suffisante pour y faire tourner votre batteur).
  • Votre batteur électrique.
  • Une cuillère pour touiller avant de battre le tout.
 Ingrédients
  • Des produits à base d'eau pour la phase aqueuse (j'ai mis du jus de citron, de l'hydrolat de rose, et un peu d'eau – en bouteille, c'est mieux).
  • Des produits gras pour la phase huileuse (j'ai mis de l'huile d'olive, de l'huile de coco, de l'huile de jojoba et de l'huile d'argan).
  • Un émulsifiant (j'ai mis du BTMS, recommandé par Aroma-Zone pour les produits capillaires – il se mélange avec la phase huileuse).
  • Un conservateur (j'ai pris le "Naticide" de chez Aroma-Zone).
  • Des trucs en plus si ça vous fait plaisir (j'ai ajouté du Honeyquat et de l'huile essentielle d'ylang-ylang).


Quoi, les proportions ?
Pifométriques, pour un volume global d'un peu plus de 100 mL.
Le tout est d'avoir un micropoil plus de phase huileuse que de phase aqueuse, et de ne pas hésiter à avoir la main un peu lourde sur l'émulsifiant (le produit sera plus épais, mais au moins, vous ne foirerez pas votre émulsion). Les huiles essentielles, toujours très peu. Pour le Honeyquat, dégagez le compte-goutte, on en met quelques mL.

Panique en cuisine !
  • Mettez de l'eau à bouillir dans votre bain-marie.
  • Pendant que ça chauffe, préparez votre phase huileuse dans un des récipients (celui dans lequel vous battrez le mélange) et votre phase aqueuse dans l'autre.
  • Quand ça frétille, mettez la phase aqueuse à chauffer.
  • Attendez deux ou trois minutes, puis mettez aussi la phase huileuse.
  • Indice pour la température : le BTMS fond à 55°C. Quand il est complètement dissout dans l'huile, on peut raisonnablement estimer que la température est suffisante pour permettre l'émulsion. Attendez encore un peu pour être sûr.
  • Sortez la phase huileuse du bain-marie, enclenchez le batteur.
  • N'attendez pas trop avant de sortir la phase aqueuse et de la verser dans la phase huileuse, batteur toujours en marche.
  • Bzzzzzzzzzz... (quelques minutes, ça va refroidir, et commencer à épaissir, si tout va bien).
  • Ajoutez les ingrédients complémentaires, un par un.
  • Quand tout est bien mélangé, logiquement, c'est presque froid. Arrêtez le batteur, c'est terminé.
 Tadam !

Si vous souhaitez un emballage plus classe, il ne vous reste plus qu'à transférer amoureusement le produit dans votre joli pot, lui aussi nickel-propre et de préférence désinfecté. Une maryse vous aidera à en perdre le moins possible dans l'opération.

Merci, tatie Oph !