Bob et Manu

Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait.

Les Tontons Flingueurs

Robert est un con

Robert est un provocateur, qui sous prétexte de montrer son « indépendance », utilise à ses fins électoralo-publicitaires toute une série d’éléments symboliques pour une partie des Français, en les souillant au passage. Quelques mois après l’inauguration en grandes pompes dans le plat d’un crèche dans les locaux de sa mairie (ce que personne ne lui avait demandé, et pour faire parler de lui en pleine « affaire des crèches »), il a remis le couvert en décidant de rebaptiser la rue du 19 mars 1962 1 en rue Hélie Denoix de Saint-Marc 2.

Bob a beau pousser de hauts cris, en disant qu’il a juste voulu rendre hommage à un héros de la France (ce qui est vrai), l’amalgame est là, et c’est lui qui le pose. C’est lui qui roule le nom d’Hélie de Saint-Marc dans la boue, en le réduisant de facto à l’épisode du putsch d’Alger (sans une seconde s’intéresser à ce qui l’a poussé à prendre cette décision), et à le forcer de façon posthume à entrer dans le camp de ceux qui veulent l’Algérie Française tout en expliquant aux fils d’algériens en France qu’ils n’ont rien à y foutre 3

Bref Robert est un troll de bas étage (et en ce qui me concerne et vu l’instrumentalisation qu’il fait de sujets et de personnes qui me sont chers, un con).

Manuel est un con

Manuel est génial en ce moment. Dès qu’un membre d’un parti qui n’a pas l’heur d’être bien sous tous rapports fait un truc pas bien sous tous rapport, il ne manque pas une occasion de monter au créneau pour expliquer à quel point ce parti est méchant pas gentil, que les gens qui votent pour celui-ci sont au mieux des idiots congénitaux, et au pire de dangereux agents de l’anti-France (#OhWait), et qu’ils devraient tous aller brûler en enfer.

Sauf qu’il oublie deux choses:

  • la première est que des gens comme Robert l’ont parfaitement compris, et s’arrangent donc pour le faire dégoupiller dès que possible (ça n’a pas loupé. Manu est rentré dans le lard du troll de Bob comme le taureau des arènes dans le mouchoir rouge du matador).
  • La seconde est que Manuel semble oublier qu’il est premier ministre, et a à ce titre un rôle qui devrait être celui du rassembleur. Et j’ai quelques doutes sur la capacité de rassemblement d’un anathème systématique (et assez pauvrement argumenté) d’une partie non négligeable de l’électorat français (on rigole on rigole, mais même en prenant en compte l’abstention, on s’est retrouvé avec 1 français sur 10 qui a collé un bulletin des « amis de l’Anti-France » dans l’urne)

Bref Manuel semble faire du calcul électoraliste à la petite semaine, braquant une partie des gens, en énervant franchement d’autres 4, et surtout sans à aucun moment se demander pourquoi on en est là et ce qu’il faudrait faire pour redresser la situation. En un mot ce qu’on demanderait à un gouvernement.

Quand on pense que ce sont ces cons qui nous gouvernent 5, on est en droit d’être franchement inquiet pour l’avenir (et franchement emmerdé la semaine prochaine, quand il s’agira de coller un bulletin dans une enveloppe…)

Notes:

  1. pour les deux du fond qui dormaient en cours d’Histoire, il s’agit de la date de l’indépendance de l’Algérie
  2. Pour ceux qui ont la flemme de lire sa fiche Wikipedia, il s’agit d’un militaire, résistant, déporté, et commandant par intérim du 1° REP au moment du putsch d’Alger
  3. ce qui, de mon point de vue, témoigne d’un léger manque de cohérence
  4. note for self: demander à @samuel_laurent et ses copains datacheckeurs de calculer qui parle le plus du regroupement bleu foncé ces derniers temps…
  5. qu’on ne se méprenne pas, je n’ai pas une opinion vachement plus haute de ceux que je n’ai pas cité ici

Le silence après la tempête

11 septembre 2001. Deux avions se sont encastrés dans le World Trade Center quelques heures plus tôt. Je prends le métro pour rentrer chez moi. Dans la rame bondée, le silence absolu. Et des regards qui se tournent instinctivement vers la plaque vissée au mur de la station Port Royal…

Mars 2012. Je suis en transit par Toulouse, alors même qu’un fou dangereux vient d’abattre 4 personne et est en fuite en scooter. Dans le taxi qui m’emmène à l’aéroport, ce même silence, et les regards furtifs du chauffeur dans ses rétroviseurs…

Aujourd’hui encore, les couloirs du métro et le quai de la gare ont sonné creux. Aujourd’hui encore l’horreur a frappé à la porte, et nous nous retrouvons encore une fois groggy.

Bande de cons.

Not all men

J’ai déjà exprimé en ces pages certaines de mes réticences envers les positions féministes sur le patriarcat, la culture du viol et les « mâles hétéro cis blancs », en grande partie parce que je n’arrive quasiment jamais à m’identifier à ce portrait du mâle alpha prétentieux et imposant sa volonté aux autres qui sont naturellement inférieurs. J’ai longtemps pensé à des explications personnelles, à commencer par le fait que j’ai été très longtemps (très) petit et maigrichon, ce qui, couplé à mon an d’avance, ne risquait pas de me pousser à la dominance de quoi que ce fut. C’est seulement il y a quelques jours qu’au détour d’un lien croisé sur ma timeline Twitter 1 que j’ai compris la cause profonde de ce décalage: je n’existe pas.

Enfin si, j’existe, je me suis rencontré, mais en tant que groupe social, je suis méconnu par les études de genre.

petit rappel à destination des masses qui ne connaissent le genre qu’à travers les inepties de Najat Valleaud-Balkacem ou Christine Boutin: les études de genre sont un domaine d’étude de la sociologie traitant de la construction des identités « masculine » et « féminine », des représentations associées et des schémas sociaux qui en découlent.
Bref cet article mettait le doigt sur un profil systématiquement éludé dans le cadre des études de genre: l’homme laïc catholique.
Si la figure du prêtre et de la femme catholique sont abondamment documentées dans les études sociologiques, celle du laïc passe dans son immense majorité sous les radars. Pourtant, à de très nombreux égards, l’homme catholique n’est pas un homme lambda.
D’abord et avant tout (puisque beaucoup des relations homme-femme tournent autour du cul) dans sa vision de la femme. Outre la question de la monogamie exclusive, l’un des grands axes de la vision du couple, c’est ce mot de saint Paul:

Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Eglise

Et croyez-moi, quand on sait comment le Christ a aimé l’Eglise, c’est une putain de pression sur nos épaules…
En un mot comme en mille, quand on sort la putain de l’axiome « la maman ou la putain » qui résume chez certains la vision de la femme par l’homme, on aboutit à un concept fondamentalement différent, qui explique pas mal pour moi ce rejet du concept de « culture de viol » qui n’est pas ma culture.

Un autre point important, c’est que les figures éducatives ne mettent pas en avant la force brute ou la puissance dans un but égoïste, mais toujours dans une optique de service. Et au delà de la perspective évangélique, il est intéressant de repenser à la figure du chevalier qui exalte certes certaines vertus « masculines » telles que le courage ou le dépassement de soi, non pas à des des fins personnelles mais « au service » de grands idéaux ou des plus faibles. Idem avec les saints qui ne poutrent pas grand chose d’autre que des dragons et autres bestioles démoniaques et sont plutôt des figures de douceur et d’humilité.

Comme le disent les auteurs de l’article dans l’incipit de leur conclusion:

Il reste donc à élaborer une véritable réflexion sur ce que le catholicisme « fait » au genre et plus particulièrement au masculin. Si les discours religieux tendent à figer des modèles de genre, il semblerait qu’ils portent en même temps la possibilité de leur subversion. On peut parler d’un caractère « trans-genre » du catholicisme qui peut se révéler un facteur puissant de déstabilisation par rapport au modèle culturel.

En fait, je suis plutôt content de ne pas suivre le modèle culturel dominant, je l’aimais pas…

Notes:

  1. et dont je remercie chaleureusement le refferer, dont j’ai hélas oublié de noter l’alias

Culture du viol et généralisations abusives

Voila un billet qui va peut-être pouvoir lancer la polémique et des hordes de trolls velus sur mon site 1 mais voila. Pour une énième fois, je me suis fait refiler un lien sur la « culture du viol », et pour la énième fois, si je suis d’accord avec les grandes lignes du concept (la question du consentement) et de la plupart des solutions proposées pour sortir des cas problématiques (la… wait for it… discussion), il y a quand même plusieurs point qui me foutent franchement mal à l’aise sur ce sujet.

Le viol-doctissimo et la dialectique victime-coupable

Pour les deux du fond qui ont la chance de ne pas connaitre Internet (mais dans ce cas-là, que faites-vous ici), Doctissimo est un site de conseils médicaux, surtout connu sur les ondes du web pour ses forums au ton parfois alarmiste 2 (en gros, vous dites que vous avez un mal à la tête, quelqu’un vous diagnostiquera une méningite fulgurante ou un cancer du cerveau).
Ce que j’appelle « viols-doctissimo », ce sont toutes ces histoires de filles (généralement ce sont des filles) qui ne se rendent compte qu’elles ont été violées que parce qu’elles ont raconté leur soirée à une copine/leur club de lecture/sur Internet et qu’on leur a dit qu’en fait elles ont été violées. Sans nier que ce puisse être le cas (après tout, les gens atteints de méningite se plaignent aussi d’avoir mal à la tête), j’ai beaucoup de mal avec ces relations pour deux raisons:

  • la première, c’est le biais subjectif dans la narration. Qu’on le veuille ou non, notre mémoire des événements est biaisée par notre subconscient. Par exemple, si l’on a passé une soirée de merde, on va avoir tendance à axer notre récit sur ce qui n’est pas allé…
  • la seconde, c’est le biais subjectif de la part de l’auditeur. Le langage est également nécessairement interprété par le subconscient de l’auditeur. Par exemple, soit que je sois très porté sur les euphémismes ou que je sache que la personne en face de moi a souvent tendance à minimiser les choses, si j’entends « je n’avais pas très envie d’y aller », je vais interpréter « je ne voulais pas y aller » (même si dans ce cas-là, l’autre était quand même plutôt content)

Dans le même sujet, il y a cette dialectique qui me semble perverse victime/coupable. Là encore, je vois deux points d’achoppement:

  • le premier est que la victime n’est jamais vue que comme une victime pleine et intégrale du viol. A aucun moment il n’est envisagé qu’elle puisse avoir eu à un moment de la scène une attitude « violatrice ». Certes, Claude a fourré sa main dans la culotte de Dominique pendant cette soirée. Mais cet événement aurait-il eu lieu si Dominique n’avait pas goulument récuré les amygdales de Claude d’une langue inquisitrice dans le quart d’heure qui a précédé? Il n’est pas là question de dire que le récurage d’amygdale soit un billet pour une main dans la culotte, mais plutôt de ce demander si le récurage d’amygdales était bien consenti en premier lieu…
  • Le second, c’est la question du coupable. Parce que s’il y a une victime, il y a bien entendu forcément un… coupable. Et là, ce qui me dérange toujours un peu, c’est qu’autant la question de l’alcool, de la fatigue ou de substances moins licites apparait comme un facteur évident d’altération du jugement pour la victime, autant pour son partenaire, cela n’est jamais pris en compte. Or, sans aller jusqu’au somnambulisme érotomane, nier les effets désinhibiteurs des situations et produits susévoqués pour seulement la moitié de la population est un peu fallacieux de mon point de vue (et que celui ou celle qui n’a jamais fait de connerie sous le coup de la fatigue ou de l’alcool me jette la première pierre. Ne serait-ce qu’aller sonner chez le voisin à 4 heures du matin pour lui souhaiter bonne nuit, je ne parle pas forcément de trucs scabreux et/ou dangereux…). Là encore, il n’est pas question de dire que l’on peut faire ce que l’on veut sous l’emprise de l’alcool, mais de rappeler en amont que l’on risque de déraper et donc qu’il faut être vigilants 3

Violeur: le marquage au fer rouge

Là, je vais un peu jouer sur les mots et les idées, mais je pense que le sujet les mérite. L’éducation au consentement est quelque chose d’essentiel pour moi et, effectivement, la société ne nous pousse pas (mais alors pas du tout) dans ce sens avec, encore plus qu’une « culture du viol », une « culture de la violence » très forte où tout n’est vu qu’en terme de rapports de force et de points de rupture.
Et, sur le point plus particulier des relations intimes entre deux personnes (qui constitue le noeud de la « zone grise » de la culture du viol), je ne pense pas que quiconque, s’il regarde en toute honnêteté chacun de ses actes, puisse se déclarer totalement exempt d’une coercition ou d’un mépris du consentement de l’autre. Ne fut-ce qu’en disant « allez-heu » a son cher et tendre qui n’a pas envie de câlins ce soir.
Le problème, c’est que dans cette optique, l’utilisation de mots forts et violents tels que « violeur » va très exactement à l’encontre du but recherché. En montrant du doigt et en associant par le terme les actes les plus transitoires (ce « petit peu plus loin » qui peut devenir un « petit peu trop loin ») avec les pires ignominies (le viol que tout le monde imagine, avec la ruelle crade et la violence qui va avec), on va peut-être faire peur à une partie des gens, mais on risque aussi de radicaliser les gens qui se seront retrouvés à un moment où à un autre légèrement de l’autre côté de la ligne blanche, surtout dans un monde où la rédemption est un concept inconnu…

En plus, faisant partie de ces gens qui n’en ont rien à foutre des tombereaux d’anathèmes qu’on peut leur jeter et qui ne changent d’avis et de comportement que s’ils ont compris le bénéfice de ce changement, je sais à quel point noms d’oiseaux et cris d’orfraie peuvent être inutiles dans certaines circonstances…

La construction d’un monde meilleur ne passe pas par l’opposition des uns contre les autres, mais par l’avancée de tous dans la même direction.

Et pour finir sur une note musicale (comme toujours ici quand je parle de sujets sérieux):

Notes:

  1. Go ahead, punks, make my day!
  2. Et aussi parfois ses questions à la con, dans le genre « si je suis enceinte d’une fille et qu’on fait des trucs avec mon mari, est-ce que le bébé peut tomber enceinte? ». Ouais, de ce niveau-là.
  3. oui, il y a toute une éducation à ce sujet à faire

Poster dans WordPress depuis Diaspora*

Petit rappel pour les gens qui me liront depuis WordPress

Diaspora*, c'est un réseau social libre et décentralisé. Un genre de Facebook dispersé un peu partout dans le monde et pas dirigé par Mark Zuckerberg et sa notion… particulière de la vie privée, quoi. Géré par "pods" (les serveurs d'hébergement), il bénéficie de tout un tas de fonctionnalités pratiques, comme la gestion des contacts par groupes (un peu comme les cercles de Google+, pour ceux qui ont essayé de tester), ou la possibilité de poster directement des articles dans WordPress (le système de blogs à la mode aujourd'hui), si le pod en question a ajouté le service (ce qui est le cas de mon pod à moi: framasphere.org )

Qu'est-ce qu'il me faut?

Si vous avez un blog hébergé directement sur wordpress.com, ça ne devrait pas trop poser de problèmes. Sinon, vous avez besoin, outre de votre blog, d'avoir installé Jetpack et d'avoir activé le module API JSON (un truc qui permet à des applications tierces, comme par exemple Diaspora*, d'aller poster directement des messages dans votre blog.

Bien entendu, il vous faut aussi un compte Diaspora* (parce que sinon, comment poster depuis là?)

Comment ça marche? (sur Framasphere)

Dans la colonne de droite de votre flux Diaspora*, il y a un widget "services connectés". Vous cliquez sur le petit bouton avec le logo WordPress (je ne vais pas dire le petit bouton bleu, les autres services disponibles étant Facebook (bleu), Twitter (bleu derechef) et Tumblr (bleu itou)). Vous suivez ensuite les instructions, vous saisissez votre mot de passe WordPress(Jetpack) quand on vous le demande, celui de votre blog (si vous êtes auto-hébergé) quand on vous le demande, et ça devrait marcher.

Et si ça marche pas?

Vous avez pensé à installer Jetpack? A activer l'API JSON? Si oui, je ne sais pas. Mais rien ne vous empêche de compléter la procédure en commentaire…

Ceci est un test

Ceci est un test

Petit test d'intégration de Diaspora* dans mon WordPress… En espérant que ce serait bien une question de JSON…

Les petites phrases auxquelles Kate et William vont échapper

C’est officiel (et de là à dire que l’annonce a un lien avec les sondages sur l’indépendance écossaise, il n’y a qu’un pas que je m’empresse de ne pas franchir), le duc et la duchesse de Cambridge attendent (à nouveau) un heureux événement.
S’il est évident que la Royal Pregnancy Reloaded ne va pas aller sans certains inconvénients de la vie de tête couronnée (à commencer par l’installation de Stéphane Bern 1 sous les fenêtres de Buckingham et/ou de la maternité), voila un florilège de rélfexions que Leurs Altesses Royales n’auront pas à subir…

  • Mais ils ne sont pas un peu rapprochés quand même? (ndlr: George, né en juillet 2013, n’aura pas deux ans à la naissance du bébé)
  • Mais alors, vous allez devoir déménager/changer de voiture? (la rédaction ose espérer que même à Londres, ils ont la place pour élever deux enfants)
  • Et après, vous en voulez d’autres? (sous-entendu: vous êtes bien gentils, mais à partir de trois enfants, vous participez activement à la surpopulation de la planète)
  • (ou la variante inverse) Vous allez quand même pas vous arrêter là, hein? (déjà que quand c’est sorti à une femme pas enceinte, c’est un manque de goût total – voire une goujaterie de première, par exemple si le couple essaie d’avoir un autre enfant sans y arriver -, dit à une femme enceinte – ou à son mari – c’est juste insupportable)
  • Vous savez que la contraception, ça existe? (encore que ça, c’est plutôt à partir du trois ou quatrième enfant) (mais c’est gentil de sous entendre qu’on n’a rien suivi aux cours de bio du collège, qu’on est aveugle et sourd aux affiches et autres spots télés et qu’on n’a pas essayé de refourguer en douce la pilule dans l’ordonnance de sortie de la naissance du précédent 2)
  • Sans oublier le toujours très classe Ah ben ça va, vous avez pas perdu le mode d’emploi… (le genre de remarque où l’on se retient très fort de répondre « oui, on se disait qu’il fallait capitaliser sur notre entrainement »)
  • Par contre, eux aussi auront droit aux paris sur le sexe de l’enfant. Ce qui me rappelle qu’on me doit 3 bouteilles de champagne, à ce sujet…

    Notes:

    1. Le seul homme avec Jack Nicholson qui me fait flipper quand il sourit
    2. J’ai été effaré lorsqu’on m’a dit que ce genre de pratique avait lieu. Je trouve proprement hallucinant que l’on force la main de gens, surtout avec des produits qui ne sont pas du simple saccharose compressé…

    La vie sans Internet (ou presque)

    Pour les gens qui ne s’en doutaient pas, mon absence quasi-totale en ces lieux depuis le début du mois était causée par une période de vacances (en famille, au bord de la mer et, parce qu’il parait que c’était rare, principalement au soleil) sans Internet. Parce qu’en plus de ne pas avoir de WiFi dans la maison où nous étions (ce qui est somme toute assez compréhensible quand il s’agit d’une maison qui sert de location d’été), il n’y avait pas de 3G (même ce réseau de mauvaise qualité dont je me sers extensivement pendant mes trajets en train pour tromper l’ennui en pourrissant Twitter) ou presque (un vague coin du jardin, et encore, quand il ne pleuvait pas et qu’il n’y avait pas de tracteur à 500m alentours). Le tout sur la côte atlantique, et en vue du port de Saint-Nazaire.

    Et vous savez quoi? Ben c’était vachement bien

    Bon, bien évidemment, une grande partie du « vachement bien » tient au fait qu’on était en vacances, au bord de la mer, en famille (élargie, avec frères et soeurs, neveux et nièces), mais j’ai également trouvé très agréable le changement de rythme de vie imposé par cette déconnexion, et de remarquer la façon assez insidieuse qu’Internet sous la main a de s’infiltrer dans chaque moment libre.
    Avec Internet, on n’a plus de moment de pure glande, où l’on ne fait strictement rien: il y a toujours la tentation de regarder ses mails, suivre Twitter, aller voir un truc à droite ou à gauche.

    Autre corollaire, j’ai retrouvé le temps de lire. Et là, je dois avouer que je bénis ma liseuse, qui, outre le fait que j’aie pu transporter ma pile-à-lire et ainsi ne pas me retrouver en rade (comme par exemple ma femme, qui avait fini les siens) malgré une consommation importante (6 bouquins en deux semaines, dont une relecture de Dune et le pavé qu’est le Château de Lord Valentin), m’a également permis d’avoir le luxe de choisir mes lectures. J’ai ainsi pu sans remords « poser » le Bram Stocker passablement ennuyeux que j’avais entamé là où, si j’avais dû transporter le livre, je me serais maudit de l’avoir choisi, soit à la place d’un autre, soit pour le poids mort qu’il aurait constitué.

    Et puis j’ai un peu écrit. Ca ne vous semble peut-être rien (et franchement, je n’ai pas non plus écrit des kilomètres, tout juste 3 ou 4 pages d’un truc que je n’ai d’ailleurs pas terminé), mais ce sont les premières lignes que je tape de 2014 ni ne sont ni en lien avec le boulot, ni pour une publication Internet (qu’il s’agisse d’un mail, d’un billet de blog, d’une réponse sur un forum ou d’un article). Là aussi, il est évident que le sevrage d’Internet a eu un effet (pas sur l’idée en elle-même, que j’ai en tête depuis un temps certain et que je ressasse régulièrement, mais sur sa transcription sur « papier »).

    Et maintenant? Je me tâte. Vais-je me réserver une soirée « off », sans Internet, pour essayer d’avancer dans mes projets d’écriture? Ou vais-je simplement me caler des moments de « création » qui, pour partie, nécessitent quand même pas mal de recherche sur le Net. Après tout, les pochettes d’album du Label Hellabeth ou les conneries faites pour les émissions de ZoC, c’est au moins aussi productif que d’écrire un texte que personne ne lira…

    Le train n’est pas un avion

    Aujourd’hui, on m’a refilé le lien vers un (très long) billet d’un des co-fondateurs du site de vente de billets de train Captain Train traitant de la réforme de la SNCF, de la grève, tout ça, dans une optique un peu plus vaste que la vue franco-française qu’on peu tendance à avoir en France.

    Ce monsieur, sur le principe qu’il dirige un site de vente de billets, considère qu’il a une expertise sur le sujet du transport ferroviaire que nous, vulgum pecus, n’avons pas… Et à mon avis, dans ses « propositions » sur la question 1 il rate un pan immense de la question du point de vue des usagers.

    En effet, dans ces propositions, il part du principe (assez évident quand on vend des billets à l’unité) que le réseau ferroviaire serait similaire à un réseau aérien, avec des infrastructures totalement distinctes des moyens de transport, et surtout des trajets « point à point » que l’on fait, somme toute, de façon ponctuelle.

    Or, pour de très nombreux usagers, le train, ce n’est pas ça (mais alors pas du tout). S’il fallait prendre un exemple, ce serait plutôt un genre de super-métro (ou un super-réseau de bus, bref de transports en commun urbains) qu’ils prennent quotidiennement pour aller travailler (qu’il s’agisse, d’ailleurs, du réseau « classique » ou des lignes TGV, et je salue-z-au passage mes petits camarades tourangeaux qui montent à Paris sur une base pluri-hebdomadaire) et dont les contraintes sont totalement différentes de la prise ponctuelle d’un billet pour partir en vacance (ou en déplacement pro, hein, je ne juge pas).

    L’on me rétorquera que les transports en communs des communautés urbaines sont généralement privatisés… mais je répondrai que sur chacun des pôles, l’opérateur choisi est en situation de monopole et n’a donc pas à partager son réseau avec d’autres opérateurs. Et l’on voit assez souvent poindre dès problèmes dès que l’on commence à toucher à des questions d’intermodalité (je ne prendrai pour exemple que mon frère, dans la ville duquel le dernier tram partait de la gare 5 minutes AVANT que le dernier train n’y entre – une modification des horaire de la SNCF n’ayant pas été suivie par l’opérateur de transport local…)
    Ici, une ouverture à la concurrence poserait pour l’usager quotidien un nombre de problèmes assez conséquents.

    Quelques exemples en vrac tirés de mon expérience personnelle:
    – suivant que je prenne un train direct pour Paris, ou un train avec changement, je ne dépends pas des mêmes sous-entités (Intercités d’une part, TER de l’autre). A supposer que le découpage par la concurrence se fasse de telle façon que les Intercités soient récupérés par une boite A et les TER de ma région par une boite B, aurai-je toujours la possibilité de monter dans le train avec changement si j’ai un forfait direct?
    – D’ailleurs, ce n’est pas tout à fait exact, j’ai également la possibilité de prendre des trains se rendant ailleurs pour aller attraper une correspondance ailleurs, de façon (relativement) flexible. Qu’en sera-t-il?
    – Et puis, en cas de problèmes (grève, conditions météo, accidents – oui, je fais partie des usagers qui ont subi les conséquences de l’accident de Brétigny), la SNCF me permet de monter dans l’un de ses TGV pour attraper une autre correspondance par un autre chemin afin de rentrer chez moi. Que deviendrais-je si cette ligne TGV est exploitée par un concurrent?

    Autant de questions dont les réponses que l’on peut trouver dans les situations similaires d’intermodalité ne sont pas satisfaisantes:
    – à l’exception de la région Ile-de-France, rares sont les abonnements transmodaux trains+bus
    – les comités de régulation qui doivent bien exister pour tenter de fluidifier ces intermodalités sont assez peu efficaces
    – les solutions déjà expérimentées sur les trajets internationaux (et donc de facto opérés par une union entre deux opérateurs ferroviaires différents) débouchent parfois sur des situations ubuesques liées aux différences entre les entreprises et aux procédures mal connues (je me souviens de toi, contrôleur belge du Thalys…)

    Quant à croire que l’ouverture à la concurrence et le système d’enchères sur les lignes va résoudre les problèmes des lignes déficitaires et sous-employées, c’est à mon avis faire preuve d’un angélisme rare (ou alors de n’avoir jamais fait ni Orléans-Tours par le dernier train 2 ni Clermont-Ferrand-Murat ou tout autre ligne de montagne un peu paumée et ne bénéficiant même pas d’une fulgurante augmentation de fréquentation lors de la saison de ski…)

    Et je ne sais pas vous, mais à moins de mettre un nouveau Machin(tm) à la française histoire de maintenir un niveau de service équivalent à ce qui existe 3, je flippe un peu quant à ce que toute cette réforme va donner…

    Et pour essayer de finir sur une blagounette:

    Notes:

    1. c’est tout en bas du billet – mais vous pouvez lire le reste aussi
    2. même la SNCF l’a remplacé par un car, lui-même à moitié vide, abandonnant la desserte des 3/4 des gares intermédiaires au passage
    3. et qui est quand même un peu censé être un service public – ou au moins d’utilité publique

    C’est l’histoire d’un mec…

    C’est l’histoire d’un mec à qui l’on a refilé le lien d’un Tumblr militant, qui tente d’expliquer les blagues racistes et sexistes en proposant de remplacer l’arabe/le noir/la femme/le juif/la minorité opprimée par « un homme hétéro cis blanc » et en disant « si c’est moins drôle, c’est que c’est raciste/sexiste »

    Au delà du côté drôle inhérent à l’expression (remplacez n’importe qu’elle occurrence de « un mec » par « un homme hétéro cis blanc », vous obtiendrez généralement une blague encore plus décalée que l’originale 1), certaines blagues sont au mieux mal choisies, au pire amalgamant blagués référentielles et blagues racistes/sexistes/antisémites/whatever.

    Par exemple, la blague de la différence entre un noir et un pneu.
    Si l’une des réponses est effectivement puante de racisme, l’autre est à mon sens une blague référentielle:

    quand on lui met des chaînes, le pneu ne chante pas le blues

    Étant bien entendu que, si tous les noirs ne sont pas naturellement des bluesmen, le blues n’en est pas moins une musique inventée par des esclaves noirs…

    Un autre exemple qui m’est naturellement venu en tête, et qui est nettement plus noir comme humour, ce sont les blagues « de camp ».

    Âmes sensibles et personnes choquées par le fait qu’on puisse rire de la déportation, passez votre chemin.

    Usuellement les protagonistes de ces blagues sont des juifs (et parfois des nazis dans le rôle du gardien et ou du bourreau), premier rôle qu’ils ont conquis de haute lutte par leur contribution massive (quoique forcée) à l’opération…
    Mais bon, remplacer « juif » dans toutes ces blagues par « homme hétéro cis blanc » n’a tout simplement pas de sens, puisque « juif » n’est généralement pas employé dans un sens de religionnaire, mais comme terme générique pour « déporté ». En Europe de l’Est, d’ailleurs, les mêmes blagues sont racontées avec des Polonais dans le rôle titre.

    Ces blagues seraient-elles moins drôles avec le terme « déporté »? Certaines, clairement. Parce que c’est bien connu, l’humour déporté, c’est comme l’humour nazi, l’humour en plus…

    Bref, ce n’est pas nécessairement parce qu’on ne peut pas remplacer noir/juif/femme/arabe/belge ou même français par « homme hétéro-cis-blanc » que la blague est raciste/sexiste…

    Et pour finir en chanson comme de coutume, un morceau qui marcherait vachement moins bien si l’on remplaçait Louis pas Neil ou Lance…

    Notes:

    1. Regardez: « c’est un homme étéro-cis-blanc qui rentre dans un café, et plouf! »